Martin veut être libérée

METDEPENNINGEN,MARC

Lundi 25 juin 2012

Justice Un cinquième essai pour l’ex-épouse de Marc Dutroux

Michelle Martin, l’ex-épouse de Marc Dutroux condamnée à 30 ans de réclusion par les assises du Luxembourg en juin 2004, compte bien emporter sa libération conditionnelle devant le tribunal d’application des peines (TAP) de Mons.

Selon Me Jean-Philippe Rivière, la présentation du nouveau plan de reclassement de Michelle Martin serait « imminente ». Me Georges-Henri Beauthier, l’avocat de Lætitia Delhez, estime que cette nouvelle audience devrait avoir lieu à huis clos dans « les jours prochains » et confirme avoir été invité par le TAP à « actualiser la fiche-victime » de sa cliente dont le tribunal veut savoir si elle n’a pas varié dans ses demandes de conditions à mettre à l’éventuelle libération de M ichelle Martin.

« J’ai reçu le même courrier du tribunal », indique Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie et également représenté dans cette procédure par Me Beauthier. Celui-ci s’indigne une nouvelle fois de l’absence des victimes dans les débats qui se tiendront devant le TAP dont seule la décision leur sera communiquée.

L’an dernier, Michelle Martin avait cru voir s’ouvrir les portes de sa prison. Le TAP avait donné foi à son plan de réinsertion qui impliquait son accueil dans une communauté religieuse des sœurs de Béthanie dans la région de Grenoble, en France. Le ministre français de la Justice avait anéanti cet espoir en refusant l’accueil sur son territoire de la plus connue des criminelles belges, au nom de « la menace sur la sécurité publique ». Le TAP avait réformé sa décision, malgré la présentation d’un nouveau plan qui prévoyait un hébergement dans une communauté de Marche-en-Famenne. Michelle Martin, contestaient aussi ses victimes et leurs familles, n’avait jamais commencé à les indemniser, comme le soutenaient ses avocats, ce que le TAP, dans son premier jugement de libération avait considéré comme vrai…

Dutroux, libérable en 2013 ?

Michelle Martin se voit contrée dans ses demandes de libération par le refus des ministres de la Justice successifs de lui accorder des congés pénitentiaires en vue de préparer son plan de réinsertion, ce que son avocat Thierry Moreau conteste fermement. L’actuelle ministre Annemie Turtelboom nous a indiqué dimanche avoir à nouveau rendu un avis négatif à l’octroi de pareils congés à celle qui est incarcérée depuis août 1996. La défense de Mme Martin pourrait une nouvelle fois demander au TAP d’ordonner l’octroi de ces congés. Marc Dutroux, lui, décompte les jours. Selon les calculs de l’administration pénitentiaire, il deviendrait admissible à la libération conditionnelle le 31 janvier 2013, soit après 18 ans et 6 mois de détention, compte tenu de sa condamnation à perpétuité, de celle relative à son évasion et de celle encourue pour escroquerie à l’assurance à Nivelles. Ses chances de sortir sont quasiment nulles. La peine de perpétuité prononcée à Arlon est assortie d’une mise à disposition du gouvernement de 10 ans. Et la libération conditionnelle demeure une faveur, non pas un droit.