Mbokani et Jovanovic sans pitié

PAIROUX,ETIENNE; BERTI,CHRISTOPHE; BUSIAU,THOMAS

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Lundi 17 octobre 2011

Leader de la compétition dimanche matin, puis deuxième quelques heures plus tard au terme de la victoire brugeoise face à Gand, le Sporting bruxellois savait que seule une victoire face à son éternel rival liégeois dans le premier des quatre Clasicos attendus cette saison lui permettrait de retrouver la première place. Avec, ce qui n’est pas négligeable, même si on sait désormais à quel point il faut se méfier de tirer des conclusions hâtives lors de la phase classique, la possibilité de reléguer le Standard à 8 points. A la même époque, la saison dernière, les Rouches étaient d’ailleurs à un point des Mauves, mais à… 6 de Genk, le futur champion.

Et bien, nonante minutes plus tard, Anderlecht a parfaitement rempli sa mission, infligeant un revers très lourd aux Liégeois à l’image du 5-1 que le Standard avait signé contre le même adversaire, il y a un peu plus d’un an, le 3 octobre dernier, à Sclessin. Un succès qui va forcément donner un supplément de confiance au Sporting bruxellois alors qu’on se demande comment, du côté liégeois, l’affront va être digéré d’autant que les Rouches n’ont pas eu la moindre occasion dans l’antre du Sporting bruxellois. Et surtout qu’ils viennent, pour la troisième fois, de perdre en championnat dans une rencontre désignée comme étant un test à l’extérieur : à Gand, à Genk et à Anderlecht. Avec onze buts encaissés !

Comme prévu, du côté anderlechtois, Jovanovic et Mbokani étaient titularisés d’emblée. Mais certainement pas après avoir fait la bise à leurs anciens équipiers car s’ils n’ont quitté Sclessin que lors de l’été 2010, ils ne connaissent quasiment plus personne. C’est bien simple, du onze de base liégeois, les deux attaquants n’ont évolué qu’avec Bolat, Felipe et Pocognoli. Un onze dans lequel José Riga avait finalement décidé de faire confiance à Seijas malgré ses quinze heures de vol pour revenir du Vénézuéla. Ce qui tend à dire que, dimanche, à l’exception de Kanu, le coach principautaire alignait ce qui ressemble de plus en plus à son équipe type.

Mais le match allait rapidement prendre une tournure en faveur des joueurs locaux. Alors qu’il n’avait inscrit qu’un but contre Anderlecht lors de sa période liégeoise, Milan Jovanovic, complètement oublié par le nouvel axe Ciman-Felipe, ne mettait que quatorze minutes pour trouver le chemin des filets contre le Standard. Le Serbe avait été idéalement servi par un Suarez qui s’était, lui, parfaitement joué d’Opare avant de servir son partenaire.

La double erreur liégeoise mettait les Rouches dans une position délicate d’autant qu’ils manquent de joueurs capables de faire la différence individuellement, à la différence d’Anderlecht qui peut compter actuellement sur des Suarez, Jovanovic et Mbokani pour orienter le cours d’une rencontre. Et ils l’ont démontré dimanche !

Le marquoir aurait d’ailleurs dû afficher 2-0 à la pause si Gumienny, bien mal aidé par son assistant, n’avait pas refusé un but à Mbokani sur un ballon que Ciman était venu dégager derrière sa ligne de but.

Même si les supporters Anderlechtois durent patienter un peu plus longtemps, ce n’était que partie remise puisque Gillet était à la réception d’un corner pour doubler la mise à vingt minutes de la fin (2-0).

Le match était définitivement plié et la désorganisation s’installait dans les rangs liégeois ouvrant alors la porte à un récital local, Mbokani y allant de son traditionnel but dans le Clasico (le sixième) avant que Suarez puis Wasilewski sur penalty ne clôturent la série.

Au terme de ce match, Anderlecht a signé sa quatrième victoire en cinq rencontres à domicile alors que le Standard a confirmé, une fois de plus, qu’il a du mal à voyager puisqu’il n’a récolté que deux points sur quinze hors de Sclessin. Finalement, n’est-ce pas un peu le même scénario que le début de saison passée pour les Rouches ?

