Jodoigne-Nivelles en train ?

ATTOUT,XAVIER

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Mercredi 28 septembre 2011

Mobilité Une Transbrabançonne est à l’étude

Le train IR Jodoigne-Wavre-Nivelles est attendu voie 2. » Voilà l’annonce qui pourrait bien résonner dans les haut-parleurs de la gare de Nivelles d’ici une bonne vingtaine d’années. François Schreuer, de l’ASBL liégeoise urbAgora, et Bernard Swartenbroekx, chercheur à l’UCL, ont décidé de relancer le projet d’une ligne ferroviaire qui traverserait le Brabant wallon d’Est en Ouest. Ils détailleront leur dossier ce mercredi à Jodoigne (1). L’objectif est de combler le déficit de mobilité intraprovincial en multipliant les liaisons et les connexions Est-Ouest et Nord-Sud.

Le contexte La mobilité est le talon d’Achille du Brabant wallon. La croissance économique et démographique est la plus importante de la Région wallonne. Elle devrait se poursuivre. Par ailleurs, les différents pôles (villes, écoles…) ne sont pas bien reliés en transports en commun. Enfin, l’Est de la Province est fort peu desservi alors que le développement urbanistique est appelé à encore s’y accélérer.

Le projet « Cette liaison ferroviaire transversale est la plus à même d’offrir une alternative crédible au tout à la voiture, estime François Schreuer. Elle serait l’axe structurant pour les déplacements internes au Brabant wallon et serait connectée avec le reste du réseau, tant vers Bruxelles que vers le reste de la Wallonie. L’accès aux pôles économique, scolaire et de loisirs serait donc amélioré. » L’aménagement du territoire serait également repensé en fonction de ce projet. Les activités économiques et commerciales seraient centrées autour des gares.

Le tracé La Transbrabançonne irait de Liège à Mons, en passant par Ans, Waremme, Hannut, Jodoigne, Wavre, Ottignies, Genappe, Nivelles, Braine-le-Comte, Soignies et Jurbise.

Les investissements Il ne s’agit pas de créer une nouvelle ligne mais d’assembler et de compléter des tronçons. Certains sont déjà en service. Comme par exemple entre Wavre et Ottignies ou entre Ottignies et Court-Saint-Etienne. Soit un total de 61 km. La ligne 141 entre Court-Saint-Etienne et Nivelles serait quant à elle réaffectée. « Le Ravel serait maintenu, tant que l’on se contente d’une voie unique », note François Schreuer. Enfin, une cinquantaine de kilomètres de voies devront être créés. L’itinéraire le plus compliqué : entre Jodoigne et Wavre, car il doit traverser des zones très urbanisées. Deux gares seraient construites à Jodoigne et Genappe. Des arrêts sont envisagés à Orp-Jauche, Piétrebais, Grez-Doiceau, Bousval, Nivelles-Sud ou Ronquières.

Le gain de temps En transport en commun, un navetteur effectue la liaison Wavre-Jodoigne en 44 min. Le futur temps de parcours serait de 12 min. Pour Nivelles-Wavre, on passerait de 1 h 30 en train ou 1 h 06 en bus à 25 min. « La Transbrabançonne n’est pas utile pour passer de Mons à Liège mais bien pour les petites liaisons intermédiaires », estime François Schreuer.

Réaliste ? Selon les auteurs, cette proposition nécessiterait un investissement estimé entre 500 millions et 1 milliard d’euros. « C’est un projet à très long terme. On espère d’abord le crédibiliser auprès des politiques et du public. » Leur objectif est d’entrer dans le prochain plan d’investissement de la SNCB en 2025 : « Le Brabant wallon est l’endroit où la SNCB peut gagner le plus d’usagers. »

(1) À 19 h à l’hôtel de ville. Entrée gratuite. Infos : www.transbrabançonne.be.

Réactions

Alain Trussart

« Ce n’est pas réaliste vu la situation financière de la SNCB, estime le député provincial Écolo en charge de la Mobilité. Pour le Brabant wallon, je ne suis pas certain que le train soit un moyen de locomotion d’avenir. Je penche pour une solution mixte de type tram/train, qui peut même aller sur la route. De plus, aujourd’hui, il y a un réel engouement pour les transports doux, comme on le voit au Ravel de Genappe-Nivelles. Il ne faudrait donc pas entraver ce développement en remettant d’anciennes lignes ferroviaires à la place. »

Frédéric Sacré

« Nous traitons régulièrement des demandes de réouverture de lignes, explique le porte-parole d’Infrabel. Nous y sommes très attentifs. Pour l’heure, nous consacrons notre énergie sur les lignes où la fréquentation est importante. La ligne concernée est aujourd’hui différée. Ce n’est pas une priorité actuellement. Mais dans le plan d’investissement 2013-2025 de la SNCB figure un point relatif à la réouverture des lignes à faible trafic. On étudiera donc cette possibilité. On est en tout cas d’accord avec les promoteurs sur le fait que le ferroviaire est appelé à jouer un rôle majeur dans le futur. »

Philippe Henry

« À court terme, cette proposition est assez irréaliste compte tenu des moyens budgétaires, fait remarquer le porte-parole du ministre wallon Écolo de l’Aménagement du territoire. Nous venons de relancer la cellule ferroviaire wallonne qui vise à identifier les priorités en matière de rail. Les conclusions arriveront d’ici peu. Mais à long terme, ce type de projet correspond parfaitement à l’idée de multiplier les connexions de transports en commun. »