Nos choix à l'écran
BROQUET,JULIEN; MANCHE,PHILIPPE; BRADFER,FABIENNE; COLJON,THIERRY; STIERS,DIDIER; CROUSSE,NICOLAS
Page 9
Mercredi 15 février 2006
De Karyn Kusama, avec Charlize Theron, Marton Csokas, 93 mn.
Sur la Terre du XXV
D'Espen Sandberg et Joaquim Roenning, avec Salma Hayek, Penelope Cruz, 95 mn.
N'attendez pas trop de ce western juste pour rire, produit par Luc Besson et joué par deux copines qui se sont bien amusées sur le tournage. Les aventures de ces Robin(e)s des Bois divertissent, malgré les clichés, mais sans plus.
in the room
D'Alex Gibney, 110 mn.
Aussi instructif que piquant, ce documentaire qui permet de tout comprendre de l'un des plus gros scandales financiers de ces dernières années. La technique apparaît au grand jour, mais aussi la personnalité peu ragoûtante de ses principaux protagonistes.
De et avec George Clooney, avec David Strathairn, Ray Wise, Jeff Daniels, Robert Downey Jr., Patricia Clarkson, 93 mn.
Après un premier essai convaincant (Confessions d'un homme dangereux), George Clooney persiste et signe derrière la caméra avec un tout bon film noir, qui sent le tabac, le scotch et le jazz. Derrière le portrait d'Ed Murrow, le présentateur télé qui fit tomber le sénateur Joseph McCarthy, c'est toute une conception du journalisme d'investigation qui est à l'honneur. Ce film d'époque (années 50) est paradoxalement d'une actualité brûlante. Il vise à la fois les démissions des médias actuels et les nouvelles chasses aux sorcières de l'administration Bush.
De Nanouk Léopold, avec Johanna ter Steege, Frank Vercruyssen, 84 mn.
Suite au suicide d'une collègue, Anna s'interroge sur ce qu'elle représente pour les autres. Qui sont-ils, d'ailleurs, derrière les apparences ? L'image en dit plus que les mots, dans ce voyage lent et solitaire.
De Benito Zambrano, avec Alberto Joel Garcia Osorio, Roberto Sanmartin, 110 mn.
A l'inverse de Wim Wenders et de son Buena Vista Social Club, Benito Zambrano suit deux jeunes musiciens havanais débrouillards comme pas deux, avant la rencontre avec deux producteurs. Humain.
De Raffy Shart, avec Michaël Youn, Thierry Lhermitte, 90 mn.
On n'a pas vu le film, mais on sait que Michaël Youn a suivi des cours de danse, de mime, et s'est arrondi de 18 kilos pour la cause. Ce qui ne l'empêche pas de gesticuler pendant une heure et demie : son corps n'en fait plus qu'à sa tête.
De Sam Mendes, avec Jake Gyllenhaal, Peter Sarsgaard, Jamie Foxx, 123 mn.
Adaptation de la biographie d'un Marine pendant la première guerre du Golfe. L'auteur d'American beauty dénonce l'absurdité de la guerre - alors que les Etats-Unis s'enlisent en Irak, le propos reste d'une profonde pertinence. Avec le désert comme décor naturel. Et, côté acteurs, Gyllenhaal, Sarsgaard et Foxx qui méritent une médaille !
De Kim Ki-duk, avec Han Yeo-reum, Jeon Sing-hwan, 90 mn.
Entre la nymphette séquestrée sur un vieux bateau et son geôlier caractériel... et protecteur, c 'est l'amour vache : la belle est malheureuse, mais la bête aussi. Sur le thème du syndrome de Stockholm, on a connu nettement mieux .
De Tsai Ming-liang, avec Lee Kang-sheng, Chen Shiang-chyi, Lu Yi-ching, 115 mn.
Ce film est un ovni. A la fois une réflexion dépressive sur la solitude, une comédie musicale kitsch et joyeuse. Mais aussi un film pornographique, sur un tournage décidément très hard. Bref, un cocktail explosif, à ne pas mettre entre toutes les mains. Mais à recommander chaudement aux cinéphiles en mal de sensations nouvelles.
De Xavier Beauvois, avec Nathalie Baye, Jalil Lespert, Roschdy Zem, Jacques Perrin, Xavier Beauvois, 110 mn.
