Pour un tram plus urbain

BODEUX,PHILIPPE

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Jeudi 24 mai 2012

Mobilité Urbagora plaide pour l’amélioration du projet

Ce n’est pas demain la veille qu’Urbagora applaudira des deux mains le tram liégeois. À coups d’argumentaires nourris, l’association n’a de cesse d’exiger une amélioration du projet. Et de remettre l’ouvrage sur le métier à la veille de la réunion d’information publique préalable à l’étude d’incidences, ce 29 mai.

Urbagora demande qu’une série de propositions soient prises en compte par l’étude d’incidences. L’extension future du réseau vers la rive droite (Outremeuse), des arrêts supplémentaires dont un au pied de la future passerelle qui mène au parc de la Boverie, une connexion tram-train au nord de la ville (Vivegnis, voire Coronmeuse) et l’étude de variantes du tracé. « Et si le tram passait par le cœur du quartier Saint-Léonard…, lance Urbagora. Et non sur les 2,3 km de quais de bord de Meuse comme prévu dans les plans actuels. »

« Le quartier compte 12.000 habitants, le tracé actuel ne dessert que 1.668 logements (situés à moins de 250 m d’un arrêt). Nous avons élaboré trois tracés alternatifs qui passent par le cœur du quartier dont un ne nécessite pas d’expropriation. Ces tracés desservent jusqu’à 2.550 logements, explique François Schreuer, président d’Urbagora. L’enjeu est d’avoir un tram plus urbain qui aille chercher les gens là où ils habitent plutôt que de leur faire marcher 600 m jusqu’à l’arrêt le plus proche. C’est pareil pour les habitants de Bressoux et Outremeuse : nous demandons que l’étude d’incidences envisage un tracé via la rive droite pour rejoindre le dépôt de Bressoux. »

Particularité des trois tracés alternatifs : ils passent par la place Vivegnis où Urbagora souhaite une connexion avec le train (réouverture de l’arrêt) et le téléphérique qui rejoindrait le plateau de la Citadelle. Le hic ? En se détournant des quais où il peut rouler à vive allure sur un site propre, le tram verrait sa vitesse commerciale chuter. « Tout dépend de ce que l’on veut : un tram qui concurrence le train en évitant les quartiers ou, au contraire, un transport moderne de grande capacité qui véhicule dans de meilleures conditions les usagers actuels des lignes de bus saturées, répond François Schreuer. Pour la vitesse sur de grandes distances, le train de type RER est plus adapté. »

Un des arguments avancés par les auteurs de projet pour ne pas passer dans les quartiers est la présence de rues étroites. « Il suffit de supprimer l’espace dédié aux pylônes et d’attacher les caténaires en façades », réplique Urbagora qui chiffre à 6 m l’assiette du tram contre 6,5 m par la Région. Et encore, si la largeur du tram passe de 2,65 à 2,35 m, l’assiette peut encore être réduite. « Au-delà de ces éléments précis, ce que nous demandons, c’est que les Liégeois soient associés au projet, poursuit Alain Vito, membre d’Urbagora. Or, nous constatons que le site web relatif au projet tram n’a jamais été activé et que la Maison du tram inaugurée ce vendredi risque de n’être ouverte que deux semaines… »

Politique

Double casquette

Président d’Urbagora, François Schreuer est aussi à l’initiative de la coopérative politique Vega qui va déposer une liste pour les communales à Liège. Militant associatif ou politique ? « Les deux », répond-il promettant de se mettre en congé d’Urbagora s’il devait être sur la liste de Vega. À l’entendre, rien n’est fait, ce qui lui permet de jouer sur les deux tableaux. « Vega porte au niveau politique le travail engagé d’Urbagora mais pas seulement ». Le 20 juin, les choses devraient être plus claires avec la désignation des 9 premières places de la liste Vega et des 3 dernières.