Comment surmonter le bégaiement

DUBOISDENGHIEN,RAPHAEL

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Vendredi 2 décembre 2011

Logopédie Un trouble handicapant

Le bégaiement reste un phénomène relativement mal compris. Son origine est multiple.

Le plus souvent, il commence quand l’enfant a entre 2 et 5 ans.

Quatre fois plus de garçons que de filles en souffrent.

Mais, dans 80 % des cas, ce trouble de la parole disparaît à l’âge adulte.

Le déficit peut également apparaître à la suite d’une lésion cérébrale acquise, subite ou progressive. Les symptômes s’aggravent lors de fatigues. S’améliorent pendant le chant, le chuchotement, un ralentissement du rythme d’élocution.

Découragement

« Les personnes qui bégaient sont souvent découragées par des années de thérapies auxquelles elles adhèrent sans beaucoup de succès ou, en tout cas, avec des résultats moindres que ceux qu’elles espéraient, constate Bernadette Piérart, professeur aux universités de Louvain et de Mons-Hainaut. Leur collaboration pour les recherches fondamentales et cliniques est indispensable pour construire de nouvelles voies théoriques et thérapeutiques. Les progrès dans les connaissances, rendus possibles par le développement de la biologie, de l’imagerie médicale soulèvent des espoirs nouveaux. Mieux connaître les bégaiements débutants permettra surtout d’en prévenir l’évolution. »

Sous la direction de Bernadette Piérart, des chercheurs, des linguistes, des logopèdes, des médecins et des psychologues font le point sur les découvertes les plus récentes dans Les bégaiements de l’adulte (éd. Mardaga, 35 euros).

Le livre prolonge un colloque sur les hypothèses neurologiques des causes du bégaiement, colloque organisé à la faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation à l’UCL.

L’éventail des traitements proposés est le reflet de la diversité des bégaiements.

La prise de médicaments s’inscrit dans la stratégie thérapeutique. Elle peut instaurer les bases d’une remédiation orthophonique. Dans Le bégaiement, un guide pratique pour s’aider soi-même paru chez Odile Jacob (17 euros), les logopèdes Mireille Gayraud-Andel et Marie-Pierre Poulat utilisent l’approche somatique des thérapies cognitivo-comportementales pour l’affronter. Modifier les habitudes. Changer les attitudes.