Nos choix à l'écran
STIERS,DIDIER; COLJON,THIERRY; BRADFER,FABIENNE; BROQUET,JULIEN; CROUSSE,NICOLAS
Page 9
Mercredi 22 février 2006
D'Espen Sandberg et Joaquim Roenning, avec Salma Hayek, Penelope Cruz, 95 mn.
N'attendez pas trop de ce western juste pour rire, produit par Luc Besson et joué par deux copines qui se sont bien amusées sur le tournage. Les aventures de ces Robin(e)s des Bois divertissent, malgré les clichés, mais sans plus.
the smartest guy
in the room
D'Alex Gibney, 110 mn.
Aussi instructif que piquant, ce documentaire qui permet de tout comprendre sur les tenants et aboutissants de l'un des plus gros scandales financiers de ces dernières années. La technique apparaît au grand jour, mais aussi la personnalité peu ragoûtante de ses principaux protagonistes.
(Braqueurs amateurs)
De Dean Parisot, avec Jim Carrey, Téa Leoni, Angie Harmon, 90 mn.
Ceci est un remake de Touche pas à mon gazon, de Ted Kotcheff, réalisé en 1977. Titre français : Braqueurs amateurs. Tout un programme, suite à un scandale du genre de l'affaire Enron.
De Sophie Fillières, avec Emmanuelle Devos, Lambert Wilson, Bruno Todeschini, Michael Lonsdale, Bulle Ogier, 102 mn.
Cette comédie étrange et souvent absurde de Sophie Fillières ne manque pas de charme. Un charme qui tient en un comique de situations et de dialogues biscornus. Tout cela est original, mais un peu trop systématique, et non dénué de vraies longueurs.
De et avec George Clooney, avec David Strathairn, Ray Wise, Jeff Daniels, Robert Downey Jr., Patricia Clarkson, 93 mn.
Après un premier essai convaincant (Confessions d'un homme dangereux), George Clooney persiste et signe derrière la caméra avec un tout bon film noir, qui sent le tabac, le scotch et le jazz. Derrière le portrait d'Ed Murrow, le présentateur télé qui fit tomber le sénateur Joseph McCarthy, c'est toute une conception du journalisme d'investigation qui est à l'honneur. Ce film d'époque (années 50) est paradoxalement d'une actualité brûlante. Il vise à la fois les démissions des médias actuels et les nouvelles chasses aux sorcières de l'administration Bush.
De Benito Zambrano, avec Alberto Joel Garcia Osorio, Roberto Sanmartin, 110 mn.
Zambrano suit deux jeunes musiciens havanais débrouillards comme pas deux, avant la rencontre avec deux producteurs. Humain.
De Raffy Shart, avec Michaël Youn, Thierry Lhermitte, 90 mn.
Michaël Youn a suivi des cours de danse, de mime, et s'est arrondi de 18 kilos pour la cause. Ce qui ne l'empêche pas de gesticuler pendant une heure et demie : son corps n'en fait plus qu'à sa tête.
De Sam Mendes, avec Jake Gyllenhaal, Peter Sarsgaard, Jamie Foxx, 123 mn.
Adaptation de la bio choc d'un Marine pendant la première guerre du Golfe. L'auteur d'American beauty dénonce l'absurdité de la guerre - alors que les Etats-Unis s'enlisent en Irak, le propos reste d'une profonde pertinence. Avec le désert comme décor naturel. Et, côté acteurs, Gyllenhaal, Sarsgaard et Foxx qui méritent une médaille !
(La vallée des Loups)
De Serdar Akar, 125 mn.
Le 4 juin 2003, les troupes américaines arrivent au quartier non officiel d'une force spéciale turque et s'imposent comme la seule force de la région. Ce, aux yeux de la population. Déshonoré par cette reddition, un homme se suicide.
De Kim Ki-duk, avec Han Yeo-reum, Jeon Sing-hwan, 90 mn.
