Matières premières - Les planteurs de café au bord du gouffre

AFP

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Samedi 13 mars 2004

Matières premières -

Les planteurs de café au bord du gouffre

Les 20 à 25 millions de planteurs de café dans le monde risquent d'être plongés dans une extrême pauvreté du fait de la baisse du cours mondial du café qui n'empêche pas le prix du « petit noir » de rester stable au comptoir, selon un rapport de la Banque mondiale.

La surproduction de café au Brésil et au Vietnam est en grande partie responsable de la chute des prix mondiaux, selon cette étude publiée jeudi.

Outre cette surproduction, la Banque mondiale accuse également les acheteurs locaux de café, qui ont accentué la crise en faisant pression sur les petits planteurs pour qu'ils acceptent des prix de plus en plus bas. Il y a entre 20 et 25 millions de planteurs de café dans les pays en développement. A cause de la baisse des prix du café, leurs revenus ont chuté à tel point que ce que l'on constate, c'est qu'ils sont désormais plongés dans une pauvreté extrême, a déclaré Kevin Cleaver, le directeur de la Banque mondiale en charge de l'agriculture et du développement rural.

La Banque mondiale a souligné que la production devrait fléchir légèrement pour l'année en cours et permettre un redressement des prix mais celui-ci interviendra trop tard pour éviter la ruine de nombreux planteurs. Elle prévoit une récolte de 106 millions de sacs pour la campagne 2003/2004 contre 123,2 millions de sacs un an plus tôt.

Depuis 1970 les prix du café ont fléchi d'environ 3 % par an pour l'arabica et de 5 % pour le robusta après correction de l'inflation.

M. Cleaver a dit que le Vietnam, nouveau venu parmi les pays producteurs de café, s'était trompé dans sa prévision de récolte en pensant que ce serait un plus grand marché que prévu. Il a souligné que ce pays ne savait pas qu'au même moment le Brésil était également en surproduction de café. La combinaison de ces deux surproductions et le développement plus important que prévu de la production colombienne ont fait que l'offre mondiale a fortement augmenté alors que la consommation n'augmentait que très faiblement, a-t-il expliqué. (AFP.)·