Nos choix à l'écran

STIERS,DIDIER; VANTROYEN,JEAN-CLAUDE; MANCHE,PHILIPPE; BRADFER,FABIENNE; BROQUET,JULIEN; CROUSSE,NICOLAS

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Mercredi 25 octobre 2006

Adam's apples

D'Anders Thomas Jensen, avec Mads Mikkelsen, Ulrich Thomsen, 93 mn.

Fable faussement naïve et drôlement grinçante que cette histoire de néo-nazi confié aux bons soins d'un pasteur, à sa sortie de prison. Le saint homme entreprend de remettre la brebis égarée dans le droit chemin. Mais quand le Diable s'en mêle, les ressources de la foi semblent parfois limitées...

Bled number one

De Rabah Ameur-Zaïmeche, 102 mn.

Une vision fragmentée, poétique et fiévreuse de l'Algérie actuelle. Une oeuvre libre, brute, habitée de plusieurs vies croisées par Kamel de France, de retour forcé au pays d'origine.

Bubble

De Steven Soderbergh, avec Debbie Doebereiner, Dustin Ashley, Misty Wilkins, 73 mn.

Premier film sorti simultanément en salles, en DVD et en vidéo à la demande aux Etats-Unis, le nouveau film de Steven Soderbergh a été tourné avec des amateurs, dans leurs propres maisons. Bubble est cependant une fiction. Une plongée dans le quotidien morose de l'Amérique profonde. Etrange et déconcertant.

Ça rend heureux

De Joachim Lafosse, avec Fabrizio Rongione, 85 mn.

Parler de soi, de l'art, de la création, de ses amours, de Bruxelles, de sa mixité et de ses richesses. S'étant inspiré de sa réalité du moment, le Belge Joachim Lafosse réussit une comédie légère, pertinente, fédératrice et obstinée. Dans la peau du cinéaste au chômage qui décide de faire malgré tout un film fauché et sauvage, Fabrizio Rongione est impayable.

Changement d'adresse

D'Emmanuel Mouret, avec Emmanuel Mouret, Frédérique Bel, Dany Brillant, 85 mn.

Comédie d'auteur légère et pétillante comme une flûte de champagne. Marivaudage candide, où les badineries sur l'amour de quelques destins solitaires à Paris font penser tantôt à Truffaut, tantôt à Rohmer. Confirmation d'un auteur-acteur qui prend les choses à rebrousse-poil, avec humour et subtilité, pour parler de son époque et des sentiments. A découvrir, avec l'épatante Frédérique Bel, la Blonde de Canal +.

Cinéma, aspirines et vautours

De Marcelo Gomes, avec Peter Ketnath, Joao Miguel, 99 mn.

Ce joli road-movie propulse sur les routes et sentiers du Brésil un jeune Allemand, ambassadeur de la santé publique, et une demi-douzaine de têtes locales. A l'arrivée, un havre de paix, en 1942, bien loin des bombes nazies qui frappent l'Europe. Et un film dédié à l'amitié.

Comment j'ai fêté la fin du monde

De Catalin Mitulescu, avec Dorotheea Peter, 106 mn.

Tragi-comédie racontant sans pathos les galères quotidiennes d'un peuple encore sous la coupe du dictateur roumain Ceaucescu. Petite histoire dans l'Histoire, perçue à travers les yeux d'un gamin de 7 ans et de sa soeur de 17 ans. Fable humaine très sympa, primée à Cannes et à Sundance.

Congo river

De Thierry Michel, 120 mn.

Les vues sont majestueuses, l'approche des gens, intime. La fabuleuse odyssée de Thierry Michel, qui a remonté le fleuve Congo jusqu'à sa source pour dérouler l'Histoire d'un pays et mieux comprendre les mystères de l'Afrique, a résisté à la tentation de la fascination. Ce qui en ressort est tour à tour ubuesque, violent, drôle, insoutenable, bouleversant. Et la quête est fondamentalement initiatique.

C.R.A.Z.Y.

De Jean-Marie Vallée, avec Michel Côté, Marc-André Grondin, Danielle Proulx, Emile Vallée, Maxime Tremblay, 125 mn.

Au travers de cette chronique familiale - déjà un phénomène au Canada -, c'est un véritable tableau de la classe moyenne des sixties et des seventies que nous brosse le réalisateur. Avec humour, émotion et sincérité.

Dans Paris

De Christophe Honoré, avec Louis Garrel, Romain Duris, 92 mn.

