Montserrat Caballe en « Casta diva »

FRICHE,MICHELE

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Vendredi 18 juillet 2008

Une mélodie sereine, immatérielle, qui plane, se déploie et s’incurve pour renaître d’elle-même et s’éteindre comme un soupir… Nul ne résiste au poignant et mythique « Casta diva »(chaste déesse), air de la druidesse Norma, mis à toutes les sauces publicitaires. La célébrité de cet air en a presque fait oublier qu’il s’inscrit dans un opéra et que cette invocation de Norma à la lune et à la paix signe le drame de cette Gauloise, amante d’un Romain (l’ennemi) et mère de ses deux fils.

A ce nœud du sacrilège s’ajoute la rivalité amoureuse : Pollione la délaisse pour Adalgisa, autre prêtresse. Tentée par la vengeance, Norma se sacrifie et accompagne Pollione sur le bûcher. C’est dire si la suavité de ce « Casta diva » n’est qu’un épisode dans une trame autrement musclée, violente, où Bellini, en 1831, annonce Verdi et exige une redoutable constitution vocale.

Lorsque Maria Callas inscrit Norma à son répertoire en 1948, un nouveau chapitre s’ouvre dans l’histoire du chant. Elle demeure la référence incontestée, obsédante, jusque dans les années soixante, réussissant la fusion du pur bel canto extatique et virtuose avec la déclamation tragique des héroïnes telles que Médée ou Alceste de Gluck.

Qui, après Callas ? Certains plaideront pour Joan Sutherland ou Renata Scotto et beaucoup se tourneront vers Montserrat Caballe, voix de lumière et de lune, qui osa Norma à Barcelone en 1970 et la gravera dans de nombreux enregistrements sur le vif et en studio. Celui-ci, de 1972, dirigé par Georges Prêtre, est une rareté, sinon un inouï, un live époustouflant de Turin avec l’orchestre et les chœurs de la maison, où Montserrat Caballe retrouve Fiorenza Cossotto en Adalgisa.

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