Anderlecht

5

Standard

0

LE MATCH

ANDERLECHT - STANDARD 5-0

Anderlecht. Proto, Wasilewski, Juhasz, Kouyate, Safari, Gillet, Biglia (84e : Vargas), Kljestan, Suarez, Mbokani (84e : De Sutter), Jovanovic (75e : Canesin). Entraîneur : Jacobs.

Standard. Bolat, Opare, Ciman, Felipe, Pocognoli, Vainqueur, Berrier (46e : Buyens), Seijas, Leye (80e : Mujangi Bia), Van Damme, Tchité (68e : Cyriac). Entraîneur : Riga.

Arbitre. Gumienny.

Assistance. 23.862 spectateurs.

Buts. 14e : Jovanovic (1-0), 69e : Gillet (2-0), 73e : Mbokani (3-0), 79e : Suarez (4-0), 83e : Wasimewski, pen (5-0).

Cartes jaunes. Pocognoli, Felipe, Vainqueur, Mbokani, Bolat, Juhasz, Wasilewski.

Jacobs « Le tournant, le 2e but »

ENTRETIEN

Ariel Jacobs était évidemment radieux à l’issue du match. On le comprend…

Quelle est votre analyse du match ?

Je suis soulagé et content. Soulagé parce qu’enfin, Anderlecht a marqué un penalty en un temps… Plus sérieusement, je suis content du résultat et de la manière. La victoire est logique, elle aurait pu se dessiner plus tôt car j’espérais que le deuxième but tombe plus vite. On l’a certes inscrit, mais il n’a pas été validé. Le tournant, c’est le 2-0 de Gillet sur corner. Il a libéré toute l’équipe et après, tout fut facile. Trop facile, même. Mais je le répète, sans ce 2-0, j’étais inquiet, car un type comme Tchité peut marquer sans avoir besoin d’occasion.

Huit victoires d’affilée, cinq buts contre le Standard : craignez-vous une forme d’euphorie ?

Je ne crois pas car, d’abord, le groupe est très mûr. A part quelques gamins, il est composé de joueurs d’expérience qui savent faire la part des choses. Ensuite, on a un match important en Autriche dans quatre jours. Pas le temps de planer, donc.

Cinq buteurs différents, c’est aussi une force pour Anderlecht.

C’est surtout le collectif qui m’a fait plaisir ce soir : concentration, organisation, efficacité, j’ai vu beaucoup de bonnes choses.

Petit point noir : vos joueurs se sont chamaillés à plusieurs reprises. Biglia et Jovanovic pour donner un coup franc. Mbokani et Wasileswki sur le penalty.

Ce sont des choses qui arrivent sur le terrain. Il y a de la vie dans le groupe. Et de quoi écrire pour les journalistes.

Vous souriez, ce soir ! (NDLR : en référence aux déclarations de Roger Vanden Stock qui trouve que son coach ne sourit pas assez).

Ça va me poursuivre toute ma vie, sans doute… Oui, je souris parce que j’ai vu un bon match.

Riga « On a manqué de tout... »

ENTRETIEN

José Riga se montrait très lucide, au terme du match. Avec une analyse sans concession.

Comment expliquer une telle prestation ?

A part une bonne entrée en matière pendant les premiers instants et une petite occasion pour Van Damme, on n’a pas existé. Face aux individualités anderlechtoises, nous étions largement insuffisants. Pas d’organisation, pas de jeu, beaucoup trop de respect pour l’adversaire. On n’a rien donné… sauf des buts ! On a manqué de tout. Seul Seijas a essayé quelque chose, pour le reste, je n’ai rien vu. Même les cadres de l’équipe, qui avaient déjà connu de tels matchs, sont passés à travers.

Que retenez-vous d’une défaite aussi énorme ?