Histoire fraternelle, filiale, sentimentale. Portrait de deux frères et de leurs aventures de coeur dans Paris, avec en filigrane, l'histoire d'une famille. C'est fait avec subtilité et grâce. L'auteur s'amuse avec les mots, les personnages, les situations. Cela en fait un des meilleurs films d'auteur français depuis longtemps.

Esquisses de Frank Gehry

De Sidney Pollack, 83 mn.

Premier documentaire pour le réalisateur d'Out of Africa. Sujet : le portrait du célèbre architecte Frank Gehry. Prenant comme point de départ les esquisses que Gehry réalise pour chacun de ses projets, le film explore le processus de création, passant de l'abstraction à la matière.

Find me guilty

De Sidney Lumet, avec Vin Diesel, Peter Dinklage, 124 mn.

A l'instar de Douze hommes en colère, Lumet signe un très classique, mais tout à fait honnête, huis clos judiciaire. Avec un Vin Diesel qui compose un personnage cabotin et tragicomique à la Raimu qu'on n'est pas près d'oublier.

Franz et le chef d'orchestre

D'Uzi et Lotta Geffenblad, 46 mn.

Tant qu'il n'aura pas perdu ses dents de lait, Franz ne pourra pas jouer dans l'orchestre de son papounet ! Un moyen-métrage d'animation suédois pour enfants à partir de 4 ou 5 ans, à l'ancienne, ludique et coloré, attachant par sa galerie de personnages attendrissants.

Indigènes

De Rachid Bouchareb, avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Sami Bouajila, Roschdy Zem, 128 mn.

Epopée de guerre mettant en scène une poignée de jeunes Nord-Africains enrôlés de force sous le drapeau français pendant la Deuxième Guerre mondiale. Le film est porté par toute la symbolique de son sujet. Comme le fut l'attribution d'une Palme d'interprétation collective à Cannes en mai dernier.

La raison du plus faible

De et avec Lucas Belvaux, avec Eric Caravaca, Natacha Régnier, Patrick Descamps, Claude Semal, 116 mn.

La réalité des petites gens n'ayant même plus de quoi s'acheter une mobylette d'occasion. Pour la bonne cause, ils vont donc aller chercher l'argent là où il est... Entre thriller, comédie et drame, voici un beau film noir, drôle, désespéré, révolté. Le tout plein de chaleur humaine, à l'image de son auteur, le Belge Lucas Belvaux.

La science des rêves

De Michel Gondry, avec Gael Garcia Bernal, Charlotte Gainsbourg, Alain Chabat, 105 mn.

Stéphane est amoureux transi de Stéphanie. Tellement transi qu'il ne parvient à s'exprimer qu'en fuyant dans le monde des rêves. C'est dans cet éloge de la fuite et de l'imaginaire que ce mélo que l'on doit à l'auteur d'Eternal sunshine of spotless mind livre le meilleur de lui-même.

La tourneuse de pages

De Denis Dercourt, avec Déborah François, Catherine Frot, Pascal Greggory, 85 mn.

Même si cette histoire de vengeance sur fond de piano classique s'avère un brin linéaire et prévisible, elle offre une intense confrontation entre deux excellentes actrices : Catherine Frot et Déborah François. A voir ne fût-ce que pour elles.

Le grand silence

De Philip Gröning, 162 mn.

On regarde ce film unique comme on entre en religion. C'est un sacerdoce, une entrée en méditation, un acte de recueillement. Puisqu'il nous introduit dans le quotidien vécu derrière les murs du monastère de la Grande Chartreuse, à Grenoble. C'est austère et magnifique.

Le parfum : histoire d'un meurtrier

De Tom Tykwer, avec Ben Whishaw, 150 mn.

Au grand écran, l'adaptation du best-seller de Patrick Süskind gagne en grand spectacle ce qu'elle perd un peu en humour noir. Le parcours meurtrier de Jean-Baptiste Grenouille dans la France du XVIIIe siècle est emmené par un nouveau venu, l'acteur britannique Ben Whishaw, convaincant dans son rôle très silencieux.

Le pressentiment

De et avec Jean-Pierre Darroussin, 100 mn.

Premier long en réalisation pour l'acteur complice de Guédiguian et Klapisch. Il est à son image : drôle, posé, désintéressé et plein d'humanité. Il raconte l'ordinaire d'un avocat ayant rompu avec la bourgeoisie familiale pour s'installer dans un quartier populaire de Paris.

