Débat sur la Transurbaine

MATRICHE,JOEL

Page 22

Vendredi 9 décembre 2011

Mobilité L’étude cachée du tram disséquée par urbAgora

L’étude commandée par le GRE (Groupe de redéploiement économique du Pays de Liège) en mars 2010 à cinq experts afin qu’ils étudient la faisabilité d’un réseau de transport structurant complémentaire à la ligne 1 du tram vient d’être commentée par l’ASBL urbAgora.

Baptisée « Transurbaine » car dessinant un axe 2 perpendiculaire à la Meuse et reliant le plateau d’Ans à Chênée, en passant par la place Saint-Lambert et les quartiers situés en rive droite de la Meuse, cette étude – qui a tout de même coûté plus de 500.000 euros – n’avait pas été rendue publique jusqu’à sa diffusion par Le Soir le 5 décembre. « D’après bon nombre d’interlocuteurs, cette étude était destinée, aux yeux du gouvernement, à amuser la galerie ou à faire patienter les déçus de l’axe 1, note urbAgora. Et le secret dont elle était entourée jusqu’à lundi n’aide pas à se convaincre du contraire. »

Il y aurait pourtant eu, explique en substance l’ASBL, pires investissements que cette étude « Transurbaine » tant celle-ci « apparaît de façon évidente comme un apport significatif au débat sur la mobilité à Liège. »

Un de ses avantages serait ainsi de passer, contrairement à la ligne de tram qui a été dessinée en fond de vallée, à travers les quartiers les plus peuplés : « Pour la première fois depuis fort longtemps, on ouvre la perspective de créer des quartiers entiers, urbains, denses, mixtes, qualitatifs, sur une grande échelle. »

Une autre originalité de cette étude, insiste encore urbAgora, est de préconiser pour cet axe 2 l’utilisation du tram plutôt que celle du bus à haut niveau de service qu’entend valider le gouvernement wallon. Car « si le coût d’investissement d’un bus à haut niveau de service reviendrait, pour les 18,3 km de lignes envisagés, à 297,9 millions d’euros tandis que le tram reviendrait à 466,9 millions (surcoût de 170 millions), le coût d’exploitation du tram est moindre (13,6 contre 14,9 millions d’euros par an) et le tram offre un service de nettement meilleure qualité. »

Enfin, consciente que la mise en service de la ligne 2 – quelle que soit la formule – relève pour le moment « de la plus grande improbabilité sur le plan budgétaire », l’ASBL invite le politique à prendre en compte les résultats de cette étude « Transurbaine » avant de définitivement fixer le tracé de la première ligne : traversée de la Meuse par Outremeuse plutôt que par le pont Atlas, aménagement ’un arrêt place des Franchises, pose de deux voies plutôt qu’une rue Léopold… « Il nous semble que, à la lumière de cette nouvelle étude, la question qui devrait se poser est celle des priorités à l’échelle du réseau, conclut l’ASBL : Qu’est-ce qui est le plus urgent à réaliser ? Les extrémités – dont la pertinence est douteuse – d’une ligne 1 ou le début d’une solution pour un axe transversal dont le potentiel et l’urgence sont démontrés ? »

http://urbagora.be