Nos choix théâtre et danse

WYNANTS,JEAN-MARIE; MERTENS,WENDY; MAKEREEL,CATHERINE; ANCION,LAURENT; STIERS,DIDIER

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Mercredi 30 novembre 2005

Ahmed philosophe

Théâtre des Martyrs.

Incarné par Ben Hamidou et Tshilombo Imhotep, Ahmed, philosophe des cités, alterne ironie mordante et rhétorique astucieuse pour faire mordre la poussière à une députée poujado-sécuritaire et autres xénophobes. Des personnages caricaturés au service d'une bonne cause.

A quelques pas d'elle

Atelier Théâtre de la Vie.

De et par Michèle Nguyen, ce petit moment magique, délicat et onirique, est le fruit d'un voyage à Hanoi, celui d'une femme à la recherche de ses origines au pays de son père vietnamien. A la croisée d'un univers sonore et visuel récolté là-bas, du monde imaginaire de l'artiste et de son quotidien, l'Asie n'a jamais été aussi proche.

Bain zen

Centre culturel de Rochefort.

As du jeu avec les mots, champion du virelangue, Bruno Coppens s'attaque au bonheur, avec des personnages hauts en douleur.

C'est tout moi

Centre des Riches-Claires.

Attention, elle a tout d'une grande. Virginie Hocq, jeune femme de poigne, confirme sa souplesse de jeu à travers une galerie de portraits bien observés. De l'humour solo marqué par quelques faiblesses d'écriture, mais livré par une humoriste au sang chaud. Ce n'est qu'un début...

Copies

Rideau de Bruxelles.

Jules-Henri Marchant et Sébastien Dutrieux s'affrontent dans ce huis clos entre un homme et les clones de son fils. Une parabole intelligente, drôle et sans aucun manichéisme sur le clonage, les relations père-fils, la vanité de l'être humain, mais aussi la réjouissante absence de prédétermination qui permet à chacun, même cloné, de vivre sa vie. Une pièce de l'Anglaise Caryl Churchill magistralement servie, dans une mise en scène signée Adrian Brine.

Debout les damnées

de la terre

Centre culturel d'Athus.

Solide vie que celle de Louise Michel, anarchiste, révolutionnaire sociale, membre de l'Internationale. Seule en scène, dans un frac noir sur fond noir, Marie-Claire Clausse raconte ses combats, au fil d'un texte signé par le journaliste Guy-Joseph Feller. Austère, essentiellement littéraire, ce solo vaut surtout pour son fond.

Demain, c'est le printemps

Théâtre Blocry, Louvain-la-Neuve.

Dans une maison de repos, un vieil homme oublie le présent, mais se souvient du passé et le raconte à celle qui aurait pu être sa fille - car il a aimé sa mère. Amours ratées, temps qui passe, errance des sentiments et ambitions brisées tressent la pièce d'Eve Calingaert, portée avec émotion par le magistral Alexandre von Sivers, dans une mise en scène d'Armand Delcampe.

Désiré

Comédie Claude Volter.

Désiré est un valet stylé et tombeur qui change de place au gré de l'inconstance de ces dames. Il accepte un poste chez la maîtresse d'un ministre. Mais, cette fois, il tombe amoureux... Une pièce de Sacha Guitry, mise en scène par Michel de Warzée.

D'Orient

Centre culturel de Roulers.

Le chorégraphe belge Thierry Smits nous réinvente son Orient, avec huit danseurs et une scénographie où le blanc est maître. Rien de kitsch ni d'exotique, ici, mais la traduction d'une atmosphère, de sensations, d'émotions, à travers une danse influencée par l'Orient, évidemment, mais définitivement contemporaine.

Double tour

Latitude 50, Marchin ; centre culturel de Rixensart ; maison des jeunes et de la culture de Comines-Warneton.

Une porte qui s'ouvre, une porte qui se ferme... Danse et jonglerie se mêlent dans ce spectacle poético-humoristique de la compagnie Baladeu'x.

Fabbrica

Théâtre communal de Ciney ; Théâtre royal de Namur.

Angelo Bison nous raconte 150 ans d'histoire de l'Italie à travers un texte magnifique d'Ascanio Celestini, qui mêle des témoignages réels et des légendes, débordant de poésie et d'humour. Un formidable moment, mis en scène par Pietro Pizzuti.

Folles de son corps

Centre culturel d'Auderghem.

Pensionnaire dans une résidence, Blanche n'a plus vingt ans, mais elle veut à tout prix monter une revue de music-hall. Elle engage un jeune et beau prof de gym qui va faire des ravages dans la pension. Une comédie de Gérard Moulevrier, avec Marthe Mercadier. Lire notre portrait-rencontre avec Marthe Mercadier en pages 44 et 45.

Foto

Centre Marius Staquet, Mouscron.

