Les vedettes du scrutin: les partis traditionnels! Majorité Willy-William II pour la Cité ardente L'extrême droite est laminée

n.c.

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Lundi 9 octobre 2000

Les vedettes du scrutin: les partis traditionnels!

Aucun raz de marée si ce n'est celui qui a englouti l'extrême droite, éradiquée à Oupeye, Herstal, Seraing, Liège et Dison (Verviers fait exception). Bilan d'une inefficacité globale dans les instances démocratiques?

Autre constatation: le PS a globalement enrayé sa descente, des bastions socialistes ont même été confortés. Le PS est donc sorti rasséréné de l'épreuve électorale même s'il subit des revers comme à Amay (moins 12,3 %) et à Awans

(- 8,85 %) ou qu'il arrête son développement çà et là, comme à Huy (+ 5 % en voix mais aucun siège supplémentaire).Même encore si les dissidences dans les citadelles telles que Flémalle et Grâce-Hollogne ont fait mal au PS «orthodoxe» qui domine cependant toujours le jeu: la machine du parti a encore de beaux jours devant elle.

Le PSC et Écolo semblent quant à eux échanger leurs évolutions: ce que l'un perd, l'autre le gagne (voire plus) sans que les Verts réussissent à accéder au pouvoir, sauf à Esneux et Visé. Tandis que les sociaux-chrétiens, pourtant passablement affaiblis, se maintiennent dans les majorités composites de l'arrondissement de Liège dont ils faisaient partie.

Les petits partis ont peu de succès, à l'exception du PTB qui se flatte d'obtenir deux élus à Herstal. Ou Vivant qui obtient son premier résultat en région liégeoise: deux élus à Eupen (où le libéral Evers subit un revers). Une liste localiste comme Pari pour Chaudfontaine (contre qui tous les partis traditionnels s'étaient ligués) semble avoir perdu l'essentiel de sa crédibilité et s'effondre.Bref, le jeu politique se circonscrit plus que jamais entre les trois grands partis traditionnels auxquels on ajoute depuis quelques années à peine une quatrième formation, Écolo. Inconnue à l'heure de mettre sous presse: le nombre d'abstentions, de votes blancs et nuls...

Majorité Willy-William II pour la Cité ardente

C 'est vous qui gagnez le plus mais personne ne va le remarquer! Ce commentaire d'un élu PSC à un Écolo traduit le contraste des résultats électoraux à Liège où la majorité sortante, PS-PSC, est reconduite avec le même nombre de sièges (30 sur 49). Une majorité Willy (Demeyer)-William (Ancion) II qui rassemblera les 20 sièges du PS (+2) et les 10 (- 2) du PSC. Pour William Ancion, premier échevin PSC reconduit, c'est un bon résultat par rapport à ce que certains prédisaient au PSC après juin 1999. Le nombre de mandats scabinaux restera le même (l'accord profitant au PSC cette fois alors qu'en 1994, c'est le PS qui en avait bénéficié) mais William Ancion reconnaît que la victoire revient à un PS dopé par son changement de chef de file ,Willy Demeyer devenant bourgmestre à la place de Jean-Maurice Dehousse (1.276 voix de préférence à ce scrutin) parti à Strasbourg. Un Demeyer qui savoure le résultat de son parti, son succès personnel (meilleur score liégeois avec 12.414 voix de préférence) mais aussi la victoire des démocrates. A partir du 1 er janvier prochain, nous aurons la fierté de ne plus compter de conseillers d'extrême droite à Liège.

Débarrassée des 4 élus extrémistes, l'opposition se composera donc du PRL (+ 1 siège pour arriver à 11) et d'Écolo (+ 3 sièges pour arriver à 8). Même si Didier Reynders réalise le second score liégeois en voix de préférence (10.481), c'est une demi-victoire pour les libéraux qui s'étaient montrés très ambitieux envers le pouvoir à la violette.

Enfin, on notera encore divers scores personnels. Chez Écolo: Brigitte Ernst (2.665), Jacky Morael (2.353) et le transfuge PS Luc Toussaint (863). Au PRL: Christine Defraigne (2.477), Philippe Monfils (1.990) et Gilles (fils de Michel) Foret (1.065). Au PSC: Jean-Pierre Grafé (5.243), Jacques Marneffe (3.538), Michel Firket (3.476), Hector Magotte (1.285). Et au PS: Nicole Struvay (3.329) et José Happart (3.157).

L'extrême droite est laminée

Amay. Chute du PS qui perd 13 % et passe de 18 à 15 sièges. Bénéficaires? Ecolo passe de 2 à 4 sièges tandis que le PRL et IC font respectivement 2 sièges chacun.

Ans. Le PS progresse d'un siège (17 sur 29) bien qu'il n'ait pas plus aujourd'hui qu'hier la majorité en voix. A noter qu'il avait accueilli un transfuge PSC dans sa tentative de gonfler son résultat. Ecolo gagne 1 siège (3), le PRL reste à 5 sièges, RCA à 3 et le PSC garde 1 siège.

Awans. Perte de la majorité absolue pour le PS qui descend à neuf sièges au lieu de dix au profit d'Ecolo qui en gagne un et pourrait jouer l'arbitre pour la constitution d'une majorité.

Chaudfontaine. PARI pour Chaudfontaine enregistre un net recul en passant de 9 à 5 sièges tandis que le PRL en gagne 3 (11 sièges) que le PS fait statu quo à 5, qu'Ecolo en obtient 2 et que le PSC en perd 1 (4 sièges).

