Liège : Ecolo divisé sur le tram

BODEUX,PHILIPPE

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Samedi 12 novembre 2011

Mobilité La députée wallonne Véronica Cremasco demande qu’on revoie le tracé

On croyait le parti Ecolo insensible aux critiques sur le tracé du tram liégeois dont les dernières se sont exprimées dans Le Soir au travers d’une carte blanche. C’était oublier la difficulté des écologistes à marcher tous sur la même voie.

« Il faut absolument améliorer le tracé du tram en bout de ligne à Seraing et à Herstal. A l’instar de Liège, ces deux villes méritent que le tram passe au cœur de la cité et se connecte aux gares », déclare la députée wallonne Véronica Cremasco, qui sort du bois, au nom d’une frange d’Ecolo qui n’accepte pas le dossier tel que présenté ce jeudi au gouvernement wallon – et reporté à la semaine prochaine – par le ministre Ecolo Philippe Henry.

Bisbille chez les verts ? « Non, le projet est bon en ce qui concerne le tracé principal au centre de Liège, entre Sclessin et Coronmeuse. Mais, comme l’association Urbagora, je constate que le tram ne dessert pas les quartiers les plus peuplés. Personnellement, je vois surtout ceux d’Herstal et de Seraing. Et je soutiens Mathot et Daerden qui ont regretté que le tram évite leur ville. Je viens de la banlieue rouge : j’estime que le tram doit être un facteur de reconversion pour ces centres urbains tout proches de Liège qui ont droit à la modernité. Je demande donc au ministre Henry qu’il reçoive Urbagora et les signataires de la carte blanche pour améliorer le tracé en bout de ligne. » La bouillante députée wallonne souhaite aussi que la problématique du train soit davantage intégrée au tram avec un soutien ferme et massif à la création d’un RER liégeois au départ de la ligne 125A de Seraing. Et elle compte bien provoquer le débat mardi prochain au parlement wallon.

Problème : cela risque de retarder le début du chantier qui doit être fini pour 2017 au cas où Liège obtiendrait son expo internationale. « Réalisons le tronçon Sclessin-Coronmeuse et améliorons les bouts de ligne avant de les mettre en chantier. On ne peut accepter un dossier wallon à 500 millions d’euros qui n’est pas satisfaisant. Si on le fait bien, cela servira d’exemple pour ailleurs », poursuit la députée wallonne.

Voilà, en tout cas, un nouveau caillou sur les rails du tram liégeois.