Souriez, vous êtes photographiés ! Et pas par n'importe qui : Jean-Louis Danvoye, le magicien du mime, ressort ses vieilles antiquités photographiques pour emmener les spectateurs dans un univers loufoque en titillant leur imaginaire. Du comique visuel pur plaisir, dirigé par Eric De Staercke.

François Pirette

Comédie centrale, Charleroi.

L'humoriste belge revient avec de nouveaux sketches, dans un spectacle intitulé Les légumes sont chers.

La contrebasse

Théâtre de la Valette, Ittre.

Seul en scène, Olivier Leborgne est ce contrebassiste amer crachant toute sa bile sur l'humanité, ses collègues de l'orchestre, les grands compositeurs et son instrument. Un grand texte du romancier Patrick Süskind (l'auteur du célèbre Parfum), malheureusement figé dans une interprétation très froide ne laissant que peu de place au rire et à l'émotion.

La dernière lettre

Foyer culturel de Saint-Ghislain.

Anna Semionovna, médecin, Russe et Juive, en partance pour le ghetto ukrainien, écrit une dernière lettre à son fils Vitia, quelques jours avant d'être assassinée par les nazis. Un texte du dissident russe Vassili Grossman, interprété par Béatrix Ferauge.

La mastication des morts

Rideau de Bruxelles ; l'Eden, Charleroi.

Un titre un peu sordide pour un spectacle magnifique de vie et d'humanité ! Les jeunes comédiens de l'IAD, dirigés par Jules-Henri Marchant et Itsik Elbaz, jouent les morts qui mastiquent l'os de leur vie passée et remâchent leurs souvenirs... Une sacrée leçon de vie, où l'on rit et frémit, dans une mise en scène entièrement offerte à la parole et à l'humour... noir.

La noce chez

les petits-bourgeois

Théâtre Le Public.

Sous la plume de Bertolt Brecht, une noce vire au cauchemar. Un récit déjanté, avec bris de meubles et disputes des convives, mène à la farce et dénonce les conventions bourgeoises. Avec une dizaine de comédiens toniques du Théâtre de l'Eveil, cette humeur va bien à l'Italien Carlo Boso, traditionnellement épris du rire, mais sa mise en scène cherche sa tonalité, entre farce et frisson politique.

La nuit des rois Théâtre royal de Namur. Une comédie échevelée signée William Shakespeare,

La nuit des rois

Théâtre royal de Namur.

Une comédie échevelée signée William Shakespeare, où tous les personnages perdent la tête dans un méli-mélo d'identités. Qui est qui et qui aime qui ? Qui est fille et qui est garçon ? Trois personnages épuisent toutes les formes de l'amour : le duc aime Olivia ; Olivia aime Cesario ; mais Cesario, c'est Viola. L'Irlandais Declan Donnellan dirige une distribution russe, à l'occasion d'Europalia.

La nuit de Valognes

Théâtre royal du Parc.

Une mise en scène convenue et sans émoi du procès de Don Juan, non pas face à Dieu, mais face aux femmes qu'il a bafouées. Sa peine : épouser sa dernière victime. Ce qu'il accepte sans broncher, car le séducteur a bien changé depuis une mystérieuse affaire. Fade et coincé, ce Don Juan nous laisse de marbre.

La question n'est pas là

La Samaritaine.

Auteur et metteur en scène, Christian Dalimier (Comme les gens qui ont peur de l'eau, Ce n'est pas la mer à boire) emmène la troupe Lazzi 90 au coeur d'un de nos actes de communication quotidien : le questionnement. Sur scène, aux côtés de Stany Mannaert, Catherine Claeys est bombardée de questions et sommée d'y répondre à brûle pourpoint.

Le chant du dire-dire

Théâtre des Martyrs.

Une belle histoire de solidarité, accommodée avec beaucoup d'imagination par Hélène Theunissen. De sa plume lyrique et charnue, le Québécois Daniel Danis nous plonge dans les eaux troubles d'une fratrie indissociable : trois frères prodiguent à leur soeur devenue infirme des soins peu conventionnels. Dérangeant et envoûtant !

Le juste milieu

Théâtre de la Toison d'Or.

Ça ressemble à s'y méprendre à une conférence sur l'accès au bonheur. Et puis, ça vire méchamment à l'aigre. Sous la conduite d'Olivier Massart, un quatuor s'interroge sur la joie obligatoire, en nous démontrant par l'absurde que le contrôle excessif ne mène nulle part. Une comédie réussie, avec une écriture pétaradante et un jeu attachant. Y a de la joie !

Les chaussettes célibataires

Théâtre Le Public.

Humour, émotion, vie sociale et politique sont au rendez-vous de cette reprise. Un « mucirqu'hall » où Claude Semal est tour à tour Monsieur Loyal, dompteur de ténia, animal dressé, clown, prestidigitateur et musicien. L'artiste met en scène, ou plutôt en piste, nos petits travers et nos grandes affaires. Cette Belgique qui préfère angoisser sur la pluie et la canicule plutôt que sur la boue des scandales que crache la bouche des égouts.

