LES SUCCES DE HEMROULLE ET DE RADIGUES A ZOLDER ONT ETE UNE FOIS DE PLUS ECLIPSES PAR DES PALABRES EXTRA-SPORTIVES...

WILMOTTE,THIERRY

Page 28

Lundi 2 septembre 1996

Les succès de Jean-François Hemroulle et Didier de Radiguès, samedi à Zolder, ont été une fois de plus éclipsés par des palabres extra-sportives

Gagner en Procar dans l'indifférence et avec amertume...

En l'an 2000, en espérant que les promoteurs du Procar continuent à convaincre des partenaires jusque-là, il sera sans doute temps de tirer un bilan des dix premières années d'existence de notre championnat des circuits. On commencera alors par évoquer la fin de la première «ère groupe N». Puis, on se souviendra avec douleur des « années de plomb» : celui que l'on mettait souvent à tort et à travers dans certaines voitures, ce qui, immanquablement, débouchait sur de longues palabres. Aussi longues que celles consécutives à certaines décisions prises par quelques-uns de nos édiles sportifs.

Grâce à l'adoption d'un règlement international stable, qui a pour principal effet de... limiter l'intervention de ces derniers, une certaine sérénité était revenue au sein du paddock Procar depuis trois saisons. Partiellement écornée à l'occasion du déclassement-reclassement de Didier de Radiguès il y a deux mois à Francorchamps, celle-ci a complètement disparu ce week-end à l'occasion du sixième meeting de l'année disputé samedi à Zolder. Et vu l'état d'esprit de certains, on peut craindre qu'on soit entré dans une nouvelle «période noire» de l'histoire du Procar...

De sport, il fut très (trop) peu question. A tel point que Jean-François Hemroulle s'excusa presque d'expliquer en quelques mots les circonstances de sa victoire facile en première manche et de sa 2e place décrochée dans le sillage d'un Didier de Radiguès qui offrait ainsi sa deuxième victoire à une Honda Accord extraordinairement à l'aise sur une piste humide et parfois même détrempée.

Je râle de ne pas avoir gagné les deux courses, mais mon team n'arrêtait pas de me dire par radio que la 2e place était largement suffisante, concluait le pilote Audi qui a de la sorte fait un grand pas vers le titre.

Dès le 2e tour, il s'est mis à pleuvoir, enchaînait «Radi». L'équipe m'a très vite dit de ne pas m'arrêter. J'ai suivi la consigne... en fermant les yeux. La tactique s'est avérée la bonne. Mais ça n'a pas été facile de contenir Jean-François...

Et voilà. Sur le plan sportif de ce meeting, on n'en saura à peine plus. La suite des discussions d'après course étant alimentée par la «crise» de l'un ou l'autre de nos rois du bitume.

Je regrette la présence de certains pilotes, commence Didier de Radiguès en faisant allusion à Eric Bachelart avec lequel il s'était quelque peu frotté dans le premier gauche sans que le pilote Peugeot ait quoi que ce soit à se reprocher, même la Honda fut contrainte à l'abandon (surchauffe moteur) après avoir brouté le gazon. Je prends plus de risque en Procar qu'à moto. Il est temps que nos dirigeants se mobilisent pour sanctionner les pilotes coupables de manoeuvres anti-sportives !

Nos Commissaires sportifs allaient faire (tardivement) parler d'eux en déclassant Tassin... soupçonné d'avoir doublé son équipier à l'entrée des stands.

Duez ouvre le feu : Thierry a prouvé qu'il était devenu mon adversaire en faisant preuve d'un manque d'éducation, tonnait-il avant de disparaître.

Je dois faire attention à ce que je dis même si ce n'est pas moi qui ai créé l'ambiance qui règne aujourd'hui dans l'équipe, enchaînait le futur ex-pilote BMW qui allait faire appel de sa mise hors course. Marc me bouchonnait sur la piste et j'ai décidé plus vite que lui de rentrer au stand. Je suis d'ailleurs le seul à avoir annoncé par radio au team que je rentrais.

Qui a tort, qui a raison ? Le tribunal sportif appréciera comme on dit. Le témoignage de Pierre-Alain Thibaut sera peut-être à verser au «dossier» : Je n'aurais jamais osé faire une telle chose à mon pire ennemi, commentait le pilote Opel à propos de la manoeuvre de «TT».

De tout cela, et d'encore bien d'autres choses, on aura encore malheureusement l'occasion de parler. Le plus moche, c'est que samedi à Zolder, personne n'évoquait les victoires de Hemroulle et de Radiguès. De quoi provoquer une certaine amertume chez les amoureux de sport.

THIERRY WILMOTTE

LES RÉSULTATS

Première manche : 1. Hemroulle (Audi), les 18 t. en 31.17.13; 2. Duez (BMW) à 1.20; 3. Bachelart (Peugeot), 4.17; 4. Tassin (BMW), 11.24.

Deuxième manche : 1. de Radiguès (Honda), les 17 t. en 31.21.58; 2. Hemroulle, à 0.65; 3. Tassin, 57.08; 4. Bachelart, 1.06.60; 5. Thibaut (Opel), 1 t.; 6. Duez, 1 t.

Note : Tassin a été exclu de la seconde manche mais a interjeté appel. L'appel suspend la décision des Commissaires sportifs.

Championnat : 1. Hemroulle, 66 pts; 2. de Radiguès, 50; Tassin, 50 (46 si exclu); 4. Duez, 47; 5. Bachelart, 42; 6. Thibaut, 34.

