martens pour le meilleur ou pour le pire

DEFFET,ERIC

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Lundi 23 novembre 2009

La mission confiée à Wilfried Martens est inédite : défricher le terrain pour un Premier ministre qui reste à désigner – ça, c’est plutôt classique – alors que l’actuel occupant du « Seize », pourtant sur le départ, dispose encore de pouvoirs pleins et entiers, puisqu’il n’a pas démissionné – ça, c’est franchement original. Un « machin » typiquement belgo-belge mais cette fois – ça, il fallait oser – pour une période de « non-crise » qui rend très difficile le jeu des pronostics.

Ne faisons pas la fine bouche : tout valait mieux qu’une période d’incertitude, de confrontation et de psychodrame. Albert II a donc bien fait de solliciter un sage. Et les partis politiques (le CD&V en tête) ont bien fait d’agir en coulisses pour calmer le jeu et offrir au pays une courte respiration, avant la sortie définitive d’Herman Van Rompuy et le retour en scène d’Yves Leterme.

Mais rien n’est réglé. Et rien ne le sera lorsque Wilfried Martens rentrera dans l’ombre en laissant aux ténors de la politique belge sa « méthode » pour affronter les dossiers communautaires : une bonne procédure n’a jamais fourni la garantie d’un accord sur le fond.

On peut en réalité livrer deux lectures des événements qui ont marqué ces derniers jours, après la désignation du Premier ministre à l’Europe.

Le scénario du meilleur. Fort de son expérience, Wilfried Martens accouche d’un dispositif qui offre des perspectives nouvelles. Surtout, l’intermède a permis au Landerneau de reprendre ses esprits, après la défection délicate d’Herman Van Rompuy. La mesure affichée par le CD&V a le don de rassurer ses partenaires et d’offrir un climat serein au retour aux affaires d’Yves Leterme.

Le scénario du pire. La désignation de Wilfried Martens n’a été qu’un temps mort, comme sur un terrain de sport. Elle n’a servi qu’à masquer l’incurie du personnel politique belge de ce début du siècle. La méthode en question est un outil ; on cherchera longtemps les ouvriers capables de l’utiliser.

Alors, pour le meilleur ou pour le pire, la « méthode Martens » ? L’ancien Premier ministre a fait son boulot. L’actuelle génération doit être à la hauteur. Mais elle a tout à prouver.