Madonna rétro disco
COLJON,THIERRY
Page 30
Mercredi 21 mars 2012
Musique Vendredi sort « MDNA », le nouveau CD de Madonna
L’histoire d’amour entre Edouard VIII et Wallis Simpson l’a d’autant plus inspirée qu’elle-même vit en ce moment le fol amour avec son frenchy sex toy de danseur, après un douloureux divorce avec son mari cinéaste Guy Ritchie.
Et c’est de tout cela que parle MDNA, le douzième album studio de la madone, qui sacre le retour de William Orbit (cf. Ray Of Light et Music) et de ses nappes électros aux beats très binaires. Ce disque sacre le grand retour au disco eighties très synthétique de Madonna qui, les antennes toujours bien placées, a également recruté Martin Solveig pour épicer tout ça.
Deep house poisseuse (« Gang Bang » qui aurait pu se retrouver dans Sex) ou sucreries pop à destination des radios et des hit-parades (« Girl Gone Wild » et « Superstar » sont très efficaces), ces douze nouvelles chansons – dont le « Masterpiece » hispanisant tiré de WE, qui lui a valu un Golden Globe de la meilleure chanson originale – ne surprennent pas vraiment. Les beats discos virent parfois au lavage de cerveau (« Turn Up the Radio »). Heureusement qu’une petite gâterie pour pom-pom girls (« Give Me All Your Luvin ») vient apporter un parfum sixties. Madonna se permet peu d’infidélités aux dancefloors et aux ordinateurs, raison pour laquelle on appréciera « Love Spent » (et son banjo) et le final planant par « Falling Free ». Sans parler du final symphonique de « I Don’t Give A ».
Au total, Madonna réussit son pari consistant à retrouver ses marques, son ADN, tout en se démarquant de toutes celles qu’elle a influencées, à commencer par Madame Foldingue. Ce disque n’en reste pas moins très calculé, sans réelle émotion. Les beats martiaux peuvent très bien faire l’affaire en boîte mais sur sa chaîne de salon, on sera vite lassé par ces sonorités synthétiques qui ne sont en rien révolutionnaires. Orbit et Solveig ont appuyé sur la touche rétro voulue par son interprète qui se contente d’assurer le minimum.
Une seule écoute Nous avons donc pu écouter, mardi, en avant-première, dans les bureaux bruxellois
Nous avons donc pu écouter, mardi, en avant-première, dans les bureaux bruxellois de sa firme de disques, le nouvel album de Madonna. Une seule écoute, au revoir et merci d’être passé.
Cette pratique ne date pas d’hier. C’était déjà comme ça du temps des albums de Michael Jackson. Mais, depuis, il existe, pour pratiquement tous les disques, avant leur sortie, des liens et des fichiers envoyés à tous les journalistes qui, en le téléchargeant (rarement) ou en l’écoutant uniquement en streaming (le plus souvent), peuvent ainsi se le mettre dans l’oreille à leur aise.
L’écoute unique se perd donc. Pourquoi se déplacer quand un clic, de son bureau, suffit ? En fait, dans le cas de Madonna, il s’agit, pour Universal, de créer l’événement, de marquer le coup pour le grand retour de la reine de la pop.
Bonne idée ? Pas sûr car c’est toujours difficile de se faire une idée précise de la qualité d’un disque avec une seule écoute. Mais bon, si ça peut leur faire plaisir…
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