Marcel dans la machine à critères

n.c.

Lundi 29 mars 2010

Marcel est en 6e primaire. Il est temps pour lui (et ses parents) de choisir sa future école secondaire. Marcel est verni – son domicile est entouré d’établissements. Mais ils sont tous « courus ». Les candidats à l’inscription y seront certainement plus nombreux que les places disponibles. Et des critères vont donc devoir jouer pour départager les élèves.

Comment ça marche, ces fameux critères ? Suivez le fil…

Entre le 26 avril et le 7 mai, les parents de Marcel inscrivent leur fils à l’École secondaire libre A.

La période d’inscriptions est finie. Nous sommes le lundi 10 mai. Les directeurs font leurs comptes. À l’École secondaire libre A, il y a trop de candidats par rapport à la place disponible. Il va falloir les départager.

Pour cela, on va calculer pour chaque élève son… indice composite.

Quel est celui de Marcel ?

Maison/école primaire.

À la base, tout élève vaut 1. Cette valeur va être multipliée par une série d’indices. Le premier critère à entrer en jeu est la distance entre le domicile et l’école primaire d’origine (celle fréquentée au moment de l’inscription). L’école primaire la plus proche fait mériter un indice de 2. La 2e école la plus proche vaut 1,81. La 3e la plus proche vaut 1,61. La 4e vaut 1,41. La 5e la plus proche, 1,21.

Marcel a été scolarisé à l’école primaire communale A.

Située à 100 m de la maison, c’était l’école la plus proche. Bingo !

À ce stade, l’indice composite de Marcel vaut : 1 x 2.

Si Marcel avait été scolarisé à l’école primaire libre B (distante de 400 m), il aurait également mérité l’indice 2. Car si l’école B n’est pas l’école primaire la plus proche, elle est l’école primaire libre la plus proche du domicile de Marcel.

Si Marcel avait été scolarisé à l’École primaire C (à 600 m), son indice aurait été de 1,81. Car l’école C est la 2e école libre la plus proche du domicile. Marcel aurait bénéficié du même indice 1,81 s’il avait fréquenté l’école D (800 m) – qui est la 2e école communale la plus proche. S’il avait été scolarisé à l’école primaire E, Marcel aurait bénéficié d’un indice 2 car E est la plus proche école primaire du réseau de la Communauté.

La mécanique fonctionne donc par réseau. Agir autrement aurait affecté le fameux « libre choix » du réseau – libre choix que rien ne peut en principe influencer. Avec la mécanique retenue, les réseaux sont sur pied d’égalité, strictement.

Domicile/École secondaire. Le critère suivant est celui séparant le domicile de l’école secondaire choisie.

L’école secondaire la plus proche vaut 1,98. La 2e école la plus proche vaut 1,79. La 3e, 1,59. La 4e vaut 1,39. La 5e la plus proche vaut 1,19.

Que vaut Marcel à ce stade ?

Le fait d’avoir effectué ses primaires dans l’école la plus proche le créditait d’un indice de 2. Le fait de choisir l’école secondaire la plus proche le crédite d’un indice de 1,98.

Marcel vaut désormais :

1 x 2 x 1,98

S’il avait choisi l’École secondaire B, il aurait aussi mérité l’indice 1,98, car B est le 1e athénée (réseau Communauté) le plus proche. S’il avait choisi l’École secondaire C, son indice aurait valu 1,79 (c’est la 2e école secondaire libre la plus proche).

Le rayon. Le critère suivant concerne la distance à vol d’oiseau entre l’école primaire d’origine et l’école secondaire visée. Ici, c’est simple. Soit la distance est supérieure à 4 km, soit elle est inférieure. L’indice vaut 1 dans le premier cas ; 1,54 dans l’autre. Pour Marcel : la distance entre son ancienne école primaire et l’école secondaire A est inférieure à 4 km.

Marcel vaut désormais :

1 x 2 x 1,98 x 1,54

Immersion. Si l’école secondaire offre de continuer un enseignement en immersion linguistique entamé au primaire, l’élève bénéficie d’un indice de 1,18 (à défaut d’immersion, l’indice vaut 1). Admettons que Marcel bénéficie de cet indice.

Marcel vaut désormais :

1 x 2 x 1,98 x 1,54 x 1,18

Le tri. Tout ceci sera traité par un logiciel mis à la disposition des écoles par le ministère. Les indices permettront au directeur de classer ses candidats à l’inscription par ordre décroissant – les derniers du classement ne seront pas repris dans l’école et leur cas sera traité par la Ciri (lire par ailleurs).

En cas d’ex aequo ? Si, par le jeu des critères, des élèves sont à ex aequo, et s’il faut les départager, on tiendra compte de l’Indice socio-économique de leur quartier (domicile) – l’indice le plus faible l’emportant sur l’autre.

A partir de l’année prochaine, un critère supplémentaire entrera en jeu, lié, lui, à l’existence ou non d’un partenariat pédagogique entre l’école primaire et l’école secondaire.