Pour un « vélib liégeois » public

BODEUX,PHILIPPE

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Samedi 11 juillet 2009

Mobilité Proposition d’Urbagora

Le recours à une société privée type JCDecaux pour mettre en place et gérer un système de vélos partagés n’est pas une fatalité », déclare l’association liégeoise Urbagora alors que La Ville de Liège s’apprête à lancer un appel d’offres pour un « vélib liégeois » dans cinq communes de l’agglomération (Liège, Herstal, Seraing, Ans et Chaudfontaine).

Pour rappel, il s’agit de proposer des vélos à la location aux quatre coins de la ville dans des stations réapprovisionnées constamment en bicyclettes. « Et si, à l’instar de Montréal, Liège créait son propre système de vélos partagés sans être dépendant d’avenants publicitaires et de technologie brevetée ».

Premier argument : le coût. Pour 400 vélos et 60 stations, il en coûtera au moins 500.000 euros par an, selon les estimations de la Ville. Soit près de 1.500 euros par vélo. Un montant qui en fait tiquer plus d’un au Collège. « Le système coûte cher parce que les vélos type JCDecaux sont bourrés d’électronique et qu’ils sont brevetés, déclare François Schreuer. Pourtant, ces vélos sont fabriqués en Hongrie dans des usines où le salaire de base n’est pas respecté. Avec le même montant, il y a moyen d’offrir un service supérieur et davantage de bicyclettes à la location qui se rapprochent plus du vélo normal », affirme Urbagora.

Deuxième argument : l’intégration avec les autres modes de transport. « La gestion publique, si elle est associée au TEC ou à la SNCB par exemple permet une intégration tarifaire, ce que le système JCDecaux ne permet pas », poursuit François Schreuer.

Toulouse, Montpellier, Barcelone, Copenhague ont chacune développé un système propre. À Montréal, c’est la société de stationnement municipale qui gère, avec succès, le système de vélos partagés.

À Liège, les autorités ont créé « Liège développement » une filiale de la Régie communale autonome qui va investir plus de 15 millions d’euros dans la construction et la gestion de deux parkings. Ce qui est bon pour l’auto ne le serait pas pour le vélo ?

Dernier argument : le respect de la vie privée. « Dans le rapport annuel de JCDecaux, on peut lire la volonté de “relier les gens à la publicité par le vélo”, explique François Schreuer. Grâce au système électronique embarqué, il serait possible de “tracer” le cycliste et modifier l’affichage en fonction du passage des gens ».

Bref, Urbagora demande aux autorités communales d’étudier sérieusement l’option d’une gestion publique des vélos partagés. Quitte à aller voir ailleurs comment cela se passe…