Nos choix Scènes

WYNANTS,JEAN-MARIE; VANTROYEN,JEAN-CLAUDE; ANCION,LAURENT; MERTENS,WENDY; MAKEREEL,CATHERINE

Page 45

Mardi 31 octobre 2006

Behzti (Déshonneur)

Maison Folie, Mons.

Forte du scandale suscité en Angleterre, la pièce de Gurpreet Kaur Bhatti débarque chez nous dans une mise en scène de Virginie Jortay. Histoire de déshonneur d'une jeune femme et de sa mère, sur fond de corruption, viols, drogue et meurtre dans la communauté sikh, cette pièce peu subtile tire son épingle du jeu grâce à quelques comédiens savoureux, dont Benoît Van Dorslaer en directeur de temple redoutable et vicieux.

Bleu, blanc... belge

L'Os à Moelle.

La belgitude en quelques sketches interprétés par André Lamy et Bernard Lefranc.

C'est tout moi

Maison de la culture de Namur.

Attention, elle a tout d'une grande, Virginie Hocq. Cette jeune femme de poigne confirme ici sa souplesse de jeu à travers une galerie de portraits bien observés. De l'humour solo marqué par quelques faiblesses d'écriture, mais livré par une humoriste au sang chaud. Ce n'est qu'un début...

Debout les damnées de la terre

Académie de musique de Bouillon.

Solide vie que celle de Louise Michel, anarchiste, révolutionnaire sociale, membre de l'Internationale. Seule en scène, dans un frac noir sur fond noir, Marie-Claire Clausse raconte ses combats, au fil d'un texte signé par le journaliste Guy-Joseph Feller. Austère, essentiellement littéraire, ce solo vaut surtout pour son fond.

Dis à ma fille que je pars en voyage

Théâtre Jean Vilar, Louvain-la-Neuve.

Un duo plein de tendresse, d'humanité et d'humour, dédié aux femmes dans l'univers impitoyable de la prison. Cette pièce de Denise Chalem a remporté, en 2005, le Molière du meilleur spectacle ainsi que le Molière de la meilleure comédienne pour Christine Murillo. Récompenses bien méritées pour ce portrait sans fard de deux femmes, l'une bourrue et issue d'un milieu populaire, l'autre bourgeoise et précieuse, qui vont doucement tisser une amitié improbable.

D'Orient

De Warande, Turnhout.

Le chorégraphe Thierry Smits réinvente son Orient, avec huit danseurs et une scénographie où le blanc est maître. Rien de kitsch, ni d'exotique, mais la traduction d'une atmosphère, de sensations, d'émotions, à travers une danse influencée par l'Orient mais définitivement contemporaine.

El Don Juan

Wolubilis.

Le metteur en scène colombien Omar Porras s'inspire de la version initiale du Don Juan de Tirso de Molina - celle-là même qui a inspiré Molière - et y mêle d'autres versions du XVIIe siècle.

Etape au motel

Atelier 210.

Un homme (Christian Dalimier) et une femme (Laetitia Reva) se rencontrent dans une station-service, près d'un motel. Une relation régulière s'établit entre eux, hors du réel et du quotidien. L'épouse (Marie-Paule Kumps) viendra percer cette bulle de rêve. Qu'est-ce qu'aimer ? La réponse de Bernard Cogniaux, dont c'est la première pièce, est parfois brouillonne, mais l'excellente interprétation du trio et la subtilité des dialogues signent des débuts prometteurs.

Gilles et la nuit

Théâtre Le Public.

Un homme seul, face à ses juges, se bat, se moque, se raconte, puis s'effondre. Cet homme, c'est Gilles de Rais, compagnon de route de Jeanne d'Arc et accusé d'avoir violé, assassiné et dépecé quelque 140 enfants. S'emparant du formidable monologue écrit en 1988 par Hugo Claus, Olivier Massart est magnifique dans ce rôle hors-norme, terrifiant, mis en scène par Alexis Goslain.

La balade du Grand Macabre

Théâtre royal des Galeries.

Un spectacle créé en juillet pour le superbe décor des ruines de l'abbaye cistercienne de Villers-la-Ville. Les costumes, le décor sonore, la mise en scène sont soignés et réussis. Pascal Racan est magnifique. La farce de Michel de Ghelderode est semée de perles. Et pourtant, il y a quelque chose de grippé au royaume de Breughellande et, malgré tous les efforts de la troupe, le Macabraque n'emporte pas notre totale adhésion. Le théâtre en plein air exigeait plus d'émotion que de grandiloquence. Seconde chance en salle.

La maison d'Elodie Eloy

Le Jardin de ma soeur.

Dans son testament, Elodie demande qu'à sa mort, sa maison et son jardin soient laissés à l'abandon, afin que la nature reprenne ses droits. Etrange souhait que voudraient comprendre ses proches. Une pièce de François Champdeblés.

L'avare

Théâtre Varia.

Harpagon, le héros cupide de Molière, est de retour ! Dans un rôle à la mesure de sa démesure, Christian Hecq incarne un avare follement excentrique et égocentrique, dans une mise en scène exubérante de Michel Dezoteux. Jouant le jeu d'un théâtre outré, voire déjanté, les comédiens portent avec vigueur cet Avare généreux en rires et en folie.

Le grand cabaret

Théâtre de l'Ancre, Charleroi.

Le trio de clown Chiche Capon nous parle de la beauté, entre deux numéros de jonglerie et des chansons. Dans le cadre du festival « Charleroi bis-Arts ».

Le jeu de l'amour et du hasard

Théâtre communal de Ciney.