DIVISION 2

Les cadeaux, pas avant Noël...

Malgré la présence in extremis de Frédéric Bouvy, et l'engagement de Stéphane Cohen au volant de la Peugeot 405, les courses ont été rythmées par le duel Defourny-Dechavanne.

Si Bouvy opposa une belle résistance à Dechavanne dans la première manche, il perdit ses illusions de succès dans la seconde en échouant dans le bac à sable alors qu'il occupait la 3e place au général, en slicks sous la pluie ! De son côté, Stéphane Cohen dépassa par deux fois les limites de sa 405 qu'il ne connaît pas encore assez.

Handicapé par une surchauffe de son pont en première manche, ce qui l'obligea à terminer 4e, Defourny fut continuellement en bagarre avec Dechavanne pour la victoire dans la seconde. Tout semblait correct jusqu'au moment où le Liégeois força le passage dans le double droit et éjecta Dechavanne. Alors que les Commissaires sportifs n'avaient pas encore statué sur le cas Tassin, le team Dubois se vit étonnamment refuser la plainte qu'il comptait déposer contre Defourny : «trop tard ». Dechavanne était «ravi». On peut s'attendre à ce que ces deux-là se rendent coup pour coup jusqu'à la fin de l'année...

A signaler, les 3e et 4e places de Winderickx.

Première manche : 1. Dechavanne (Audi), les 18 t. en 32.24.54; 2. Bouvy (BMW), à 2.88; 3. Winderickx (Golf), 15.76;...

Deuxième manche : 1. Defourny (BMW), les 16 t. en 31.41.93; 2. Dechavanne, à 4.65; 3. Plennevaux (BMW), 1.12.92;...

Championnat : 1. Defourny, 80 pts; 2. Dechavanne, 74; 3. Bouvy, 50; 4. Plennevaux, 28; 5. Cohen, 24; 6. Stéveny, 21;...

Les pilotes allemands devraient être les vainqueurs du jeu de chaises musicales qui a officiellement commencé en F 1

Hill a 3 courses pour être sacré avec Williams

Damon Hill va quitter Williams : une bonne affaire pour Jacques Villeneuve et les pilotes allemands ?

Après quatre ans de vie commune en Grands Prix et deux (1991-1992) en tant que pilote d'essais, Damon Hill et Williams ne collaboreront plus en 1997. Le divorce a été officialisé, lors d'une conférence de presse, par le manager du pilote britannique, Michael Breen. En précisant que les négociations se sont terminées mercredi, ce dernier a souligné que le moins que l'on puisse dire, c'est que Damon et moi avons été surpris et déçus par cette information.

Une nouvelle confirmée par Frank Williams : Son remplaçant sera connu en temps utile.

Ce dernier, qui n'a pas justifié sa décision, aurait affirmé que le problème entre les deux parties n'était pas d'ordre financier. Pour la saison prochaine, Damon Hill aurait souhaité voir son salaire passer du simple au double. Frank Williams ayant refusé de s'aligner sur Ferrari pour s'offrir les services de Michael Schumacher l'an dernier, il aurait été surprenant que le patron de Grove donne suite à cette demande. En revanche, depuis Budapest, un climat de suspicion est né dans le clan Hill où, de manière voilée, on reproche à l'écurie Williams de favoriser Jacques Villeneuve dans la course au titre. A Budapest, Damon s'interrogeait sur la stratégie de ravitaillements qui avait été modifiée dans son cas. A Francorchamps, on lui signifia un refus lorsqu'il souhaita rentrer au stand pour profiter de la sortie de la «safety car». Le Britannique perdit ainsi des points précieux sur son équipier.

Privé de la meilleure monoplace du plateau où il sera vraisemblablement remplacé par Heinz-Harald Frentzen, Damon Hill ne restera pas longtemps au chômage. La saison actuelle a démontré que le Britannique avait acquis la maturité qui lui manquait les années précédentes. Avec le numéro un du champion du monde, il pourrait être accueilli chez McLaren - qui a renoncé à recruter Ralf Schumacher - où Ron Dennis serait prêt à débourser 470 millions. Mais même sans le titre, les offres ne manqueront pas. Jackie Stewart serait intéressé par l'engagement du Britannique. Eddie Jordan également. Toutefois, le patron irlandais aurait confirmé au «Bild» des négociations avec Ralf Schumacher.

Nous le voulons, pas parce qu'il s'appelle Schumacher, mais parce qu'il va sacrément vite et qu'il peut devenir un champion, a expliqué Ian Phillips, collaborateur d'Eddie Jordan. Nous lui avons parlé une dernière fois mercredi. Il doit nous donner sa réponse d'ici lundi.

Et le quotidien allemand de préciser que le contrat doit être signé lors du Grand Prix d'Italie.

Si tel était le cas, cela renforcerait les rumeurs du passage de Hill chez McLaren où ilretrouverait David Coulthard dans une écurie en nets progrès. Et cela ne serait peut-être pas mal vu du Britannique puisque personne ne sait encore de quoi Williams sera fait en 1998, quand Renault aura mis la clé sous le paillasson.

Frentzen chez Williams, le frère de l'autre chez Jordan, un troisième pilote allemand pourrait être le bénéficiaire du jeu de chaises musicales mis en route par Hill : Jorg Muller intéresse fortement l'écurie Sauber que Frentzen devrait abandonner...

E. Px