MR : Didier Reynders secoué, mais pas désavoué

COPPI,DAVID

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Mardi 15 septembre 2009

Vives discussions lundi au MR, où des libéraux qui ne passent pas pour des « contestataires », ont parlé d’un « problème d’image » à la présidence du parti. Reste que Didier Reynders, défendu par une large part des responsables présents, se maintient. Le patron du MR a relancé son processus de « refondation » du parti.

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Borsus et Chastel n’épargnent pas Reynders

Partis Vives discussions lundi matin au MR, où Didier Reynders a relancé son processus de « refondation » du parti

Didier Reynders dit que son parti est « en ordre de marche », mais le MR ne connaît pas moins le plus vif débat interne depuis 2004 et son arrivée à la présidence – et pas forcément le débat qu’il apprécie le plus. La Toison d’Or en a été le théâtre lundi matin, lors des réunions « de rentrée » du Mouvement réformateur et de ses composantes, libérale, FDF, et MCC. En « bureau » comme en « conseil », on a beaucoup moins parlé « refondation », comme le souhaiterait Didier Reynders, que « présidence ».

Divers témoins et protagonistes rapportent, notamment, que Willy Borsus, chef de file au parlement wallon, et Olivier Chastel, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères – pas des « contestataires » – ont interpellé directement le patron, faisant état d’un « vrai malaise » au sein du MR, d’un « problème d’image » à la présidence, de la nécessité de « redorer le blason du parti » notamment en vue de la campagne des législatives 2011, et celle des communales 2012. Les deux sont « inquiets ». Quelques autres ont abondé.

Christine Defraigne, elle, a attiré l’attention sur l’avènement du « Parti populaire » de Mischaël Modrikamen (Le Soir de vendredi dernier), qui pourrait tailler des croupières au MR : « Attention… »

Gérard Deprez, muni d’une « motion » de son MCC (dont il est le fondateur) qui demandait à Didier Reynders de repasser par les urnes militantes afin de se faire réinvestir et retrouver par là sa légitimité présidentielle, Gérard Deprez, donc, est reparti de la Toison d’Or avec son texte en poche…

« Ce n’est pas parce que le MCC éternue que tout le MR s’enrhume », a tranché le député Jean-Luc Crucke. « Il y a eu une très large unanimité (à noter : il n’y a pas eu de vote à la fin des réunions) pour travailler au programme du parti et cesser un débat stérile et contre-productif », a renchéri Daniel Bacquelaine, chef de groupe à la Chambre. Alors que Charles et Louis Michel étaient en déplacement : Lubumbashi pour le ministre, Strasbourg pour le député européen.

Conclusion lundi : Didier Reynders reste aux commandes, et il a pu produire seul devant les médias autour de 13 heures en réitérant fermement son message des Estivales : un congrès sur le Manifeste libéral autour du nouvel an, avant un autre, au printemps 2010, statutaire et doctrinal. Pour lancer le processus, lui rencontrera les présidents des sections ce samedi.