Norah aime Ward

n.c.

Dimanche 19 août 2007

Miss Jones était en concert à Forest National samedi. Elle a offert au public, sobrement, avec intelligence, charme et délicatesse, un bel instant tout en grâce et en douceur. Le compte-rendu de Thierry Coljon.

Au mois d’août, la musique s’entend davantage sur les plaines des festivals que dans l’enceinte de Forest-National. Ne se voyant guère fouler la scène du Pukkelpop, Norah Jones avait donc convié son gentil public, samedi, à Forest-National, qu’elle remplit en configuration entièrement assise.

C’est la deuxième fois qu’elle occupe la salle bruxelloise mais la première qu’elle s’y produit en compagnie de M. Ward. On attendait le fabuleux songwriter américain en première partie mais c’est flanqué de la belle Norah que Matt s’avance sur scène, à 20 heures tapantes. Ils vont chanter quatre chansons, dont le « Blue bayou « de Roy Orbison et « Permanently lonely « de Willie Nelson. Cette ouverture très country nous ramène au duo June Carter et Johnny Cash. Et on ne sera pas au bout de nos surprises quand, une fois seul, M. Ward donnera la version la plus personnelle possible du « Let’s dance « de Bowie. On ne regrette qu’une chose : que cela n’ait pas duré plus longtemps. A 20h30, tout était déjà fini.

Très ponctuelle, Norah revient transformée à 21 heures. Troquant son éternel jeans contre une belle robe estivale, et son piano contre une guitare électrique, elle attaque par une très belle version de « Come away with me ». Le décor offre des teintes aussi chaudes que la voix de velours de la chanteuse new-yorkaise.

Très détendue, souriante, parlant deux mots de français, Norah n’a plus rien à voir avec la timide pianiste refermée sur elle-même. Et du coup, on l’attend avec impatience dans le film de Chinois Wong Kar-wai, My Blueberry Nights, dont la sortie est prévue pour l’automne.

Chanteuse country avouée et affirmée, elle s’impose en maîtresse femme entourée d’un Handsome Band en adoration devant elle. Norah, consciente peut-être que la taille de la salle n’est pas ce qu’on fait de mieux pour rendre sa musique douce et calme, chaude et intimiste, ne cesse d’alterner à la fois les couleurs et les rythmes, les genres et les ambiances. Elle passe du piano à l’orgue, du solo au duo avec sa choriste multi-instrumentiste Daru Oda ou son guitariste Adam Levy. Elle empoigne plus que jamais guitare acoustique et électrique. Elle n’oublie jamais de glisser une petite reprise. Que ce soit le « Hand on the wheel « de Willie Nelson, « My first lover « de Gillian Welch, en compagnie de M. Ward qui la rejoint pour les trois derniers titres du set, ou son préféré « My long way home « de Tom Waits, avec lequel elle termine le rappel ouvert par « Don’t know why ».

A 22h30, les lumières se rallument. L’enfant sage et douée de la musique populaire a offert au public, sobrement, avec intelligence, charme et délicatesse, un bel instant tout en grâce et en douceur. THIERRY COLJON