Je me dis que ce n’est pas le vrai Standard qu’on a vu ce soir. Je ne veux rien retirer aux mérites d’Anderlecht : chapeau aux Mauves, bravo. Mais ce n’est pas notre vrai niveau que celui qu’on a montré ce soir. Il faudra tirer les enseignements. Je suis très déçu, évidemment, c’est dur car rien, dans la préparation, ne laissait présager un tel scénario, mais à tout prendre, je préfère subir un tel revers maintenant pour avoir le temps d’en tirer les conséquences et se remettre en question au plus vite. Collectivement et individuellement. Peut-être certains planaient-ils après notre victoire européenne. Ils sont revenus sur terre ce dimanche soir…

Vous avez 15 points sur 30 après 10 matchs. Comment jugez-vous ce bilan ?

Il est insuffisant, tout simplement. Mais surtout à cause des 4 points perdus contre le Cercle et au Beerschot. Nous n’avons pas été capables de gagner ces matchs. Or, une équipe comme Anderlecht les gagne. La défaite à Gand, elle est venue très tôt dans la saison. Celle à Genk est exagérée dans les chiffres. Et sur celle-ci, je n’ai rien à dire. Il faut désormais être humble et travailler.

Anderlecht Suarez : « Je me suis promené à ma guise »

De la joie intense mais pas d’euphorie ni de provocations inutiles : les Bruxellois savouraient avec humilité dimanche soir un succès important qui est loin d’être considéré comme un aboutissement. « J’avais la conviction que nous gagnerions ce Clasico mais à aucun moment je n’avais imaginé de le faire sur un tel résultat, commente Matias Suarez, auteur de son 4e but et de sa 4e passe décisive. Un tel résultat est incroyable d’autant que le début de match n’avait pas été si évident que cela. Mais tout s’est rapidement équilibré avant que nous fassions la différence offensivement. Avec Jovanovic, comme avec Mbokani, l’entente est parfaite. Jova remet le mérite du premier but sur mes épaules mais sa reprise de la tête était parfaite. »

Dans les explications avancées par les Standardmen pour expliquer ce revers figure en bonne place la liberté accordée à l’Argentin : « Je me suis effectivement retrouvé à de nombreuses reprises seul, sans marquage, ce qui m’a ouvert de nombreuses options : m’infiltrer, jouer homme contre homme, me déporter sur les flancs et balancer des centres. Je me suis souvent promené à ma guise et je tenais absolument à marquer mon but pour remercier le public, dans un match spécial pour lui, de tout le soutien qu’il m’a procuré ces derniers mois. »

Co-meilleur buteur du Sporting avec Suarez, Guillaume Gillet boit du petit-lait. « Nous sommes restés calmes, même lorsque le but de Mbokani n’a pas été accordé, confie-t-il. Nous avions confiance en nos qualités et quand tout tourne aussi bien que ce dimanche, on ne ressent pas la fatigue. Nous n’avons pas le sentiment d’avoir disputé 90 minutes, tout simplement. Il n’y a pas grand-chose à redire sur notre prestation : nous avions été avertis de la force du Standard sur les phases arrêtées offensives, avec près de 50 % de leurs buts marqués de cette manière, et nous avons parfaitement œuvré pour ne pas nous mettre en danger. Et offensivement, il ne reste qu’à concrétiser les occasions qu’on se créera inévitablement avec nos attaquants qui disposent tous d’une grosse maîtrise technique, d’une bonne vision du jeu et d’un sacré sens du but. Un tel arsenal m’oblige à prouver ma valeur à chaque rencontre pour m’éviter un séjour sur le banc. Même si je sais que j’aurai un jour besoin de souffler. » Et le… Liégeois de conclure, en souriant : « J’avais prévu d’aller à la Foire de Liège ce lundi. Si je le fais, ce sera avec bonnet et lunettes. »

Standard Van Damme : « Pour la première fois, cela me fait mal »

Si il y a bien un Rouche qui avait du mal à digérer la correction infligée par Anderlecht, c’est Jelle Van Damme.

