Tram : Henry les a déçus

BODEUX,PHILIPPE

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Jeudi 17 novembre 2011

Mobilité Urbagora, la CSC, IEW et l’ACTP chez le ministre

Ils sont venus, ils ont été reçus et sont repartis (très) déçus. « A part une vague promesse d’améliorer la consultation, nous n’avons engrangé aucun résultat. Le ministre Philippe Henry est inflexible : nos demandes ne trouvent aucun écho », déclare François Schreuer, responsable de l’association Urbagora qui, avec Inter-environnement Wallonie, l’Association des clients des transports publics ou encore la CSC, revendiquent une amélioration du projet de tram.

Manque de connexion

avec les gares

Les critiques sont connues : le tram élaboré par le cabinet Henry ignore les zones les plus peuplées de l’agglomération liégeoise et préfère rouler, en bout de lignes, dans des no man’s land comme celui situé entre Sclessin et Jemeppe. Par ailleurs, il manque de connexion avec les gares (Herstal par exemple) et laisse sur le côté les quartiers d’Outremeuse, de Bressoux, du Longdoz et des Vennes. Bref, il faudrait, selon ces associations, se concentrer sur un tracé en boucle au centre de Liège avec des antennes vers Sclessin et Herstal, prélude à des extensions du réseau une fois le noyau urbain bien irrigué.

A l’instigation de Véronica Cremasco, députée wallonne Ecolo, le ministre wallon de la Mobilité a reçu les contestataires. « Il nous promet une meilleure concertation et information mais, concernant le tracé, reste coincé dans des contraintes politiques, budgétaires et de calendrier, affirme Dominique Linotte de la CSC. Pour Noé Lecocq (IEW), « il manque toujours les études qui soi-disant préconisent un tracé uniquement en rive gauche. Tout ce que le ministre nous dit pour justifier le projet actuel, c’est qu’il faut profiter de l’enveloppe des 500 millions d’euros. Qu’Ecolo ait dû faire des concessions, ok. Mais qu’il ne dise pas que c’est un bon projet ! ». Référence au communiqué de la locale Ecolo de Liège qui, ce mercredi encore, affirme son soutien au projet du ministre : « le seul axe qui justifie à ce jour le tram est celui de la ligne en fond de vallée sur la rive gauche ».

Selon François Schreuer, le tracé qui sera approuvé ce jeudi au gouvernement condamne le développement de la rive droite. « Non seulement le tram n’y passe pas mais l’option d’une voie par Feronstrée et d’une autre par les quais condamne tout développement futur vers Outremeuse. Quant aux lignes de BHNS promises, il n’y a pas le moindre euro pour les réaliser ! » Le ministre a enregistré le désaccord tout en signalant qu’il y aurait encore des espaces de concertation lors de l’étude d’incidences. Et il promet l’engagement d’une personne pour communiquer vers le public. Pas de quoi rassurer les associations qui regrettent « l’imposition d’un projet du haut vers le bas ».

rÉactions

500 millions d’euros valent bien un débat !

A son tour, le MR monte à son tour au créneau pour réclamer une concertation sur le tram, à commencer par un débat au Conseil. « Il subsiste trop d’incertitudes sur des points du tracé. Les choix doivent être clairement objectivés avec plus de transparence sur la faisabilité technique et financière des options proposées. On n’investit pas tous les jours 500 millions d’euros ! Le tram n’est pas un aboutissement mais le point de départ de la refonte de l’ensemble du réseau. Les autorités publiques doivent pouvoir se baser sur le Plan urbain de mobilité dont le Ministre Henry a confisqué les conclusions », déclare le MR qui demande un report de la décision wallonne.