Le Stuuût 4

L'Os à Moelle.

Dans ce nouvel opus, l'infatigable humoriste Marc Herman nous redonne rendez-vous avec le célèbre Luc Dierrickx.

Les virtuoses 2

Théâtre Jean Vilar, Louvain-la-Neuve.

Après le retentissant succès de ses premiers Virtuoses, le talentueux et décomplexé Damien Gillard récidive dans un one man show encore plus détonant. Du travesti fan de Frédéric François au bruiteur comique, il parodie toute une panoplie de personnages atypiques et déjantés du monde des variétés. Une Star Ac qui aurait mal tourné. Un régal !

Lisez Freud, nom de Dieu ! Théâtre du Méridien. Le complexe d'OEdipe tourne à plein régime

Lisez Freud, nom de Dieu !

Théâtre du Méridien.

Le complexe d'OEdipe tourne à plein régime dans ce pot-pourri de textes de Witkiewicz, cuisiné par Alain van Crugten et mis en scène par Elvire Brison. Dans une ambiance expressionniste, on découvre le talent de quatre acteurs amenés à multiplier les personnages de fils, de pères, de mères et d'enfant surprise. On rit, mais l'on s'y perd un peu. Et le décor de carton-pâte nous tient à distance de ce carnaval dédié au masque humain.

Lysistrata

XL-Théâtre - Théâtre du Grand Midi.

Très librement inspirée de l'oeuvre d'Aristophane, cette Lysistrata, adaptée et mise en scène par Bernard Damien, n'est pas à mettre entre toutes les oreilles. Lasses de la guerre, les femmes se refusent à leur mari tant que ceux-ci ne font pas la paix. Une comédie joyeuse et licencieuse, qui frôle souvent le vulgaire.

1.001 raisons

de prendre un amant !

Quat' Sous - Théâtre Roland Ravez.

Roland Ravez s'inspire du roman de Lili Gulliver pour cette pièce qui traite sans détour du sexe extraconjugal.

Soie

Théâtre de l'Ancre, Charleroi.

Un spectacle aussi sensuel qu'un conte oriental, un voyage en soi, tissé de sons, de musique, d'étoffes, de lumières, sur une scène fluide et chorégraphiée. Un texte d'Alessandro Baricco que Brigitte Baillieux sort superbement de son cocon romanesque. Ce récit d'un voyageur entre Japon et France est incarné avec grâce par la lumineuse et mystérieuse Marie Bos, idéalement entourée.

Sokott

Centre culturel d'Ottignies.

Dans un village dévasté par la guerre, de vieilles femmes survivantes se préparent à sacrifier la femme de l'ex-dictateur Sokott. Eric Durnez ne signe pas une pièce sur la vengeance, mais sur nos contradictions : les vieilles vouent un culte à l'ancien tyran, qu'elles chérissent à la cave. Nourrie par une distribution touchante et étonnante, la poésie est puissante, malgré une mise en scène trop métaphorique.

Tous coupables

Théâtre de la Toison d'Or.

Sexe et pouvoir. Le couple a la dent dure. Le Panach'Club nous parle d'amour au travail. Un bureau est prétexte à des scènes délirantes, écrites à six mains par les jeunes acteurs. Il y a du Monty Pythons là-dessous, mais la caricature prend souvent le pas sur le sujet.

Tout ça du vent

Théâtre Les Tanneurs.

Ce fut un bonheur et un triomphe, lors de la création en 2001. Il faut (re)voir ce tendre, ce poétique et surréaliste monologue, en fragments de mémoires d'enfance et d'une relation tumultueuse mère-fils. Pour vibrer à la saveur des parlers wallons, pour rire, pour s'émouvoir, pour applaudir un comédien époustouflant qui démultiplie corps et voix sans l'ombre d'un déguisement : courez voir Philippe Grand'Henry ! Dirigé par Françoise Bloch, une subtile guide d'acteurs solistes, ce spectacle a été sacré « Meilleur seul en scène » par les prix du Théâtre, lors de sa création. Il y a de quoi.

Une nuit à Saint-Pétersbourg avec Pouchkine

Théâtre Poème.

Repas-spectacle avec, au menu, la poésie et la prose de Pouchkine (1799-1837), épicées de plats typiquement russes.

Vendredi, jour de liberté

Théâtre Le Public.

Atypique et dérangeante, cette pièce de Hugo Claus aborde un sujet sensible avec lucidité et ambiguïté. George, accusé de relations incestueuses avec sa fille, sort de prison pour retrouver sa femme adultère, et le bébé qu'elle a eu avec le voisin. Une belle occasion de découvrir un auteur flamand encore trop méconnu chez nous.