Un RER liégeois ?

DE BAST,ANNE-CATHERINE

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Vendredi 7 octobre 2011

Mobilité urbAgora estime le projet faisable pour 2017

Le projet de tram est sur les rails. Mais qu’en est-il du dossier du REL, le Réseau express liégeois ? « On dit qu’un tel réseau est impossible à mettre en place, et donc on n’aborde jamais le sujet, souligne François Schreuer, président d’urbAgora, groupe de réflexion citoyen sur les enjeux urbains et la mobilité. Pourtant, c’est tout à fait jouable, et pour un coût raisonnable. » L’association, qui a planché sur le sujet durant plusieurs mois, évoque un contexte particulier : le contrat de gestion de la SNCB, qui lui impose de réfléchir à la question du développement de réseaux suburbains, arrive à terme et « elle n’a toujours rien fait », et le prochain plan d’investissement d’Infrabel sera renégocié prochainement. L’occasion, donc, de relancer le débat.

« Il est possible de mettre en place un REL d’ici 2017, qui profite des infrastructures existantes, limité à deux trains par heure pour réduire les investissements », précise l’association. Dans un premier temps, il s’agirait de développer 4 lignes de REL : Statte-Tongres, Waremme-Maastricht, Verviers-Liers et Spa-Eupen. Certains tronçons ont été réaffectés en Ravel depuis l’abandon des lignes, mais « les deux fonctions peuvent très bien cohabiter. Et pour ce qui est du matériel roulant, on a de la chance : la SNCB en avait commandé pour le RER bruxellois, dont les travaux prennent du retard et qui ne sera pas en service avant 2019. » Pour exploiter un RER à Liège, d’après urbAgora, 26 rames suffiraient. Selon les estimations et en tenant compte de ces propositions, 200 millions d’euros, dont la moitié en matériel roulant, seraient nécessaires pour lancer un réseau express et pourraient être financés par la Région wallonne et la SNCB.

Mais pour que ce REL soit réellement efficace, l’association envisage la réouverture ou la mise en service d’une vingtaine de points d’arrêt en région liégeoise. La gare de Bressoux devrait être réaffectée, celle de Liège-palais modernisée. Chaudfontaine, les Vennes, Jupille, Herstal, Ougrée ou Seraing seraient également desservis.

Pour gérer le réseau, urbAgora prône la création d’une nouvelle structure, une société commune à la SNCB et la SRWT (Société régionale wallonne du transport). Elle estime que, pour que cela fonctionne, la première chose à mettre en place est une tarification intégrée (création de tickets combinés bus-rail).

À l’association, on précise que c’est un « work in progress » et que tout peut encore évoluer. Mais le dossier est désormais sur la table et n’attend que d’être saisi.