Quand Dour rime avec glamour
STIERS,DIDIER
Page 31
Samedi 16 juillet 2011
Musique Au festival, le deuxième jour sert à se reposer du premier
Notez, les premières heures d’une journée de festival se ressemblent toutes : seuls les fans acharnés, les curieux et les plus sages (mais là, ils sont tout de suite moins nombreux), assistent aux premiers concerts. A Dour, ceux-ci sont programmés à 13 h 20. Et pour certains, oui, c’est vraiment tôt !
Les Hoquets et les Bikinians en ont ainsi fait l’expérience. Qu’auront raté les absents ? Ceux qui préfèrent d’abord comater sous tente ? Faire la chasse au Dafalgan ? Les courses au Colruyt ou au Carrefour ? Prendre des douches au car-wash le long de la grand-route ? Eh bien c’est simple : pour les Hoquets, c’est le trio en grande forme, McCloud (le barbu) dans un très joli marcel bleu, des festivaliers qui pogotent gentiment sur « Charleroi », des premiers rangs qui embraient sur les « Chauds boulets », la traditionnelle « Couque de Dinant » et on en passe…
L’après-midi, les chapiteaux procurent un peu d’ombre bienvenue, mais il n’y fait pas plus frais pour autant. Au Marquee, le folk-rock des deux Américains de Two Gallants nous vaut les premiers émois de la journée, sur fond de rage et d’émotions poignantes mélangées. La Petite Maison dans la Prairie accueille, elle, autant la pop folk sophistiquée de Syd Matters qu’une colonie d’égarés venus s’allonger sur les planches de la tente. Notez, la musique que jouent ces anciens vainqueurs du concours CQFD des Inrockuptibles est propice au repos des corps et des âmes. On peut ainsi très bien l’écouter en rêvassant, les yeux dans les yeux avec son partenaire ou en se faisant des bisous…
Vendredi soir, ce peu de douceur dans un monde de brutes risque de vite se transformer en souvenir : le retour des guitares saignantes est annoncé, avec les Anthrax, Madball et autres Neurosis. Sur la grande scène, les revenants de Pulp succéderont aux Ecossais de Mogwai. En espérant un son un peu meilleur que celui offert jeudi au même endroit. On y a vu Cypress Hill et franchement, on n’a pas ressenti grand-chose des vibes espérées de la part des rappeurs californiens. Peut-être étaient-ils trop high ? Tout le contraire de Laurent Garnier, totalement dans son sujet : ces Live Booth Sessions qui ont déjà fait danser jusqu’aux petites heures en mai dernier, lors des Nuits Botanique. Cinq heures de mixe techno, épaulé aux machines et aux claviers par deux complices, aventureux quand il faut et toujours réactif pour épouser au mieux l’état des danseurs : vraiment, Garnier le vaut bien, le détour.
Quant au potin du jour, c’est l’arrivée de Keira Knightley, main dans la main avec James Righton, l’un des chanteurs du groupe anglais Klaxons, programmés à dix heures moins le quart. Dour, c’est parfois ça aussi.
Top
Anika c’est qui ? Fin 2010, la demoiselle a sorti un album (Anika, pour rester simple) produit par
Fin 2010, la demoiselle a sorti un album (Anika, pour rester simple) produit par Geoff Barrow de Portishead. Par sa voix blanche, elle fait immanquablement penser à Nico. La demoiselle s’appelle Anika Henderson, vient de Cardiff au Pays de Galles mais a vu le jour en Allemagne. D’où peut-être cette petite pointe d’accent qui souligne la ressemblance avec celle qui accompagnait le Velvet. Sur disque comme sur scène, Anika reprend notamment “ Masters of war “, un classique folk signé Bob Dylan. Le genre de démarche à laquelle l’ont – peut-être – conduite des études de journalisme et un intérêt marqué pour l’écriture de poèmes… En live, où elle impose une vraie présence et ne se sépare jamais longtemps de son petit calepin, sa poésie est chantée/dite sur fond de claviers, basse, batterie et électro.
Flop
Pas de photo, merci ! Rude métier que celui de photographe rock. Déjà que leur couloir réservé entre
Rude métier que celui de photographe rock. Déjà que leur couloir réservé entre la scène et les premiers rangs du public (le frontstage) peut être le terrain de bousculades diverses quand on se dispute un bon angle de vue… Mais il arrive aussi que les artistes eux-mêmes les empêchent de pratiquer leur belle profession. Ici à Dour, ils savent au préalable pendant combien de chansons ils peuvent shooter (en général, les trois premières), s’ils peuvent travailler au flash (en général, c’est niet !) et, le cas échéant, qui n’a pas l’intention de se laisser tirer le portrait pendant sa prestation. Cette année, Vitalic et Pulp ont ainsi dit non. Pour le premier, ce n’est pas trop grave ; on a connu plus visuel. Pour les seconds, on aurait aimé célébrer leur résurrection par un beau cliché. Ben tant pis, les gars, on illustrera avec de vieilles photos d’archives !
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