Groupe d’amis dans la nature : suivez le guide !

STIERS,DIDIER

Page 2

Mercredi 30 avril 2014

Aller d’Arcachon au Lubéron quand on décide de changer de vie, ce n’est pas vraiment fondateur », ironise Eric Lavaine, le réalisateur de Barbecue.

Trouver refuge dans les Cévennes, par contre… Il y a tourné la séquence des vacances, là où il allait passer les siennes étant gamin et où ses parents ont fini par acheter une petite maison. « Mon père est mort il y a deux ans. Il aurait adoré savoir qu’on a tourné là-bas. En plus, ça m’a fait super plaisir de faire connaître à mon équipe et aux comédiens ce coin (NDLR : Le Vigan) où on se rend quand même rarement. Le cirque de Navacelles est un des plus beaux endroits de France, classé au patrimoine de l’Unesco, mais il n’est pas connu. Nous sommes un pays extraordinaire : c’est le Grand Canyon, là-bas, sauf que c’est en France et que personne n’y va ! »

Dans les dossiers de presse des comédies françaises habituellement remis aux journalistes, les références sont toujours citées et parfois bien détaillées. En gros : Sautet, Yves Robert et la comédie italienne. Si Lavaine s’est abstenu de faire pareil, pas question de les taire pour autant. « Un film comme Mes meilleurs copains est pour moi une sorte de chef-d’œuvre absolu. Je m’aperçois aussi que ceux que j’aime sont ceux que je montre à mes enfants. Un film comme Je vais craquer, avec Clavier quand il était drôle… »

S’il fallait trouver une morale à Barbecue, on pourrait dire ceci : la vie est compliquée parce qu’on est obligé de composer tout le temps. S’il adore les films d’Yves Robert, comme Nous irons tous au paradis ou Un éléphant, ça trompe énormément, il sait exactement pourquoi. « Ce sont à la fois des comédies, et en même temps, ça dit des choses. J’essaie de retrouver ça même dans les trucs débiles que j’ai pu faire, une série comme H par exemple. Bon, là, il faut aller les chercher, mais si en plus de rire, les gens sont touchés par certains thèmes… »

Dans Barbecue, quelques-uns de ces thèmes s’imposent d’emblée. D’autres un peu moins, mais n’empêche. « On ne se rend pas compte de la violence qu’il peut y avoir dans ces groupes d’amis, s’emballe-t-il. Regardez bien : on a souvent la femme d’un copain, ou le copain d’une de nos amies dont on ne sait même pas ce qu’elle ou il fait dans la vie alors qu’on se fréquente depuis 15 ans. C’est absolument immonde ! »

« Les groupes, c’est comme une famille, une fratrie : certains sont mis sur la touche, certains ne se sentent pas aimés. Quand vous avez un couple qui divorce, vous continuez à voir qui ? C’est d’une violence sans nom, si vous choisissez ! Et souvent d’ailleurs, c’est l’un des deux qui vous l’impose. » Pour un peu, on en oublierait qu’une histoire d’amitié, c’est comme une histoire d’amour : « Il faut aussi l’entretenir. »