Plongée dans le quotidien d'un commissariat. Caroline Vaudieu, de retour après avoir vaincu l'alcoolisme, prend sous son aile Antoine, jeune flic enthousiaste et ambitieux. Un polar criant de vérité, qui marque les retrouvailles entre le réalisateur et l'éternelle Nathalie Baye.
amis pour la vie
De Patrice Leconte, 97 mn.
Ces retrouvailles avec la fine fleur du Splendid réjouiront les fans de la cultissime saga. Eh bien non ! Popeye et compagnie n'ont pas changé. Ce sont les mêmes. En pire...
de Melquiades Estrada
De et avec Tommy Lee Jones, avec Barry Pepper, Julio Cesar Cedillo, 121 mn.
Pour ses premiers pas derrière la caméra, Tommy Lee Jones ne fait pas les choses à moitié. Il nous offre un formidable duel au soleil qui tient à la fois du western traditionnel et du pamphlet politique. Pour avoir tué un clandestin mexicain qui évoluait du mauvais côté de la frontière, un homme (Barry Pepper, retenez ce nom...) va devoir payer. Et la vengeance est ici un plat qui se mange froid.
De Richard Shepard, avec Pierce Brosnan, Greg Kinnear, 100 mn.
Amusante comédie noire autour d'un tueur à gages en pleine crise existentielle, joliment interprété par l'ex- 007 Pierce Brosnan, qui forme un épatant duo avec Greg Kinnear.
and everyone we know
De Miranda July, avec Miranda July, John Hawkes, Miles Thompson, 90 mn.
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Miranda July, artiste activiste abonnée aux performances contemporaines, filme avec une folle originalité ce chassé-croisé d'adultes maladroits et d'enfants exilés sur le Net. S'il y est beaucoup question de sexe, de fantasmes et de solitude, cette noirceur est emballée dans du papier rose, et le film est, à l'arrivée, souvent ludique, toujours poétique. Cette première oeuvre a reçu la Caméra d'or au dernier Festival de Cannes.
De Stephen Frears, avec Judi Dench, Bob Hoskins, 105 mn.
Riche et veuve, Laura Henderson s'achète un théâtre et séduit le public londonien en plein Blitz... Avec cette évocation historique, Frears signe un film joyeux, dopé par un tandem d'acteurs en pleine forme.
De Steven Spielberg, avec Eric Bana, Marie-Josée Croze, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, 163 mn.
Pour son troisième rendez-vous avec l'Histoire (après La liste de Schindler en 1993 et Il faut sauver le soldat Ryan en 1999), Spielberg se penche sur la prise d'otage sanglante de Munich, lors des Jeux olympiques de 1972, et sur la spirale de la violence israélo-palestinienne. Le film fonctionne très bien comme suspense, digne des meilleurs policiers des années 70. Mais ne convainc qu'à moitié quant à ses intentions politiques. Certes, elles sont non manichéennes. Mais elles relèvent d'un pacifisme très hollywoodien, ce qui, vu le contexte sensible, est un tout petit peu court.
D'Antonio Mercero, avec Juan Jose Ballesta, Luis Angel Priega, 101 mn
A partir d'un sujet grave (dans un hôpital, la vie de tous les jours d'ados souffrant de cancers), le réalisateur espagnol tire un film quasi documentaire, où les sourires et l'espoir finissent toujours par reprendre le dessus.
de mes deux yeux
D'Avi Mograbi, 104 mn.
Originaire de Tel-Aviv, Avi Mograbi s'interroge sur le conflit israélo-palestinien en confrontant son pays à deux de ses mythes fondateurs : Samson et Massada. Un film d'une intelligence rare, tourné par un pacifiste qui croit encore et toujours en la force du dialogue. Grand et important.
De David LaChapelle, avec Lil' C, Tight Eyez, Miss Prissy, 84 mn.
Le photographe des stars s'est intéressé à un art de rue, en plein boom depuis deux ou trois ans. Le krumping se danse dans les ghettos de Los Angeles, autant pour oublier la misère que pour échapper aux gangs. Une ode positive, aux images impressionnantes.
De Fernando Meirelles, avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz, 126 mn.
