Moody’s envisage d’abaisser la note de la Belgique

n.c.

Samedi 8 octobre 2011

L’agence d’évaluation financière a annoncé qu’elle envisageait d’abaisser la note attribuée à la dette de long terme de la Belgique, actuellement la deuxième meilleure possible à « Aa1 », citant entre autres les incertitudes entourant le soutien à la banque Dexia.

Cette note a été mise sous surveillance en vue d’un éventuel abaissement, ce qui signifie généralement que Moody’s se donne trois mois pour prendre une décision.

Dans un communiqué, l’agence a invoqué trois raisons : la crise de la dette publique dans la zone euro, les inquiétudes pour la croissance économique, et l’éventualité d’un soutien supplémentaire au système bancaire.

D’après Moody’s, de nouvelles mesures de soutien aux banques belges seront « probablement nécessaires », et l’agence « compte évaluer les coûts potentiels et engagements supplémentaires qui pourraient incomber à l’État pour soutenir le groupe Dexia », victime de la crise de la dette et en voie de démantèlement.

Actionnaire à hauteur de 5,7 % de Dexia, l’État belge privilégierait une nationalisation de Dexia Banque Belgique, selon la presse, même si aucune solution n’a été arrêtée.

Selon le site du quotidien De Standaard, le gouvernement fédéral belge est tombé d’accord vendredi avec les trois régions du pays sur un plan prévoyant la nationalisation de Dexia Banque Belgique.

Cette filiale serait achetée par l’État et resterait sous son contrôle pendant « plusieurs années », indique-t-on également.

L’acquisition pourrait se faire dès ce week-end sous réserve d’un accord avec le gouvernement français, croit savoir le quotidien flamand.

À l’issue d’un conseil des ministres restreint vendredi matin, le ministre belge des Finances, Didier Reynders, avait laissé entendre que l’État belge cherchait à renforcer sa position dans Dexia en Belgique, sans toutefois prononcer le terme de « nationalisation ».

En pleine crise de la dette, la perspective qu’un État comme la Belgique prenne un risque sur une banque à l’agonie n’est pas sans inquiéter. D’autant que c’est la deuxième fois que l’État belge volera au secours de Dexia.

Dexia avait été frappé de plein fouet par la crise financière de 2008. Pour lui éviter la faillite, la Belgique, la France et le Luxembourg l’avaient renflouée à hauteur de 6,4 milliards d’euros et lui avaient apporté des garanties publiques.

Autre argument avancé par l’agence Moody’s : « le manque de confiance des marchés qui continue de peser sur les États de la zone euro à niveau élevé de dette a concrètement accru les coûts de financements et les risques pour ces États et les banques ». La dette publique de la Belgique, proche des 100 % de son PIB, est l’une des plus élevées de la zone euro.

Enfin, « les difficultés auxquelles est confronté le système bancaire de la zone euro, la nécessité d’un rééquilibrage simultané du budget des États européens, combiné à l’affaiblissement des perspectives de croissance économique dans le monde, constituent des risques pour l’évolution de la croissance de la petite et très ouverte économie qu’a la Belgique », a ajouté l’agence.

La Belgique est notée « AA+ » par Standard and Poor’s et Fitch, mais elle fait partie des pays placés dans le collimateur des agences de notation au sein de la zone euro, en raison de l’ampleur de sa dette et de la crise politique qui y sévit depuis près de 500 jours.

(D’après AFP)