Guillemins : une passerelle en défis

RENETTE,ERIC; MATRICHE,JOEL

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Samedi 17 septembre 2011

Liège Le nouveau projet confrontera cyclistes et piétons à la circulation

Analyse

L’aménagement des abords de la gare des Guillemins a déjà suscité bien des débats houleux : trajet du tram, emplacements des arrêts de bus, nombre de voies de circulation, implantation des commerces, des zones vertes… Un aspect du projet semblait échapper à la polémique et recueillir l’unanimité : la passerelle qui allait permettre aux cyclistes et piétons de rallier l’esplanade de la gare et le parc de la Boverie. La présentation de l’esquisse du projet aux riverains, mardi soir, va-t-elle changer la donne ?

Le projet initial (illustration du dessus) prévoyait un cheminement direct depuis l’esplanade de la gare pour « atterrir » en toute sécurité, de l’autre côté de la Meuse, non loin de la tour Nicolas Schöffer, du Ravel et du palais des Congrès.

L’esquisse du projet actuel présenté par les promoteurs (atelier Greisch et paysagiste Corajoud) et le maître d’ouvrage (SPW Voies hydrauliques) représente un investissement de 8,6 millions d’euros subsidiés à 40 % par le Feder. Il augure quelques options radicalement différentes.

Rive gauche. L’option de faire passer la circulation en souterrain a été abandonnée. Côté gare, la passerelle n’aboutira plus directement sur l’esplanade mais bien sur la berge, en deçà de la circulation que piétons et cyclistes devront traverser. « L’ensemble des aménagements vise à rendre la priorité sur les quais aux piétons et aux cyclistes, plaide Stéphane Barlet (SPW), c’est logique d’y intégrer l’arrivée de la passerelle. Si celle-ci passait au-dessus, c’était presque reconnaître que la voiture gardait la priorité à l’étage en dessous. »

Les aménagements du futur boulevard, notamment trois feux rouge et deux passages pour piétons, visent à faire passer l’actuelle circulation « quasi autoroutière » en un mode urbain où piétons et cyclistes auraient généreusement leur place. N’empêche, même si elle devient plus lente, la circulation globale (environ 35.000 véhicules/jour) restera néanmoins la même. « L’objectif est de stabiliser le trafic actuel » reconnaît Jean-François Leblanc, le Monsieur circulation de Liège.

Rive droite. La passerelle se divise en deux arrivées : une pente « classique » (9 %) qui donnera accès direct au Ravel et aux berges, et une autre qui s’étirera jusqu’à l’autre bout du parc « par la canopée (partie supérieure des arbres) et au-dessus des pièces d’eau ». Un parcours peu discret qui traversera/marquera le parc classé mais qui permettra de proposer une pente très douce, respectant la déclivité légale d’accès aux personnes à mobilité réduite. Tous les interlocuteurs soulignent que le résultat peut être un véritable plus « si c’est bien fait, que le choix des matériaux est judicieux… »

Pour un côté comme pour l’autre de la passerelle, l’échevin de l’urbanisme Michel Firket admet qu’il s’agit de « défis d’intégration ». Dans la circulation d’un côté, dans un parc classé « mis en valeur » de l’autre.

Les plans définitifs de la passerelle devraient être connus et déposés fin de l’année. Une enquête publique sera alors organisée. Les travaux doivent débuter début 2013 et s’achever fin 2014. Un temps qui devra être consacré à relever les défis et à assurer à la réalisation l’unanimité dont bénéficiait initialement le concept.

Achèvement du chantier de la passerelle Saucy

Heurtée par une péniche en décembre 2008, la passerelle Saucy n’en finit pas de se refaire une santé. Sa réfection devrait bientôt toucher à sa fin, s’est réjoui vendredi Roland Léonard, échevin liégeois de l’Urbanisme : dès lundi débutera la réparation de la membrure inférieure, ce chantier devrait être achevé pour l’hiver et les ultimes bandes de macadam posées avant le printemps 2012. Le passage sur le cheminement Ravel va être provisoirement détourné.

Le remplacement des membrures abîmées en rive droite imposera l’installation d’une passerelle provisoire sous l’ouvrage d’art afin que l’entreprise puisse effectuer ses réparations avec efficacité et sans danger. Cette passerelle provisoire prendra appuis sur le chemin de halage d’une part et, d’autre part, sur une des piles du pont. « Outre l’accès qui sera facilité pour l’entreprise, cet ouvrage provisoire offrira également l’avantage de ne pas entraver la circulation des piétons et des vélos sur la passerelle en réparation. » Et encore pour ne pas contrarier le transit des piétons et des cyclistes entre les deux rives de la Meuse, certaines parties du chantier auront lieu de nuit. « Sans dérangement pour les riverains », promet l’échevin. Qui précise que « ces opérations concernent notamment la pose de vérins afin de redresser la structure métallique et reprofiler la passerelle. » Programmés à la mi-octobre, ces travaux ne dureront que deux nuits. Un troisième chantier nocturne pourrait toutefois avoir lieu au mois de novembre, « le cas échéant, il donnera lieu à une information vers la population locale. »

C’est le 2 décembre 2008 qu’une péniche de 2.500 tonnes avait heurté l’ouvrage d’art, déformant une de ses arches métalliques. La responsabilité des bateliers étant plafonnée à certains montants, la Ville n’a été dédommagée qu’à concurrence de 333.000 euros. Le prix total de la réfection est de 490.000 euros.

la nouvelle gare des guillemins aura deux ans dimanche

Anniversaire.

Déjà ou seulement ? Dimanche 18 septembre, ça fera deux ans que la gare conçue par Santiago Calatrava a été officiellement inaugurée. Depuis, elle a attiré de très nombreux curieux. Officiellement, rien n’est prévu pour célébrer le passage dans la troisième année.

Travaux

En discussion bien avant l’inauguration officielle, les aménagements autour de la gare restent en grande partie inconnus. Notamment par manque de décision sur le trajet définitif du tram. Par crainte d’être impopulaire auprès des habitants du quartier avant les élections de 2012 ? Ou par incapacité à s’entendre avec la SNCB-Holding, gestionnaire de la gare et propriétaire d’un tiers des terrains ? Des travaux d’aménagement, le premier pourtour devant la gare, ont néanmoins débuté cette semaine. Il y a urgence, ils dépendent de subsides européens (déjà reportés une fois) qui doivent être « consommés » avant la fin 2014.