Madonna et la pauvre petite fille riche

CROUSSE,NICOLAS

Jeudi 1er septembre 2011

Avec son film « W.E. », la star planétaire de la pop a réussi son coup médiatique sur la Lido. Comme la veille pour la venue de George Clooney, ce sont plus de 600 professionnels qui se sont pressés pour l’entendre, hier midi, lors de la conférence de presse. Par Nicolas Crousse, envoyé spécial à Venise

Paradoxe : son arrivée semble saluée par une standing ovation. La vérité, c’est qu’une centaine de journalistes se lèvent de leurs chaises pour simplement la filmer ou la prendre une photo. Les applaudissements, énormes une heure plus tôt pour l’accueil des acteurs de Polanski, sont ici beaucoup plus polis. On l’entend murmurer à l’oreille de sa voisine actrice : « let the game begins ! »

Elle connaît bien le jeu, Madonna, qui signe depuis déjà trois décennies de retentissants cirques médiatiques, en soignant chaque fois la mise en scène et la com.

« W.E. », son film, aurait chez un grand du septième art inspiré un vrai film. Il y est question de l’histoire d’Edouard VIII, qui abdiqua de son trône royal (au profit de George VI), en refusant de céder aux pressions qui voulaient, à l’époque, que l’on n’épousât pas une femme divorcée. Wallis Simpson, la femme en question, est l’héroïne du film. Qui aurait pu passionner. Mais qui ennuie gentiment. Et agace par son parti-pris de l’image léchée, un peu pub, faisant l’éloge d’une pauvre petite fille riche.

Pourtant, Madonna s’accroche. Défend son film. Déclare qu’elle voulait « comprendre à tout prix comment un homme à qui était promis le plus grand des pouvoirs a pu le quitter, par amour pour une femme. »

L’ex-femme de Sean Penn et de Guy Ritchie filme à travers Wallis Simpson « le monde du glamour, du luxe et d’une certaine décadence ». Madonna sait de quoi elle parle. Et n’est pas dupe : un jour ou l’autre, elle finira par devenir le personnage principal d’un biopic.