Les amitiés maléfiques

D'Emmanuel Bourdieu, avec Malik Zidi, Thibault Blancard, Dominique Blanc, Jacques Bonnaffé, Natacha Régnier, 100 mn.

Grand prix de la Semaine de la critique à Cannes. Film-fable mettant en scène un brillant manipulateur qui s'impose en mentor de jeunes étudiants au présent hésitant. Conte initiatique cruel, mettant en lumière de jeunes acteurs prometteurs et traitant intelligemment du passage douloureux de l'adolescence à l'âge adulte.

Les fils de l'homme (Children of men)

D'Alfonso Cuaron, avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine, 110 mn.

Dès les premières minutes, vous voilà pris à la gorge. Attentats terroristes, banlieues en feu, intégrismes religieux, immigrés parqués dans des enclos, SDF squattant les trottoirs... C'est l'anarchie, à Londres, en 2027. Le plus jeune citoyen a 18 ans, et voilà que l'on annonce sa mort. Mais l'espoir existe quelque part... Formidable audace d'Alfonso Cuaron dans ce film d'anticipation millénariste. Sur une bande-son formidable.

Le vent se lève

De Ken Loach, avec Cillian Murphy, 124 mn.

Palme d'or au dernier Festival de Cannes, ce film subtil et poignant revient aux sources de l'indépendance de l'Irlande, en 1920, et aux motivations de la guerre civile qui déchira le pays de l'intérieur. Car si on raconte la vérité sur le passé, on raconte peut-être aussi la vérité sur le présent. Ken Loach, qui évoque par là les racines de l'impérialisme et du fanatisme, nous fait vivre les choses de l'intérieur, en suivant une poignée de jeunes paysans ralliant les insurgés le jour où l'un de leurs amis se fait tuer parce qu'il a refusé de dire son nom en anglais.

L'homme de sa vie

De Zabou Breitman, avec Charles Berling, Bernard Campan, Léa Drucker, 114 mn.

Histoire passionnelle non conventionnelle. Histoire d'identité, de liberté, de questionnement. Champs de fleur, discussions dans l'aube, baignades en rivière, jeu de lettres sur un mur... Le deuxième long de Zabou Breitman, porté par de beaux acteurs, est ample et émouvant, inattendu et audacieux. Beau comme une chorégraphie des sens à vif. Un film organique qui dit joliment la surprise de l'amour.

Lucas, fourmi malgré lui

De John A. Davis, 89 mn.

La théorie de la relativité chère à Einstein tient sa version animée. Si la leçon écologique est écrite à l'avance, il est difficile de ne pas succomber au charme de cette fable que n'aurait pas désavouée un certain La Fontaine.

Marie-Antoinette

De Sofia Coppola, avec Kirsten Dunst, Asia Argento, Marianne Faithfull, 122 mn.

Portrait moins provocateur qu'annoncé d'une pauvre petite fille riche qui se retrouve reine de France, étrangère à la cour de Versailles, femme libérée. Sofia Coppola filme autant les plaisirs des sens, l'ivresse de la fête, un monde hostile et codifié, la solitude dans la soie, le luxe et la volupté.

Monster house

De Gil Kenan, 90 mn.

Ce film d'animation anticipe l'immense phénomène automnal de Halloween. En faisant vivre une maison hantée finalement aussi effrayante et émouvante... que King Kong.

Nanny McPhee

De Kirk Jones, avec Emma Thompson, Colin Firth, 97 mn.

Monsieur Brown (Colin Firth) se retrouve seul avec ses sept enfants, et ils vont lui mener la vie dure ! Aux nounous qui défilent aussi, d'ailleurs. Jusqu'au jour où arrive Nanny McPhee (Emma Thompson)... Bien équilibré entre émotion et comédie, ce film enchantera surtout les jeunes enfants.

Nos voisins, les hommes

De Tim Johnson et Karey Kirpatrick, 85 mn.

Nouvelle production DreamWorks, qui emprunte un peu trop à la concurrence Pixar, ce film d'animation en forme de fable contre la société de surconsommation reste, au final, drôle, virevoltant et diablement rythmé.

Ô Jerusalem

D'Elie Chouraqui, avec J.J. Field, Saïd Taghmaoui, Patrick Bruel, Iam Holm, 128 mn.

Adaptation du best-seller de Lapierre et Collins, édité en 1971. Elie Chouraqui revient aux origines de la création de l'Etat d'Israël à travers une histoire d'amitié et de confrontation entre un Juif et un Arabe. C'est très pédagogique, et cinématographiquement tiède.

