Marcos : « Il n’y a pas qu’Anfield »

PAIROUX,ETIENNE

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Vendredi 24 octobre 2008

Standard Contre Genk, dimanche soir, le Brésilien va retrouver Tiago

Après six mois d’adaptation, Marcos a trouvé ses marques en Belgique avant de susciter l’intérêt hors de nos frontières.

Dans les 48 dernières heures du mercato estival, le Standard aurait pu être amputé des trois quarts de sa défense. De l’Espanyol Barcelone dans le chef d’Onyewu au CSKA Moscou pour Dante en passant par Twente intéressé par Marcos Camozzato, les offres ont afflué auprès de la direction liégeoise qui a poliment émis une fin de non-recevoir à toutes ces sollicitations.

La double prestation contre Liverpool n’est évidemment pas étrangère à ce regain d’intérêt pour tout ce qui est Rouche. Marcos en est le plus bel exemple : l’arrière droit brésilien avait été impressionnant à Anfield, d’où cette approche néerlandaise pour un joueur qui a eu besoin de six mois d’acclimatation en Belgique.

« Si je pense avoir joué à un très bon niveau lors d’autres rencontres moins médiatisées, tout le monde ne me parle que de ce match chez les Reds. Cette prestation a-t-elle déclenché l’intérêt des gens de Twente ? Je ne sais pas. L’important est d’être régulier. A quoi cela sert-il d’être bon contre Liverpool et mauvais le match suivant ? Cela dit, que ce soit via le championnat ou les matchs européens, je pense avoir acquis le niveau pour évoluer dans une autre compétition. L’Espagne, l’Angleterre et l’Italie (NDLR : son grand-père était de Naples avant d’émigrer au Brésil) par mes origines ne me laissent pas insensibles. »

Quelle transformation en un peu plus de 18 mois ! Arrivé chez les Rouches en janvier 2007 en provenance de Porto Alegre pour près de 150.000 euros, le Brésilien est longtemps resté sur la touche d’où il pouvait percevoir les doutes que beaucoup émettaient sur son éventuelle réussite à Sclessin. « Dans le football belge, il faut être très fort dans les duels, dans les marquages. Au Brésil, c’est plus tactique, mais personne ne respecte la théorie décidée par le coach. En Belgique, ce n’est pas le cas », disait-il.

Alors, Marcos s’est accroché. A l’inverse de Felipe (Il a plus joué que moi à Porto Alegre) et Fred venus à Sclessin en même temps que lui, il a tout mis de son côté pour réussir. Parce que celui qui préfère qu’on l’appelle Marcos plutôt que Camozzato a une tête bien faite. Et il a d’abord écouté.

« J’ai été un peu son guide ici, admet De Camargo. C’est normal car tout le monde a besoin d’un temps d’adaptation. Mais il a très vite analysé la situation et tout pris en main pour devenir à mon sens le meilleur arrière droit du pays. Grâce aussi aux bases apprises au Brésil comme la qualité de ses centres. Cela dit, c’est un vrai Brésilien, même s’il préfère le reggae à la samba ! »

D’humeur égale avec un sourire généreux égayant en permanence son visage, le Brésilien reste quelqu’un de discret malgré l’intérêt que suscitent ses prestations. « C’est quelqu’un de très serein, de tranquille », poursuit De Camargo. Mais c’est efficace. Peut-être est-ce l’influence de Paola, son épouse, psychologue de formation ? Pas étonnant d’ailleurs qu’il soit tombé sous le charme d’une femme d’une telle origine. Le père de Marcos est médecin ORL, sa mère secrétaire médicale, sa sœur spécialisée en psychiatrie, son frère ophtalmologue et ses oncles sont tous médecins. Bref, Marcos a tout pour plaire à Bölöni, ancien chirurgien-dentiste ! Un Bölöni qui s’est plaint en début de saison de ne pas avoir de solution de rechange à l’arrière droit. « Cela ne changera rien pour moi si d’autres viennent pour amener de la concurrence. J’ai toujours travaillé pour mériter ma place. »

Une place où il doit encore améliorer son positionnement ou son « agressivité au marquage ». A commencer par ce dimanche, à Genk, où il retrouvera d’autres Brésiliens, dont un certain Tiago. « Je le connais bien car il vient d’un village à côté de Porto Alegre. On se voit de temps à autres avec Igor. » Un De Camargo lui aussi passé par Genk. Le monde est petit.