Un tramway qui ne suscite pas le désir

MATRICHE,JOEL

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Jeudi 20 octobre 2011

Mobilité L’ASBL Urbagora critique vertement la gestion du dossier du tram par la Région wallonne

Regrettant que le tracé du futur tram n’ait fait l’objet d’aucune concertation publique, l’ASBL urbAgora a diffusé il y a quelques jours sur son site web les études techniques devant guider le Gouvernement wallon dans le choix d’un tracé. Ces études, estime l’ASBL, se concluent par un « travail bâclé » et par la mise en concurrence du tram avec le train, plutôt que par la recherche de complémentarités entre ces deux transports structurants. Plutôt qu’investir 500 millions d’euros dans un réseau imparfait, urbAgora suggère au politique de ne mettre en place, d’ici 2017, qu’un premier tronçon liégeois, entre le centre-ville et les Guillemins avec un passage par les quartiers les plus denses. « Pour 200 millions d’euros environ, il serait aussi possible, d’ici 2017 également, d’inaugurer deux, trois, voire quatre lignes de RER vers Herstal, Seraing et une grande partie de la grande périphérie, explique François Schreuer. Et par la suite, d’autres lignes de tram en direction des communes voisines pourraient bien sûr venir se greffer sur le réseau. »

Encore faudra-t-il, pour que le réseau puise s’étoffer, que les rames de la première heure fassent le plein de voyageurs. Mais urbAgora craint que ce succès soit hypothéqué par le tracé tel que semble vouloir l’adopter le Gouvernement wallon. Au premier rang des regrets, la quasi-absence d’intermodalité : la réorganisation du réseau de bus, la promesse faite puis oubliée de bus à haut niveau de service, la complémentarité avec le chemin de fer « ne semblent pas retenir l’attention des auteurs de l’étude. »

La non-considération de la rive droite de la Meuse dans le tracé, le choix d’un coûteux PPP (partenariat public privé) au lieu d’un financement intégralement public, un itinéraire collé à la Meuse plutôt qu’aux quartiers les plus peuplés, la dissémination des arrêts (une station tous les 743 mètres), l’interruption du service à Sclessin les jours de match du Standard laissent l’ASBL urbAgora pour le moins dubitative. « Nous ne pouvons apporter notre soutien à un projet comme celui-ci, conclut François Schreuer. L’argent public, surtout quand il devient rare, doit être mieux dépensé. »

Déficit démocratique Inter-Environnement Wallonie a envoyé mardi un courrier au ministre Ecolo Philippe Henry, s’étonnant du peu de concertation démocratique sur ce même dossier du tram.