Maingain avant le vote BHV : « Ils ont trahi ! »

COPPI,DAVID

Jeudi 12 juillet 2012

FDF Ses alternatives

Certes, il a convoqué la presse pour présenter les « propositions d’amendements du FDF » à la veille (jeudi et vendredi) du débat et du vote au parlement sur la sixième réforme de l’Etat. Constructif. Certes. Mais l’on voit bien le sentiment qui domine Olivier Maingain : celui d’avoir été « trahi » par ses pairs francophones. Aux côtés de Damien Thiéry, jeudi à la Chambre, il cite à plusieurs reprises Joëlle Milquet, Philippe Moureaux, Charles Michel, quand, lors de l’une ou l’autre prise de position publique ces dernières années, ils avaient promis-juré que l’on ne scinderait pas BHV, car il en allait de l’intérêt géo-stratégique des francophones… Le président du FDF épingle Thierry Giet en particulier, porteur, à la fin 2007, comme chef de groupe PS, d’une proposition de loi réclamant, texto, l’élargissement de la Bruxelles. Une autre époque. D’avant la grande crise politico-communautaire. Mais pour Olivier Maingain, c’est clair : « les autres » ont lâché la proie pour l’ombre. « BHV était un verrou contre le séparatisme, on l’a fait sauter ! » Les francophones auraient des remords en coulisse : « Ils voient que la N-VA monte dans les sondages, et me disent : “Nous voulions éviter le

pire, malheureusement le pire s’avance“ »…

Un peu en désespoir de cause, le FDF avance alors ses « propositions d’amendements ». Un : consacrer BHV dans la Constitution, « au lieu de le scinder et transformer la frontière linguistique en frontière politique, demain une frontière d’Etat ». Deux : octroyer à Bruxelles son autonomie constitutive. Trois : faire en sorte que les bourgmestres en périphérie soient désignés par leurs conseils communaux. Quatre : veiller au respect des minorités en imposant la « liberté de langue » dans les recours de tous ordres au Conseil d’Etat. Cinq : refinancer structurellement Bruxelles en localisant l’impôt des personnes physiques dans la région où l’on travaille : « 650 millions d’euros, au bas mot ». Six : créer une Communauté urbaine englobant la Région bruxelloise et son hinterland socio-économique, élue au suffrage universel, dotée de pouvoirs, « pas cette coquille vide qu’est la “communauté métropolitaine“ prévue dans la réforme de l’Etat ».

Olivier Maingain adopte un ton dramatique pour conclure : « Nous devrons bientôt réfléchir entre francophones à notre propre destin », celui d’une Fédération Wallonie-Bruxelles vouée à prendre le large.