Les trains belges ne désemplissent pas

DEMONTY,BERNARD

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Jeudi 23 février 2006

Transport ferroviaire Le secrétaire d'Etat Bruno Tuybens : « Il n'y a pas de malaise à la SNCB »

Au coeur d'une tempête médiatique concernant les rapports orageux entre les trois patrons du rail, l'entreprise publique a tenté, mercredi, d'apaiser le climat en publiant de très bonnes statistiques de fréquentation.

En 2005, la SNCB a transporté 173,4 millions de voyageurs, ce qui représente une hausse de 5 % par rapport à 2004. Le chiffre d'affaires a enregistré une progression de 11,2 %, à 450 millions d'euros. Tout cela permet-il à la SNCB de stabiliser sa dette et d'enregistrer des bénéfices ? Mystères. C'est chiffres-là, nous dit-on, ne sont pas encore prêts.

Ces centaines de milliers de voyageurs ont-ils une image idyllique de l'entreprise ferroviaire ? Non. Le baromètre de satisfaction de la SNCB est à la baisse. A part le prix, dont la cote sur 10 est passée 6,96 à 7,02 entre décembre 2004 et décembre 2005, tous les critères étudiés sont en baisse. C'est particulièrement vrai pour l'accueil et le service en gare, dont la note passe de 7,36 à 7,21/10, pour le confort dans les trains (de 7,34 à 7,13) pour la ponctualité (de 7 à 6,84) et pour les compétences du personnel dans les trains (de 7,88 à 7,70).

Certains voient dans cette dégradation la conséquence de la mauvaise coordination entre le holding SNCB et ses deux filiales (les opérations et l'infrastructure).

Dans l'entretien téléphonique qu'il nous a accordé, le secrétaire d'Etat aux Entreprises publiques, Bruno Tuybens (SP.A) conteste cette interprétation. « Les problèmes de ponctualité proviennent notamment des mauvaises conditions climatiques d'octobre et de décembre, dit-il. En outre, nous n'avons certainement pas à rougir de nos indices de satisfaction. En 2005, 91,9 % des trains sont arrivés à l'heure. En France et en Allemagne, les résultats de ponctualité dépassent à peine les 80 %. Je reconnais qu'il y a des marges de progression, mais nos résultats ne sont pas mauvais. »

« Il ne faut pas changer

la structure de la SNCB »

Pour Bruno Tuybens, les bisbilles entre les trois patrons du rail ne sont donc pas à l'origine d'une satisfaction ébranlée. Dans l'interview qu'il nous accordait (« Le Soir » de ce week-end), l'ancien patron de la SNCB, Etienne Schouppe, aujourd'hui sénateur CD&V, estimait que les querelles internes minaient la qualité du service. Irrité par ces propos, Bruno Tuybens répond : « Il n'y a pas de malaise à la SNCB. Des décisions importantes ont été prises. Je pense notamment à la restructuration de la filiale d'organisation de transport de marchandises, ABX, ou de la reprise, par l'Etat, du fonds de pension de la SNCB ».

Pour le secrétaire d'Etat, les « discussions » entre les trois patrons sont normales. « La scission de la SNCB en trois entités a été décidée l'an dernier. Il faut le temps que les choses se mettent en place. C'est un peu comme une fusion. Quand la CGER et la Générale de Banque ont fusionné pour former Fortis, il y a eu de nombreuses discussions entre directeurs. C'est la même chose à la SNCB. »

Bruno Tuybens ne fait donc pas partie de ceux qui, dans l'entreprise et dans les cénacles politiques, estiment qu'il faut revoir la structure de la SNCB. « Je pense avant tout que la SNCB a besoin de stabilité. Je ne veux donc pas changer une structure qui n'a qu'un an. Je ne dis pas que tout est rose, mais toute entreprise de la taille de la SNCB a des problèmes. » Pour Bruno Tuybens, les trois patrons vont désormais travailler sereinement : « Tous les différends entre les trois sociétés sont à présent résolus », affirme-t-il.