« Cela me fait mal. C’est la première fois dans ma carrière qu’une défaite me fait vraiment mal. Surtout par la manière. Nous étions trop relâchés et jamais dans le match. Même moi j’ai été mauvais et je me demande pourquoi. Personne n’a été à la hauteur. Et ce n’est pas une question de qualité dans le groupe car nous en avons aussi ».

Mbaye Leye tenait plus ou moins le même discours, mais en mettant aussi la prestation de l’adversaire en évidence. « Il faut assumer cette défaite. Nous étions venus au parc Astrid avec la volonté de jouer, mais nous sommes tombés sur une équipe très forte. Quand on est battus, il faut le reconnaître et l’accepter. C’est bien simple, tout ce que nous avons voulu mettre en place ce dimanche n’a pas fonctionné. Défensivement, par exemple, nous n’avons pas défendu collectivement. Si on doit résumer ce match, on peut dire que nous étions dans un jour sans avec devant nous un adversaire qui était très fort ».

En fait, c’est surtout en deuxième période que le Standard s’est effondré. « Après le 2-0, ce n’était pas bon, analysait Yoni Buyens. Plus rien n’a fonctionné alors qu’on avait bien repris la deuxième période ». Une deuxième période qualifiée de « scandaleuse » par Laurent Ciman. « Personne n’a été bon. On ne peut pas incriminer l’attaque, l’entre-jeu ou la défense, c’est tout l’ensemble qui n’a pas répondu présent. Ce qui est scandaleux, c’est notre prestation en deuxième période. Le coach a dit que tout le monde devait regarder dans son assiette et analyser les fautes qu’il a commises ».

Il n’empêche que, après les revers à Gand (3-1) et à Genk (3-0), cela commence à faire beaucoup pour les Rouches. Trois lourdes défaites chez des candidats aux playoffs. « Mais nous avons livré de bonnes prestations sur la scène européenne. Reste que dans ces trois rencontres de championnat, nous avons fauté collectivement parce que nous n’avons pas respecté les consignes », regrettait Pocognoli.

au Parc astrid

Gillet : « Mbokani a été formidable »

La scène aurait pu prêter le flanc à polémique, elle a au contraire démontré que les liens anderlechtois sont solides. Interpellé par Guillaume Gillet, conscient que Wasilewski rêvait de marquer contre le Standard, Mbokani lui a cédé le botté du penalty qu’il avait provoqué. « C’était un instant important et émouvant pour Wasil, confie Gillet. Dieu l’a parfaitement compris. C’était une attitude formidable. » (T.Bu.)

Sturm Graz s’enfonce dans le ventre mou

A Mattersbourg et alors qu’ils menaient 1-3 à l’entame des arrêts de jeu, les Autrichiens de Sturm Graz n’ont réussi à ramener qu’une unité (3-3). Du coup, après onze journées de championnat, ils restent bloqués à la sixième place (sur dix) avant un très maigre bilan de quatorze points sur trente-trois. (T.Bu)

Les Rouches iront en Ukraine avec leur propre cuisinier

Le 3 novembre prochain, le Standard disputera son quatrième match d’Europa League à Poltava. En raison d’un changement d’aéroport puisqu’ils rejoindront finalement celui de Dniepropetovsk, les Rouches, qui emmèneront leur propre cruisinier sur place, partiront le mardi premier novembre pour un voyage de 7 heures (d’abord trois en avion puis quatre en car) et peuvent s’attendre à jouer sur un terrain en mauvais état. (E.Px)

Stage hivernal en Espagne

Pour leur stage hivernal, les Rouches passent régulièrement de l’Espagne au Portugal. La saison dernière, ils avaient séjourné en Algarve, à Almancil. Cette fois, ce sera à Jerez que les Liégeois établiront leurs quartiers du 3 au 10 janvier pour préparer la fin de la saison. (E.Px)

Poltava partage en championnat

Le Vorskla Poltava se déplacera, jeudi soir, à Sclessin, après avoir ramené un point de son dernier déplacement à Zarya Lugansk (0-0), onzième du championnat d’Ukraine. Les futurs adversaires du Standard occupent la huitième place du championnat avec 18 points seulement en 13 matchs. (E.Px)