Mettet La restauration de la gentilhommière de Rops a débuté Corps de métier au château de Thozée

DE VRIESE,THIERRY

Page 28

Vendredi 8 juin 2001

Mettet La restauration de la gentilhommière de Rops a débuté Corps de métier au château de Thozée

Destiné à héberger des ateliers résidences pour artistes, l'édifice livre d'abord sa toiture aux ardoisiers. L'intervention de mécènes est espérée pour réussir l'entreprise de restauration.

THIERRY DE VRIESE

Pour les administrateurs de la Fondation Félicien Rops, les coups de marteaux sont presque aussi mélodieux que les chants d'oiseaux qui animent les abords du château de Thozée, à deux pas de Mettet. Depuis un peu plus d'un mois en effet, les ardoisiers s'activent pour coiffer la gentilhommière comme elle le mérite.

Il aura fallu plusieurs de années de démarches et de réflexion pour que les choses commencent réellement à bouger , rappelle Thierry Zéno, administrateur délégué de la Fondation. Des délais d'autant plus longs qu'il s'agit ici de patrimoine classé. Les premiers dossiers ont finalement reçu le feu vert en novembre dernier.

La fin de cette première phase de restauration est prévue pour octobre. Au cours de l'étape suivante, portes et châssis seront remplacés. Les façades seront assainies et le problème d'humidité devrait être réglé. Grâce à une formule de mécénat d'entreprise, le chauffage aussi sera installé. Ce deuxième volet coûtera une dizaine de millions de francs.

Sans atermoiement, il s'agira ensuite d'embrayer vers la troisième phase qui s'attachera à l'équipement sanitaire et électrique, ainsi qu'aux décors, poursuit Thierry Zéno. On devrait se situer en 2005 lorsque les trois phases de rénovation seront réalisées. Le château devrait être opérationnel peu de temps après.

Rappelons que l'ambition de la Fondation Rops est de créer des ateliers-résidences ouverts aux artistes, toutes disciplines confondues. Quels seront les critères d'admission, quelles seront les modalités de fonctionnement ? La Fondation mettra à profit la longueur du chantier pour aller s'inspirer ailleurs. Un colloque sera organisé sur ce thème, à Thozée. Il permettra aux organisateurs de trouver leurs spécificités et de s'orienter vers des sources de financement potentielles.

Ce colloque sera cofinancé par le tout jeune Institut du patrimoine wallon. Depuis son apparition il y a deux ans environ, l'IPW est un fidèle partenaire du projet. Il vient d'assurer un cofinancement intégral de l'étude de faisabilité, et interviendra pour moitié sur les parties non subsidiées (ce sera notamment le cas des travaux de maintenance de la ferme). Mais tout n'est pas encore si rose. Il n'est pas superflu de rappeler que certaines parties du domaine sont, pour une simple question de statut, sous une épée de Damoclès, a martelé l'administrateur délégué, espérant être entendu par de nouveaux mécènes.

«On devrait se situer

en 2005 lorsque les trois

phases de rénovation

seront réalisées»

Notons par ailleurs qu'une réflexion doit également être entamée sur le capital nature du site. Doter le parc des essences qui l'ont habité au XIXe siècle figure parmi les nombreuses perspectives.

En attendant ces échéances, la gentilhommière de Thozée sera accessible lors des journées du patrimoine en septembre prochain, à la grande joie d'un nombreux public toujours friand d'escapades bucoliques. Et en 2002, année des châteaux, sites et demeures historiques, l'ancien pied-à-terre du beau Fély sera ouvert chaque premier dimanche du mois.