Misha Defonseca gardera les millions

METDEPENNINGEN,MARC

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Mardi 14 octobre 2008

Littérature La faussaire gagne

Misha Defonseca, l’auteure belge de la fausse autobiographie d’une fillette juive partie durant la guerre à la recherche de ses parents prétendument déportés, a obtenu gain de cause devant la Cour supérieure de Middlesex (Massachussets). Cette juridiction était saisie d’une action en annulation d’un jugement prononcé en 2001 contre l’éditrice de l’édition anglaise de son récit, Survivre avec les Loups, Jane Daniel, qui avait été condamnée à payer à Misha Defonseca et à son « nègre » Vera Lee une somme globale de 32,4 millions de dollars.

En toile de fond de ce litige : le reproche formulé par Defonseca et Lee à Jane Daniel de s’être approprié, pour partie, des droits d’auteur qui leur revenaient.

L’aveu, dans les colonnes du « Soir », par Misha Defonseca que cette autobiographie n’était en fait qu’une pure invention avait donné l’espoir à Jane Daniel d’anéantir ce jugement calamiteux, fondé selon elle, sur la compassion qu’avaient éprouvé les jurés à l’égard d’une (pseudo) survivante de l’Holocauste, une qualité que Misha Defonseca avait revendiqué tout au long de ce procès.

Dans son jugement, le président de la Cour de Middlesex Thimothy Feeley, a estimé que les fausses allégations et les mensonges de Misha Defonseca n’ont rien à voir avec le litige commercial opposant la Belge à son éditrice. Misha Defonseca conserve donc le bénéfice du premier jugement – qui l’avait enrichi de ces 32,4 millions de dollars. Jane Daniel envisage un nouvel appel et aurait même l’intention de lancer une procédure pour fraude à l’encontre de Misha Defonseca.

En février dernier, lorsque la supercherie avait été découverte, Misha Defonseca, née Monique De Wael, avait plaidé sa bonne foi. Il semblerait cependant qu’elle ne pouvait ignorer les destins réels de son père, « traître et résistant », et de sa mère, pure victime de guerre – tous deux morts dans des camps nazis.

Elle disposait en effet chez elle, aux Etats-Unis, d’une abondante correspondance de son père, qui n’était pas juif, et de sa famille.

Cette correspondance atteste de la manipulation imaginée par Defonseca.