Dison. L'extrême-droite ici également est éradiquée; représentée par le FNB, elle n'a plus aucun siège alors qu'auparavant AGIR et FN avaient chacun un siège. Yvan Ylieff qui avec le PS récupère une partie de ces voix, déclare: Je suis extrêmement heureux. Il conforte ainsi la majorité absolue du PS avec 2 sièges en plus qu'en 1994. Le PSC en perd 2, Ecolo en gagne 1 et le PRL, avec un siège, fait son apparition au conseil communal. Esneux. Négociation pour la reconduction de l'alliance PS-PSC - 12 sièges - contre 11 à l'opposition: Ecolo entre dans la danse et apporte ses 3 sièges pour conforter la majorité.

Eupen. Vivant entre au conseil communal avec deux sièges, le parti du bourgmestre libéral - PFF - Fred Evers perd deux sièges tandis que les sociaux-chrétiens du CSP passent de 8 à 10 sièges. La majorité PFF-CSPne sera toutefois pas reconduite car le CSP s'associe au PDB - parti des belges de langue allemande, 3 sièges - au grand dam des autres partis qui voulait former une majorité arc-en-ciel. Elmar Keutgen, médecin et député wallon - CSP - sera bourgmestre.

Flémalle. La dissidence socialiste (Alternative socialiste) de Marcel Cools fait mal au parti: il enlève les 6 sièges que perd le PS.

Grâce-Hollogne. La liste de Betty van der Biest enlève 4 sièges au PS orthodoxe et 1 au PSC mais le PS garde la majorité absolue de 14 sièges sur 27.

Hannut. Les libéraux sortent de ces élections avec la majorité absolue (13 sièges sur 23) soit un gain de cinq sièges. Le verdict des urnes n'a pas ménagé les socialistes puisqu'ils perdent deux sièges et qu'aucun ne va à leur dissidence «Hannut». Le PSC se maintient quant à lui à son niveau de 1994. Il se murmurait que, malgré son hégémonie, le PRL pourrait mener la prochaine législature avec un partenaire, soit sans doute celui de la précédente, le PSC.

Herstal. Le PS perd deux sièges (Le bourgmestre Namotte totalise 4822 voix de préférence) tandis que le PTB en obtient deux, Ecolo stagne à deux sièges, le PRL-MCC obtient trois sièges, le PSC reste à 5 sièges et l'extrême droite disparaît du conseil communal (AGIR avait un siège).

Herve. Perte de la majorité absolue pour le PSC (moins 7 sièges sur 18). Le député fédéral et bourgmestre social-chrétien André Smets demeure candidat bourgmestre et, en dépit des rumeurs de pré-accord avec le PS (qui gagne 1 siège alors que «Herve deux mille» en gagne 4 et Ecolo 2), assure qu'aucune décision d'alliance n'est encore prise.

Huy. La Citadelle du PS n'est pas ébranlée puisque les socialistes gardent leurs 15 sièges sur les 25 que compte le conseil communal. Ecolo monte de 1 à 2 sièges, le PSC devenu AIR-PSC passe de 5 à 4 sièges et le PRL reste à 4.

Neupré. Deux conseillers de plus étaient à élire; la liste Neupré ayant disparu trois sièges étaient disponibles. Ecolo perce (3 sièges pour sa première participation), le PS et le PRL progressent (gain d'un siège).

Seraing. Progression socialiste de 54 à 58,9 %, Guy Mathot double son score 1994 en voix de préférence - 7590 - deux fois plus que Laurette Onkelinx - 3691. L'extrême-droite disparaît du paysage.

Verviers. L'eurodéputé Claude Desama sera probablement le prochain bourgmestre à la suite d'un renversement complet de majorité (résultats incomplets). Le PSC perdrait 4 de ses 14 sièges; le PS en ajouterait 5 à ses 9. Légère progression pour le PRL et Ecolo tandis que Verviers Librement, avec la perte d'1 ou 2 de ses 3 sièges, disparaîtrait de la majorité au pouvoir. Le pré-accord avec le PSC sera respecté. Ensemble, nous disposons de suffisament de sièges pour constituer une majorité , assure Claude Desama. L'eurodéputé, avec 4.500 à 5.000 voix de préférence, réaliserait le même score que fit Melchior Wathelet en 1994, et devancerait très largement l'actuel bourgmestre social-chrétien Jean-Marie Raxhon.

Villers-le-Bouillet. Renversement de majorité: le PS fléchit de 9 à 6 sièges tandis que son principal rival «Ensemble» devient maître du jeu politique en passant de 7 à 8 sièges, Ecolo qui passe de 1 à 3 siège devient l'arbitre. On négociera mardi.

Visé. Sous la bannière MCC, Pierrette Cahay apporte cinq sièges à la liste PRL-MCC qui compte à présent 12 sièges mais avec 1609 voix de péférences elle ne s'impose pas comme bourgmestre, Marcel Neven totalisant 2249 voix de préférences. Ecolo apporte son siège au PRL-MCC pour une nouvelle majorité alors que le PS a eu 9 sièges et le PSC 3.

Waremme. Si le PS waremmien a perdu un siège, il se contente du gain de près de 2% par rapport à son score 94. Les deux députés, Chabot et Meureau, ont focalisé les voix de préférence ainsi que, dans une moindre mesure, le jeune échevin Mignolet. Quant à l'opposition, elle est également heureuse: le PRL gagne un siège, Ecolo fait son entrée et les IC se satisfont de leurs trois sièges même si le défunt PSC en avait quatre.