Entre la nymphette séquestrée sur un vieux bateau et son geôlier caractériel... et protecteur, c 'est l'amour vache : la belle est malheureuse, mais la bête aussi. Sur le thème du syndrome de Stockholm, franchement, on a connu mieux .
De Tsai Ming-liang, avec Lee Kang-sheng, Chen Shiang-chyi, Lu Yi-ching, 115 mn.
Ce film est un ovni. A la fois une réflexion dépressive sur la solitude, une comédie musicale kitsch et joyeuse. Mais aussi un film pornographique, sur un tournage décidément très hard. Bref, un cocktail explosif, à ne pas mettre entre toutes les mains. Mais à recommander chaudement aux cinéphiles en mal de sensations nouvelles.
amis pour la vie
De Patrice Leconte, 97 mn.
Ces retrouvailles réjouiront les fans de la cultissime saga. Eh bien non ! Popeye et Cie n'ont pas changé. Ce sont les mêmes. En pire...
De Richard Shepard, avec Pierce Brosnan, Greg Kinnear, 100 mn.
Amusante comédie noire autour d'un tueur à gages en pleine crise existentielle, joliment interprété par Pierce Brosnan, qui forme un épatant duo avec Greg Kinnear.
and everyone we know
De Miranda July, avec Miranda July, John Hawkes, Miles Thompson, 90 mn.
Pour un coup d'essai, c'est un coup de maître. Miranda July, artiste activiste abonnée aux performances contemporaines, filme avec une folle originalité ce chassé-croisé d'adultes maladroits et d'enfants exilés sur le Net. S'il y est beaucoup question de sexe, de fantasmes et de solitude, cette noirceur est emballée dans du papier rose, et le film est, à l'arrivée, souvent ludique, toujours poétique. Caméra d'or au dernier Festival de Cannes.
De Stephen Frears, avec Judi Dench, Bob Hoskins, 105 mn.
Riche et veuve, Laura Henderson s'achète un théâtre et séduit le public londonien en plein Blitz... Avec cette évocation historique, Frears signe un film joyeux, dopé par un tandem d'acteurs en pleine forme.
De Steven Spielberg, avec Eric Bana, Marie-Josée Croze, Daniel Craig, Geoffrey Rush, Mathieu Kassovitz, 163 mn.
Spielberg se penche sur la prise d'otage sanglante de Munich, lors des J.O. de 1972, et sur la spirale de la violence israélo-palestinienne. Le film fonctionne très bien comme suspense, digne des meilleurs policiers des années 70. Mais ne convainc qu'à moitié quant à ses intentions politiques. Certes, elles sont non manichéennes. Mais elles relèvent d'un pacifisme très hollywoodien, ce qui, vu le contexte sensible, est un tout petit peu court.
De Kirk Jones, avec Emma Thompson, Colin Firth, 97 mn.
Monsieur Brown (Colin Firth) se retrouve seul avec ses sept enfants, et ils vont lui mener la vie dure ! Aux nounous qui défilent aussi, d'ailleurs. Jusqu'au jour où arrive Nanny McPhee (Emma Thompson)... Bien équilibré entre émotion et comédie, ce film enchantera surtout les jeunes enfants.
D'Antonio Mercero, avec Juan Jose Ballesta, Luis Angel Priega, 101 mn
A partir d'un sujet grave (dans un hôpital, la vie de tous les jours d'ados souffrant de cancers), le réalisateur espagnol tire un film quasi documentaire, où les sourires et l'espoir finissent toujours par reprendre le dessus.
De David LaChapelle, 84 mn.
Le photographe des stars s'est intéressé à un art de rue, en plein boom depuis deux ou trois ans. Le krumping se danse dans les ghettos de Los Angeles, autant pour oublier la misère que pour échapper aux gangs. Une ode positive, aux images impressionnantes.
