Maestricht 2018 : pas l’unanimité...

GUTIERREZ,RICARDO

Page 21

Samedi 28 novembre 2009

Liège Les partisans du Comité Liège 2015 dénoncent l’attitude de la Cité ardente

Premières lézardes !… La belle unanimité de façade des villes et des provinces de l’Eurégio en faveur de la candidature de Maestricht au titre de capitale européenne de la culture en 2018 fait grincer des dents. Mercredi, les 11 partenaires, dont la ville de Liège, la province de Liège et la Communauté germanophone, signaient une « déclaration d’ambition commune ». Un engagement politique que conteste le Comité Liège 2015.

« Nous mesurons simplement l’énormité du paradoxe, relève l’artiste Alain De Clercq, initiateur du Comité Liège 2015 : Les autorités de la ville de Liège s’apprêtent donc à soutenir financièrement la candidature de Maestricht à hauteur de 90.000 euros alors qu’elles ont refusé de miser le moindre sou pour défendre la candidature de Liège en 2015, alors qu’elles ont même tout fait pour l’éviter. C’est le monde à l’envers ! ».

L’échevin liégeois de la Culture, Jean-Pierre Hupkens (PS) n’y voit pourtant pas malice : « C’est comparer des pommes et des poires ! Le dossier 2015 était plié, à l’avantage de Mons. Il était illusoire, pour Liège, de s’embarquer dans l’aventure d’une contre-candidature, étant donné les délais serrés auxquels nous étions confrontés. Ici, en revanche, nous nous inscrivons dans une dynamique concertée, qui nous donne des chances d’être associés à la capitale culturelle, tout en limitant l’investissement ».

L’échevin insiste : les 90.000 euros avancés par la ville le seront sur trois exercices (30.000 euros en 2010, en 2011 et en 2012). « Une contribution modeste, avance Jean-Pierre Hupkens, quand on sait que le budget global de la préparation du dossier de candidature est de l’ordre de 1,8 million d’euros ».

« Une mise à fonds perdus, réplique Alain De Clercq, car rien ne permet de penser que la candidature de Maestricht sera bien retenue, en 2014 ».

« Il est vrai que nous allons faire face à d’autres candidats solides, comme la ville d’Utrecht, admet Paul-Emile Mottard (PS), député provincial en charge de la Culture, mais même si notre candidature commune n’est pas retenue, nous avons déjà engrangé les bénéfices d’une coordination culturelle avec nos voisins ».

Paul-Emile Mottard évoque l’exemple de la Biennale du design, « qui a intégré, dès le début, une dimension eurégionale… Mais c’est aussi le cas pour le Théâtre de la Place, l’Orchestre philharmonique et l’Opéra, qui se produisent par-delà les frontières. Nous travaillons aussi sur la promotion réciproque des trois grands musées provinciaux, le Bonnefanten, à Maestricht, la Vie wallonne, à Liège, et le musée gallo-romain, à Tongres ».

« Une approche très institutionnelle, éloignée de la culture vivante, populaire, et des arts émergents, réagit Alain De Clercq… La culture ne se décrète pas. Si les artistes ne sont pas là pour l’ensemencer, le terreau restera stérile ».