Moreau, comme une statuette dorée

MORIAME,BENJAMIN

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Lundi 9 mars 2009

Moustier Festival de cinéma belge

Si le récit d’une chaleureuse soirée passée au 21e festival du cinéma belge de Moustier-sur-Sambre devait débuter dans l’un des dessins d’enfants qui ornaient la salle de projection du centre culturel Gabrielle Bernard, ce serait celui-là, qui surprend un lapin, un écureuil et d’autres animaux de nos forêts sur le chemin d’une séance de films.

« On va voir les frères Dardenne », se réjouissent-ils. Tout y est. Tout ce qui fait Moustier : convivialité, ruralité, célébrités. Les ingrédients étaient au complet, samedi soir, pour l’invitée d’honneur, Yolande Moreau. « Hier encore, je la regardais dans une rediffusion de la cérémonie des Césars. Son expression de surprise était vraiment belle ! », raconte Laurence Grolet, une admiratrice. « Elle est très sympa. Très souriante », commente Michel Barbier, chauffeur bénévole de la triple « césarisée ». « Elle demandait comment était le festival. Elle aime les petits festivals. »

Tandis que les journalistes mettaient le grappin sur l’actrice, la salle se remplissait, on ajoutait des chaises au maximum, on refusait du monde à l’entrée. « Que faites-vous de vos Césars ? », demandait le représentant d’une gazette locale. « Je les mets dans ma grange avec des E.T. et d’autres statuettes bizarres », répond l’actrice et réalisatrice, sourire en coin.

Face au public, en préambule au film qui lui a valu le César 2009 de la meilleure actrice, Séraphine, Yolande Moreau s’est montrée spontanée. « Ça me fait plus chaud qu’à Cannes… J’ai voulu dire Paris », lâche-t-elle en réponse aux applaudissements. Plus d’un tiers du public (sur 250 personnes) avait avoué, dans un sondage à bras levé, venir pour la première fois au festival. L’animateur en déduisait que c’était « l’effet Yolande ». « Faudra agrandir la salle », criait un spectateur.

« Cela me fait vraiment plaisir de voir l’énergie déployée ici pour le cinéma », expliquait- elle, en recevant les fleurs de l’organisation (au propre comme au figuré). « Elle semblait vraiment reconnaissante et touchée », s’émerveillait Martine Hermans, une habituée. « Elle semblait même un peu impressionnée », remarquait Daniel Gaux, sur la chaise d’à côté. Le président du festival, Claude Leclercq, la résumait : « Décontractée, bon enfant… C’est la crème des comédiennes. »