Marché de l'art Rendez-vous avec l'art moderne et contemporain

VOUET,JEAN

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Jeudi 7 juin 2001

Marché de l'art Rendez-vous avec l'art moderne et contemporain JEAN VOUET*

Dans la droite lignée de l'ouverture officielle de la 49e Biennale de Venise, la ville de Bâle accueille, du 13 au 18 juin, pour la 32 e fois, la plus importante foire d'art moderne et contemporain au monde. 260 galeries internationales (parmi lesquelles six belges) offriront ces cinq jours durant un panorama éclairant de ce que le marché de l'art moderne et contemporain propose de meilleur à l'heure actuelle.

Une formule

en cinq actes

Art Basel se déclinera en cinq sections. Le secteur des «Art Galleries» rassemblera sur deux étages les galeries confirmées. Au rez-de-chaussée, parmi les pointures de l'art moderne (Acquavella, Gagosian, Brusberg, Gmurzynska, Sonnabend...), l'on retrouvera le marchand bruxellois Bernard Cats. A l'étage, les galeries plus contemporaines, menées par Hauser & Wirth (Zürich), Galerie de France (Paris), Gebauer (Berlin) feront place aux cinq grands galeristes belges que sont Xavier Hufkens, Rodolphe Janssen, Meert Rihoux, Micheline Szwajcer (qui siège cette année dans le comité de sélection) et Zeno X. Aux côtés d'«Art Edition», réservée aux estampes et multiples, la plate-forme «Art Photography» sera, pour la première fois cette année, uniquement consacrée, au travers de neuf stands, à la photographie classique. La chose était en effet nécessaire puisque l'omniprésence de ce médium chez les artistes les plus contemporains rendait de plus en plus difficile la raison d'être de la section.

Si Art Basel se positionne comme l'une des foires les plus branchées au monde sur les tendances les plus actuelles, c'est notamment grâce aux deux sections que sont «Art Statements» et «Art Unlimited».

La première, dévolue cette année à 17 «one man shows» d'artistes encore peu connus du public, est célèbre pour avoir consacré sur le marché international des artistes aujourd'hui incontournables tels Mariko Mori, Vanessa Beecroft, William Kentridge ou Ernesto Neto. Cette année, on annonce (et l'on ne s'en étonnera pas) pour ce secteur-découverte où se côtoieront onze nationalités, une prédominance de l'installation, de la vidéo et de la photographie. Enfin, «Art Unlimited», plate-forme inaugurée avec énormément d'enthousiasme l'année dernière, sera sans conteste l'événement de cette édition. Réservé à des oeuvres dites «inexposables» par leur échelle ou par le médium utilisé, l'espace, installé dans une immense halle en verre de 12.000 m2 , propose cette année 67 projets originaux, sélectionnés sur la base de 192 candidatures, et mis en place par Martin Schwander (ex-directeur du Kunstmuseum Luzern) et Simon Lamunière (directeur de la Biennale de l'image contemporaine de Genève). Parmi les oeuvres insolites d'«Art Unlimited», l'on annonce d'ores et déjà les travaux de grands noms de l'art contemporain, tels une installation lumineuse de James Turrel (Galerie Beleyer) et de nouvelles sculptures sur le thème de la silhouette humaine par Tony Cragg (Marian Goodman Gallery) ou ces quatre tables conceptuelles par Stanley Brouwn (Galerie Szwajcer). Les projets vidéos auront bien sûr également la cote avec entre autres des travaux de Pipilotti Rist (galerie Hauser & Wirth) et de Vanessa Beecroft (Gagosian Gallery). Signalons encore la réalisation par l'atelier Van Lieshout (galerie Fons Welters) d'une installation architecturale en bois et polystyrène à dimension ludique. Enfin «Art Unlimited» sera doté d'une vidéothèque spéciale conçue par Fabrice Gygi (galerie Croussel) et qui fera également office de stand d'information et de bibliothèque consacrée aux artistes exposants.

Les galeries Brachot

et Christine rejetées

Seule ombre au tableau cette année: le rejet de la candidature des galeries Christine et Isy Brachot, marchands pourtant considérés comme des pionniers de la foire et qui ont participé à son rayonnement. De plus, c'est au travers de la galerie Brachot, que quelques artistes belges de talent ont trouvé une plate-forme d'envergure à Bâle. L'on se souviendra notamment du «one-man show» consacré à Broodthaers en 1990. Que cette mesure ingrate de la part du comité de sélection ne gâche cependant pas le plaisir qu'est la visite de cette foire, très certainement la meilleure au monde dans le domaine. Comme l'année dernière donc, les organisateurs, sous la houlette de leur jeune et dynamique directeur, Samuel Keller, attendent plus de 50.000 visiteurs pour ce qui doit être considéré, avec la Biennale de Venise, comme la manifestation de prestige de l'art contemporain international.

* Bounameaux Art Press.