Après avoir signé avec La cité de Dieu un film fort sur l'enfance sauvage et les gosses de rue du Brésil, voici Fernando Meirelles qui adapte un roman du maître de l'espionnage, John Le Carré. Cela nous vaut un grand film à la fois classique et militant, une love-story post-mortem sur fond de dépucelage aux dures réalités de l'Afrique. Le continent noir pillé par le cynisme de l'industrie pharmaceutique, tel est le propos de ce film très politique. Face à un Ralph Fiennes touchant en diplomate coincé, Rachel Weisz est une tornade de vitalisme et de charisme.
De Harold Ramis, avec John Cusak, Billy Bob Thornton, Connie Nielsen, 88 mn.
Tout débute comme un bon vieux polar, mais le réalisateur parvient à déjouer le piège des poncifs du genre pour nous offrir, à certains moments, un festival de clichés... qui restent ici savoureux.
De Laurence Dunmore, avec John Malkovich, Johnny Depp, Samantha Morton, 115 mn.
Les libertins sont de retour. Avant de découvrir la version cabotine du Casanova de Lasse Hallström, voici l'approche tragique et un chouïa anarchiste de Laurence Dunmore. Le film, éclairé à la bougie et à la brume, n'évite pas quelques stéréotypes propres à une théâtralisation parfois excessive. Mais il est habité par un vrai point de vue, souvent émouvant, ainsi que par un tout bon casting (Johnny Depp et, en guise de révélation, Samantha Morton).
(An unfinished life)
De Lasse Hallström, avec Robert Redford, Jennifer Lopez, Morgan Freeman, 101 mn.
Cinématographiquement correct, avec de superbes paysages du Wyoming et des acteurs de luxe. Mais scénario très conventionnel. Celui d'un homme qui n'a jamais accepté la mort de son fils et qui en tient sa belle-fille pour responsable. Pour les nostalgiques de l'Ouest sauvage, et ceux qui croient en la force de l'enfance.
De Laurent Cantet, avec Charlotte Rampling, Karen Young, Louise Portal, Menothy Cesar, 105 mn.
Avec ce film sur le tourisme pas tant sexuel qu'amoureux, Laurent Cantet signe un passionnant portrait groupé de femmes. Trois Nord-Américaines affectivement paumées s'en vont tenter de combler leur misère au soleil d'Haïti. Elles y louent les corps et la tendresse de jeunes Noirs. Derrière cette carte postale inédite, qui n'évoque ni le paradis perdu, ni les escapades sordides à la Houellebecq, une analyse sensible, emmenée par deux comédiennes en toute grande forme, Charlotte Rampling et Karen Young.
De Ramon Salazar, avec Monica Cervera, Pablo Puyol, Rossy De Palma, 112 mn.
Comment allier comédie musicale, humour trash, kitsch et film de genre ? En contant, un peu façon Almodovar, les aventures de Marietta, transsexuelle et prostituée, pressée de voir disparaître les 20 centimètres qui l'empêchent de se sentir totalement femme.
De Sabina Guzzanti, avec, entre autres, Silvio Berlusconi, 80 mn.
Nous avons eu, avec Michael Moore et Fahrenheit 9/11, la version américaine du documentaire subversif. En voici sa version italienne. Dans la ligne de mire de cette satiriste enragée, Silvio Berlusconi remplace G. W. Bush. Le film dénonce le recul de la liberté d'expression en Italie, tout en ciblant, derrière la volonté de contrôle et de censure du Cavaliere, la résignation d'une majorité de la presse et des intellectuels.
De James Mangold, avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, 137 mn.
Mangold a décidé de s'arrêter sur les années noires de Cash. Sur sa destinée : le réalisateur retient surtout sa capacité à faire figure d'exemple. On est conquis par la puissance émotionelle du récit.
D'Atom Egoyan, avec Colin Firth, Kevin Bacon, Alison Lohman, 117 mn.
Polar nerveux, passionnant, swinguant de l'intérieur, porté par un duo d'acteurs épatants. En racontant l'histoire d'un duo de comiques américains des années 50, Atom Egoyan s'amuse au jeu des vérités et mensonges sur fond d'usine à rêves hollywoodienne. C'est brillant. Et ça tombe à pic dans une société où tant de gens ne sont pas vraiment ce qu'ils ont l'air d'être.
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