« Attention aux parkings de dissuasion »

DE BAST,ANNE-CATHERINE; MATRICHE,JOEL

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Samedi 18 septembre 2010

Mobilité A l’occasion du Park(ing) day, des interpellations sur la politique de stationnement

Le Park(ing) day, initiative lancée il y a 5 ans aux Etats-Unis pour transformer – provisoirement – les parkings en vrais espaces publics et conviviaux, se bouscule, dans le calendrier européen, avec la semaine de la mobilité.

Le peu d’enthousiasme des pouvoirs publics liégeois est cependant compensé par quelques initiatives privées : vendredi, quatre occupations pacifiques de parkings ont eu lieu au centre-ville, dont celle de l’ASBL UrbAgora place Cockerill.

Évoluant autour d’un décor inhabituellement bucolique – quelques places de parking recouvertes de gazon synthétique, de chaises et tables, de jouets en plastique –, François Schreuer en appelle à un « big bang » qui bouleverserait l’univers du stationnement et de la mobilité à Liège et qui pourrait se traduire, par exemple à l’occasion de l’inauguration des premières lignes de tram, par « la fermeture de plusieurs parkings publics au centre-ville ».

« La logique de stationnement actuelle ne marche pas », regrette-t-il en évoquant un « engorgement généralisé » du centre urbain et les nuisances causées par ce flot de véhicules à ceux qui habitent la ville. Quelques mesures – souvent simples à mettre en œuvre – suffiraient pourtant, plaide-t-il, pour optimiser le stationnement existant et améliorer la qualité de vie des citadins.

Un cadastre du stationnement qui objectiverait l’éventuelle saturation des parkings et en améliorerait l’usage, la mise en place – à l’attention des automobilistes – d’une information en temps réel, une utilisation raisonnée des cartes de riverains permettraient notamment, estime-t-il, de maximiser le stock d’emplacements.

UrbAgora en appelle aussi à la suppression progressive des parkings en élévation – « Ce volume pourrait être dévolu à d’autres fonctions, notamment à du logement » –, à une augmentation du prix de la vignette (voire à une suppression de celle-ci), à l’extension des cheminements piétonniers mais aussi à une parcimonie dans l’aménagement de parkings de dissuasion.

« Ils peuvent être utiles mais ne constituent pas la panacée, entre autres parce qu’ils sont plutôt coûteux et constituent une rude concurrence à l’égard des transports publics péri-urbains, notamment le train. »

Piste cyclable à Huy : inutilisée mais maintenue

Avec 2.000 places de parking à Huy, les automobilistes trouvent qu’il est difficile de se garer. Une chose est sûre : tous ceux qui s’y arrêtent tentent de stationner au plus près du centre-ville. Et là, malgré la mise en place de la zone bleue il y a quelques mois, bien chanceux qui trouve une place. De fait, certains automobilistes ne bougent pas de la journée, s’organisant à plusieurs pour changer les disques apposés sous leur pare-brise. Les policiers ont même été chargés de faire un relevé des voitures ventouses afin de sanctionner leurs propriétaires. Mais en attendant, d’autres se garent sur la piste cyclable de l’avenue des Ardennes. Sans hésitation puisque ce tronçon de quelques dizaines de mètres part de nulle part, et ne mène à rien.

Les majorités communales qui se succèdent décident, ou non, d’autoriser le stationnement ou de sanctionner les contrevenants, selon qu’elles croient, ou pas, à l’utilisation de cette piste cyclable… Au premier conseil communal de la nouvelle majorité PS-CDH, mardi, le sujet est donc revenu sur le tapis. « C’est vrai, la piste cyclable n’est pas utilisée, constate Alexis Housiaux, le bourgmestre. Mais la supprimer serait un très mauvais signal, donc on la maintient. » D’autant que son aménagement était imposé par le MET et que 35 à 40 cyclistes par jour, selon un comptage de la police, transitent par l’avenue des Ardennes. Mais jamais sur la piste cyclable, en permanence squattée par les véhicules.

Pour résoudre le problème de stationnement, les conseillers planchent sur plusieurs options. Notamment sur l’aménagement d’un troisième étage de parking au Quadrilatère. Si l’on en parle depuis des années, les travaux devraient se concrétiser en 2011. En attendant, la Ville a passé une convention avec le magasin Champion afin de disposer de son aire de stationnement jusque-là privée et de l’ouvrir à tous.