Médiathèque : Verviers sera sauvé

JENNOTTE,ALAIN

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Mardi 30 septembre 2008

Insitutions Le Centre culturel régional reprendra son personnel et ses missions

La ministre Laanan, le collège et la Médiathèque ont dit oui. Le Centre culturel devrait le faire bientôt aussi.

Les usagers de la Médiathèque de Verviers ne trouveront pas porte close, dans les prochains mois. Un accord de reprise de l’ensemble de ses activités par le Centre culturel régional de Verviers devrait être officialisé dans les prochaines semaines.

Verviers fait partie des sept centres de prêt menacés sur les treize que compte le réseau de la Médiathèque, avec Seraing (voir ci-dessous), Mons, La Louvière, Uccle, Woluwe-Saint-Pierre et Braine-l’Alleud. Le sort de l’un des quatre discobus serait également en suspens. En cas d’échec de ces reprises, c’est vingt équivalents temps pleins qui quitteront la Médiathèque en 2009.

La crise qui touche de plein fouet cette institution cinquantenaire s’explique par la baisse dramatique des prêts de CD et de DVD, qui ont chuté de 40 % en cinq ans.

Le montage destiné à assurer l’avenir de la médiathèque verviétoise était négocié depuis de longs mois. Le Centre culturel de Verviers recevra le soutien de trois autres partenaires : outre la Médiathèque, qui transférera les collections locales, l’accès à son infrastructure informatique et à sa collection centralisée, le Centre culturel recevra un apport annuel de 25.000 euros de la Communauté française et de 17.000 euros de la ville de Verviers. « Les conventions avec la médiathèque sont prêtes et nous avons l’accord de la ministre de la Culture, Fadila Laanan, explique l’échevin verviétois de la Culture, Jean-François Istasse (PS). Du côté de la ville, le collège échevinal s’est déjà prononcé en faveur du projet, qui devrait être avalisé la semaine prochaine par le conseil d’administration du Centre culturel régional. Il devra ensuite être approuvé par le conseil communal. Pour la ville, il fallait à tout prix éviter une fermeture qui aurait été une catastrophe culturelle ».

Incertitude sur l’emploi

La négociation se poursuit pour déterminer si les quatre membres du personnel de la médiathèque de Verviers seront repris par le centre culturel ou si l’un d’eux doit être réaffecté au sein du réseau de la Médiathèque.

Intégré au centre culturel régional de Verviers, le centre de prêt local de la Médiathèque devra « profondément se transformer, selon Jean-François Istasse. Nous attendons qu’il propose dorénavant au public beaucoup plus d’animations avec les artistes locaux et le monde de l’enseignement. Il ne suffira pas que l’on fasse demain ce que l’on fait aujourd’hui dans le réseau des médiathèques ».

Le déblocage du dossier verviétois pourrait servir de catalyseur pour les six autres médiathèques locales qui, faute d’un repreneur culturel, risquent de fermer leurs portes à brève échéance.

P. 36 Les chantiers

de Fadila Laanan

Seraing renâcle devant la facture

Si Verviers a réussi à assurer la survie de sa médiathèque, d’autres centres de prêt menacés ferraillent toujours pour se forger un avenir. À l’image de Seraing, l’autre centre en province de Liège concerné par le plan de restructuration du réseau de la Médiathèque.

« Tout est fait pour trouver une issue favorable au dossier mais la situation n’est pas simple, explique l’échevin de la Culture, Jean-Louis Delmotte (PS). La ville investit déjà près de 18 mille euros par an dans la médiathèque et il sera difficile d’aller plus loin ». L’intégration avec le Centre culturel de Seraing coûterait 30.000 euros de plus à la ville. « Nous cherchons un plan alternatif pour supprimer cette charge impayable, poursuit Jean-Louis Delmotte. La facture d’achat de nouveaux CD et DVD serait ramenée de 20.000 à 10.000 euros par an et des économies seraient réalisées sur le personnel. Enfin, la Médiathèque devra améliorer le volet des recettes. Les animations qu’elle organise ne pourront plus être totalement gratuites ». Le projet n’a pas encore été présenté au collège.

Une volonté de gérer au plus près le budget que confirme le bourgmestre, Alain Mathot (PS) : « Nous voulons bien jouer dans la pièce tant que ça ne nous coûte pas un euro de plus. Je suis lassé de voir qu’on renvoie toute la pression vers les communes alors que nos recettes n’augmentent pas. Chaque niveau de pouvoir devra assumer ».