Y a pas à dire, un classique de temps en temps, ça fait drôlement du bien par où ça passe ! Intrigues et quiproquos légers, drôles ou galants, revoici le séduisant Marivaux, dopé à l'énergie d'une mise en scène inventive, signée Dominique Serron. Une fausse répétition du spectacle, d'abord fragile, revigore ensuite le regard sur cet incontournable du répertoire.

Le monte-plats

L'Arrière-Scène.

Deux gangsters attendent les consignes de leur chef, dans les sous-sols d'un ancien restaurant. Mais alors, que signifient donc ces messages incongrus qui leur parviennent par le monte-plats ? Un suspense drôle et terrifiant, signé Harold Pinter et mis en scène par Yves Claessens.

Les grands adieux de Léon Ferdinand

Ecole de Bosquetville, Charleroi.

Ce soir, Léon Ferdinand chante à l'Alcazar, la salle de ses rêves. C'est la toute dernière étape de son ultime tournée mondiale, celle de ses grands adieux. Ce soir, Léon Ferdinand brise sa carrière, lui qui n'a jamais réussi à devenir un artiste de renom, malgré tous les sacrifices consentis par ses parents. Dans le cadre du festival « Charleroi bis-Arts ».

Les monologues du vagin

Théâtre de la Toison d'Or.

Trente ans après la révolution sexuelle, le mot « vagin » reste tabou. Il a pourtant mille et une choses à raconter, comme le prouvent les témoignages troublants, hilarants, émouvants et dérangeants que l'Américaine Eve Ensler a récoltés. Ces paroles vivantes sont devenues texte de théâtre, défendu bec et ongles, en alternance, par Laurence Bibot, Nicole Shirer et Delphine Ysaye.

Les zakouskis érotiks

Palais des Beaux-Arts de Charleroi.

Un spectacle fin et coquin d'Alain Moreau avec une pléiade de comédiens et les petites créatures du Tof Théâtre. Autour d'un bar, les spectateurs sont invités à déambuler dans différents espaces pour y savourer de petits entremets érotiques. Pour public averti. Dans le cadre du festival « Charleroi bis-Arts ».

Le visiteur

Théâtre royal de Namur.

Encore un succès signé Eric-Emmanuel Schmitt. Grâce à son écriture habile, alliée à d'excellents acteurs, dont Alexandre Von Sivers et Benoît Verhaert, et à une mise en scène enlevée, la joute métaphysique entre Freud et Dieu dans la Vienne nazie de 1938 fait des étincelles.

Mais qu'est-ce qu'on a fait pour en arriver là ?

Théâtre Le Public.

Patricia Ide et David Pion, couple improbable, donnent corps à cinq sketchs et autant de variations sur notre monde moderne, tel qu'imaginé par cinq auteurs belges contemporains (Bruno Belvaux, Olivier Coyette, Véronique Dumont, Thomas Gunzig et Marc Moulin). Clichés et manichéisme irriguent les textes abordant l'individualisme, l'appât du gain ou le choc des cultures entre Orient et Occident.

On ne peut pas savoir ce que ça peut gueuler un lapin

Le Jardin de ma Soeur.

Avec son art de conteur, François Champdeblés explore les coulisses d'un fait divers morbide, qui a eu lieu il y a longtemps. Un fils a tué son père... On a beaucoup parlé de mort, à l'époque, et peu de l'amour interdit qui unissait le père et le fils avant le meurtre. En scène, les acteurs Thibault Vanden Steen et Arthème retournent aux sources.

Oxygène

Grand manège, Namur.

Dans cette suite de dix tableaux mettant à mal les dix commandements, Ivan Viripaev décortique la Russie d'aujourd'hui. Au rythme des sonorités électroniques, la compagnie Fraction livre une partition mouvementée à haut débit, proche du slam, sous la conduite énergique de Galin Stoev. Un bon ballon d'oxygène, qui ne manque pas d'air.

Popeck

Comédie centrale, Charleroi.

L'humoriste mêle son autobiographie, d'anciens et de nouveaux sketches et un hommage aux grands comiques du XXe siècle : Reynaud, Bourvil, Devos, Fernandel...

Rêveries de sept éléphants

Atelier Théâtre de la Vie.

Le metteur en scène Herbert Rolland poursuit son exploration de la pensée, des chansons et des mots de Bertolt Brecht. Troisième et ultime volet, consacré au rêve.

Spiegel

Magdalenazaal, Bruges.

Avec neuf danseurs sur un plateau dépouillé au maximum, Wim Vandekeybus revisite vingt ans de sa compagnie Ultima Vez. Loin d'être narcissique, ce Spiegel (miroir) s'avère concluant, démontrant toute la cohérence du parcours du chorégraphe. On oublie vite l'aspect collage pour ne plus voir qu'un spectacle parfaitement maîtrisé dont toutes les pièces, pleines d'énergie et d'inventivité, semblent avoir été conçues pour vibrer à l'unisson.

Un jour dans la mort de Joe Egg

Théâtre de la Valette, Ittre.

Une pièce autobiographique du Britannique Peter Nichols, qui traite sur un ton léger d'un sujet déchirant : l'histoire d'un couple parent d'un enfant lourdement handicapé.

vsprs

deSingel, Anvers.

Fasciné par les « Vêpres » de Monteverdi, Alain Platel s'en inspire pour une pièce qui explore notamment les notions d'extase et d'hystérie. Servie par de remarquables danseurs, la pièce n'a toutefois pas la même originalité que certaines des précédentes créations de la compagnie C. de la B. Du côté de la musique, par contre, on nage en plein bonheur, avec le mariage du jazz, du classique et de la tradition tzigane superbement orchestré par Fabrizio Cassol, à la tête d'une formation impeccable aux faux airs d'orchestre de bal.