Paris, je t'aime

Collectif (Bruno Podalydès, Wes Craven, Sylvain Chomet, Tom Tykwer, Gus van Sant, Gena Rowlands, etc.), 120 mn.

Raconter en cinq minutes l'histoire d'une rencontre amoureuse dans un quartier de Paris : tel est le défi relevé par une vingtaine de cinéastes venus du monde entier. Mosaïque de quartiers, d'ambiances, de cultures, de générations, pour une oeuvre polyphonique inégale.

Pirates des Caraïbes : le secret du coffre maudit

De Gore Verbinski, avec Johnny Depp, Orlando Bloom, Keira Knightley, Bill Nighy, Naomie Harris, 150 mn.

Trois ans après avoir fait exploser le coffre-fort des studios Disney, les pirates sont de retour, emmenés par le facétieux capitaine Jack Sparrow. L'occasion pour Johnny Depp, ici dans un grand film d'aventures et de divertissement, de nous rappeler qu'il est décidément la plus sympathique et la plus imprévisible des stars hollywoodiennes.

Président

De Lionel Delplanque, avec Albert Dupontel, Jérémie Renier, Claude Rich, 97 mn.

Dans la lignée d'Yves Boisset et de Costa-Gavras, Lionel Delplanque se glisse dans les coulisses du pouvoir, avec ce film de politique-fiction soutenu par d'excellents comédiens.

Romance and cigarettes

De John Turturro, avec James Gandolfini, Kate Winslet, Christopher Walken, Susan Sarandon, Steve Buscemi, 109 mn.

Le meilleur ami des frères Coen (Barton Fink) passe derrière la caméra pour faire chanter et danser, dans un opéra ouvrier survolté, James Gandolfini (Les Sopranos), Kate Winslet et Christopher Walken. Au menu de cette comédie musicale, Elvis, Tom Jones, James Brown ou Cindy Lauper.

Quand j'étais chanteur

De Xavier Giannoli, avec Gérard Depardieu, Cécile de France, 112 mn.

Histoire bouleversante de la rencontre improbable entre un chanteur de bals populaires et une jeune femme égarée dans sa vie. Danse pudique et émouvante entre elle et lui. Histoire de distance, de frôlement, de regard, d'humour. Avec un Depardieu retrouvant toute sa grâce. Tout en murmures, en failles, en délicatesse. Et Cécile qui le réveille. Ne ratez pas ce film enchanteur !

Selon Charlie

De Nicole Garcia, avec Benoît Magimel, Vincent Lindon, Jean-Pierre Bacri, Benoît Poelvoorde, 135 mn.

Six hommes, un enfant, deux femmes, saisis à un moment de leur vie. Ce moment où l'on s'interroge sur les ambitions passées, les rêves arrêtés, les fuites quotidiennes. Nicole Garcia met subtilement en scène les moments d'égarement, d'incertitudes de quelques vies singulières. Une manière de nous parler de la bataille chaotique de la vie ordinaire, avec une belle brochette d'acteurs.

Takeshis'

De Takeshi Kitano, 112 mn.

Takeshi Kitano confronte sa vie speedée de célébrité du show-biz à celle de son sosie, acteur timide et inconnu. Il réalise le film et endosse les deux rôles, jouant de la dualité et des névroses comme un fou. C'est tout son cinéma qui déboule, avec son lot de yakusas et de clowns, de violence et de mélancolie. Un chaos trash d'humour et d'états d'âme.

Thank you for smoking

De Jason Reitman, avec Aaron Eckhart, 93 mn.

Contrairement à Michael Mann, dont Révélations était un thriller sérieux à prétention documentaire sur l'industrie du tabac, Jason Reitman a choisi le parti d'en rire, à travers le portrait d'un lobbyiste. Et ça marche. C'est vif, drôle, sarcastique, audacieux, sans être assassin. C'est aussi bien roulé que l'acteur au sourire carnassier Aaron Eckhart.

The cave of the yellow dog (Le chien jaune de Mongolie)

De Byambasuren Daava, 93 mn.

Conte enchanteur. Petit bijou de simplicité à mi-chemin entre fiction et documentaire. Pur moment de poésie drôle, émouvant, énergique, offrant la vie quotidienne d'une famille de nomades dans les vastes paysages de Mongolie.

The Queen

De Stephen Frears, avec Helen Mirren, James Cromwell, 99 mn.

