MAYSTADT APPROUVE L'ULTRA-RIGOUREUX WAIGEL

DE MUELENAERE,MICHEL

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Mercredi 15 novembre 1995

Maystadt approuve l'ultra-rigoureux Waigel

Quand un ministre des Finances parle à un autre ministre des Finances, le ton est policé. La discussion se passe entre gens de bonne compagnie. Interrogé par «Le Soir», le Belge Philippe Maystadt a répondu - assez favorablement - aux récentes propositions de son homologue allemand Theo Waigel. La semaine dernière, celui-ci a soumis à ses partenaires l'idée d'un «pacte de stabilité» assurant la permanence de la discipline budgétaire dans les États participant à la monnaie unique européenne. Theo Waigel suggère ainsi de placer à 1 % du produit intérieur brut la barre à ne pas dépasser pour les déficits publics, et de renforcer les sanctions destinées à punir un État pris en flagrant délit de laxisme budgétaire.

La proposition de Theo Waigel a rencontré une oreille attentive en Belgique. La qualifiant de plutôt positive, Philippe Maystadt se réjouit ainsi qu'elle exclue toute renégociation du traité de Maastricht, ainsi que l'introduction de règles supplémentaires pendant la période de transition. C'est un signe encourageant, significatif d'une position constructive de l'Allemagne, estime le ministre des Finances. Cette proposition traduit la volonté du gouvernement allemand (...) de convaincre l'opinion publique allemande que toutes les garanties sont prises pour assurer la stabilité de la future monnaie européenne.

Autre point positif, selon Philippe Maystadt : L'approche se concentre sur le critère du déficit. Tout en insistant lourdement sur la maîtrise des déficits, Theo Waigel avait toutefois suggéré de baisser la barre de l'endettement public à 50 %, contre les 60 % figurant actuellement dans le traité.

Quant aux sanctions, les Belges rappellent que le traité de Maastricht prévoit déjà un dispositif pour punir les États trop déficitaires. Du côté allemand, on estime que les procédures seront trop longues et trop lourdes. M. Maystadt tient cependant à défendre le jugement qui devrait intervenir au moment d'infliger des amendes, rejettant le caractère trop automatique de la procédure.

Objectif : 1 % ? C'est à la fois logique et arbitraire, rétorque M. Maystadt. Logique parce que l'objectif de 3 % prévu dans le traité de Maastricht n'est qu'un plafond et ne peut être considéré comme objectif normal. Mais arbitraire aussi, car, estime le ministre des Finances, l'Allemagne a rarement réussi à se maintenir à un niveau aussi bas. En ce qui concerne la Belgique, notre propre objectif de stabilisation du solde primaire (différence entre recettes et dépenses, hors charges d'intérêt) devrait nous amener sous le 1 % à partir de 2001 ou de 2002. A rigoureux, rigoureux et demi. Et Philippe Maystadt de rappeler que c'est à la Commission européenne qu'il appartient de faire des propositions dans ce domaine...

Propos recueillis

par M. de M.