De Kim Chapiron, avec Vincent Cassel, Roxane Mesquida, Nico Le Phat Tan, 95 mn.
Une bande de copains des villes en virée dans les champs, ça finit forcément en film trashy-comique, nonobstant le soupçon d'horreur. Cette histoire est marrante pendant un moment, tourne parfois en rond au milieu et est un peu creuse au final.
De Fernando Meirelles, avec Ralph Fiennes, Rachel Weisz, 126 mn.
Après avoir signé avec La cité de Dieu un film fort sur l'enfance sauvage et les gosses de rue du Brésil, voici Fernando Meirelles qui adapte un roman du maître de l'espionnage, John Le Carré. Cela nous vaut un grand film à la fois classique et militant, une love-story post-mortem sur fond de dépucelage aux dures réalités de l'Afrique. Le continent noir pillé par le cynisme de l'industrie pharmaceutique, tel est le propos de ce film très politique. Face à un Ralph Fiennes touchant en diplomate coincé, Rachel Weisz est une tornade de vitalisme et de charisme.
De Hou Hsiao-hsien, avec Shu Qi et Chang Chen, 120 mn.
Trois époques, trois histoires, et un même couple de comédiens pour une triple réincarnation d'un amour infini. Noblesse du regard du maître taïwanais. Raffinement de sa mise en scène. Hou Hsiao-hsien envoûte.
De Marc Esposito, avec Marc Lavoine, Zoé Félix, 103 mn.
Franck est tombé amoureux de Tina, mais on ne peut pas dire qu'elle le lui rende bien. Veuve depuis peu, la jeune maman est en pleine dépression. Après Le coeur des hommes, Marc Esposito retrouve Marc Lavoine, Zoé Félix et Jean-Pierre Darroussin, dans une histoire d'amour pleine de bons sentiments en forme de carte postale indonésienne. Gentil.
De Laurent Cantet, avec Charlotte Rampling, Karen Young, Louise Portal, Menothy Cesar, 105 mn.
Avec ce film sur le tourisme pas tant sexuel qu'amoureux, Laurent Cantet signe un passionnant portrait groupé de femmes. Trois Nord-Américaines affectivement paumées s'en vont tenter de combler leur misère au soleil d'Haïti. Elles y louent les corps et la tendresse de jeunes Noirs. Derrière cette carte postale inédite, qui n'évoque ni le paradis perdu, ni les escapades sordides à la Houellebecq, une analyse sensible, emmenée par deux comédiennes en toute grande forme, Charlotte Rampling et Karen Young.
De Sabina Guzzanti, avec, entre autres, Silvio Berlusconi, 80 mn.
Nous avons eu, avec Michael Moore et Fahrenheit 9/11, la version américaine du documentaire subversif. En voici sa version italienne. Dans la ligne de mire de cette satiriste enragée, Silvio Berlusconi remplace G. W. Bush. Le film dénonce le recul de la liberté d'expression en Italie, tout en ciblant, derrière la volonté de contrôle et de censure du Cavaliere, la résignation d'une majorité de la presse et des intellectuels.
De James Mangold, avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, 137 mn.
James Mangold a décidé de s'arrêter sur les années noires du chanteur américain Johnny Cash, incarné par Joaquin Phoenix. Sur sa destinée : le réalisateur retient surtout sa capacité à faire figure d'exemple. On est conquis par la puissance émotionelle du récit.
D'Atom Egoyan, avec Colin Firth, Kevin Bacon, Alison Lohman, 117 mn.
Polar nerveux, passionnant, swinguant de l'intérieur, porté par un duo d'acteurs épatants. En racontant l'histoire d'un célèbre duo de comiques américains des années 50, Atom Egoyan s'amuse au jeu des vérités et mensonges sur fond d'usine à rêves hollywoodienne. C'est brillant. Et ça tombe à pic dans une société où tant de gens ne sont pas vraiment ce qu'ils ont l'air d'être.
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