Le réalisateur de Sammy et Rosie s'envoient en l'air chorégraphie le séisme provoqué en Angleterre par la mort de la princesse Diana.

The road to Guantanamo

De Mat Whitecross et Michael Winterbottom, avec Arfan Usman, Farhad Harun, Jacob Gaffney, 95 mn.

Michael Winterbottom revient, en compagnie de Mat Whitecross, au film politique et engagé, avec un réquisitoire sur le système de détention et d'inculpation expéditive de la prison de Guantanamo. Un documentaire de fiction partial et haletant.

The sentinel

De Clark Johnson, avec Michael Douglas, Kiefer Sutherland, Eva Longoria, Kim Basinger, 108 mn.

Il y a un traître dans la sécurité rapprochée du président US. Et le vieux briscard qu'est Michael Douglas est soupçonné. On le poursuit mais, vous avez compris, il va finir par sauver le président himself. Tout est prévisible dans ce film mené par un Michael superlifté. Mais ça fonctionne quand même, le samedi soir : les processus de sécurisation de la Maison Blanche sont fascinants, et Eva Longoria sort avec entrain de son désespoir de femme au foyer.

The wicker man

De Neil LaBute, avec Nicolas Cage, Ellen Burstyn, Kate Beahan, 106 mn.

Nicolas Cage joue un flic parti enquêter sur une disparition au sein d'une communauté matriarcale coupée du monde. Comparé à la version originale (un film d'épouvante anglais des années 70), ce remake est rigolo, mais ce n'est pas fait exprès : situations grotesques, séquences interminables ou répétitives, et on en passe...

Un crime

De Manuel Pradal, avec Emmanuelle Béart, Harvey Keitel, 106 mn.

Histoire d'amour particulière dans un New York sombre et suintant. Pour séduire son voisin de palier, dont la femme a été assassinée, Alice décide de fabriquer un coupable. Ce sera un chauffeur de taxi passant sur son chemin... Corps à coeur brut et animal entre Harvey Keitel et Emmanuelle Béart.

Une vérité qui dérange

De Davis Guggenheim, avec Al Gore, 98 mn.

Il reste à peine dix ans pour éviter une catastrophe planétaire suite au dérèglement majeur du système climatique. Pour faire prendre conscience de l'urgence de réagir, Al Gore a pris son bâton de pèlerin et arpente le monde. Son combat est devenu le sujet du documentaire de Davis Guggenheim, qui tire aussi le portrait de l'homme politique, du père de famille, de l'humain. C'est efficace, intimiste, divertissant, argumenté et, surtout, édifiant.

Vol 93

De Paul Greengrass, 105 mn.

Film choc sobre, respectueux, sans émotion facile, qui raconte en temps réel ce voyage au bout de l'enfer vécu par les passagers du boeing 757 qui s'écrasa en Pennsylvanie le 11 septembre 2001. La force du film est de faire du spectateur un passager parmi les passagers, un otage parmi les otages. Expérience cinématographique bouleversante.

Volver

De Pedro Almodovar, avec Penélope Cruz, Carmen Maura, Lola Dueñas, Blanca Portillo, 121 mn.

Un Almodovar tout en féminité, qui dit le vent et la mort, la folie et l'amour, le feu et la vie, l'imaginaire et le vécu, Madrid et la Mancha. Avec des actrices magnifiques.

Voyage en Arménie

De Robert Guédiguian, avec Ariane Ascaride, Robert Meylan, Simon Abkarian, 103 mn.

Dans le contexte contemporain de mondialisation généralisée, Guédiguian invite à prendre le temps de voir autrement, en plongeant dans le quotidien des Arméniens à travers le regard d'une Occidentale pleine de certitudes. S'y mêlent émotion et discours. Et ça fait du bien.

Wassup rocker

De Larry Clark, avec Jonathan Velasquez, Francisco Pedrasa, Millon Velasquez, 106 mn.

Le réalisateur de Kids, au sommet, signe les tribulations d'un groupe de jeunes Mexicains du ghetto, fans de punk rock et de skate, en balade à Beverly Hills. Un film attachant et très engagé.

World Trade Center

D'Oliver Stone, avec Nicolas Cage, Michael Pena, 130 mn.

Le réalisateur de JFK laisse tomber sa marque de fabrique (la polémique) pour retracer le sauvetage de deux policiers prisonniers des tours du World Trade Center en ce fameux 11 septembre 2001. A voir comme un hommage aux victimes, et non pour avoir un vrai point de vue.