Nouvel élan au processus de paix Barak et Clinton se relaieront au chevet du Proche-Orient

AFP

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Mardi 20 juillet 1999

Nouvel élan au processus de paix Barak et Clinton se relaieront au chevet du Proche-Orient

Le Premier ministre israélien Ehoud Barak s'est donné 15 mois lundi pour négocier la paix au Proche-Orient, tandis que le président américain Bill Clinton promettait que son pays assurerait la sécurité d'Israël. M. Barak, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Clinton à la Maison-Blanche, a affirmé que son nouveau gouvernement n'avait pas l'intention de traîner les pieds pour trois années de plus pour rechercher une solution de paix négociée.

Nous sommes déterminés à respecter (les accords) de Wye , a affirmé M. Barak faisant référence à l'accord israélo-palestinien conclu en octobre dernier sous l'égide des Etats-Unis. Mais, a-t-il ajouté, nous ne parlons pas pour autant de solution miracle. Israël et l'Autorité palestinienne doivent relancer les discussions sur le statut final des territoires occupés, qui doivent déterminer notamment l'avenir de Jérusalem, le partage des ressources en eau et le retour des réfugiés palestiniens.

STATUT DE JÉRUSALEM

Le nouveau chef de gouvernement israélien a souhaité une négociation immédiate sur les questions délicates du statut de Jérusalem, de l'Etat palestinien et du retour des réfugiés. Les dirigeants arabes souhaitent toutefois une mise en oeuvre préalable des accords de Wye Plantation. M. Barak a précisé que si le leader palestinien Yasser Arafat était d'accord, il pouvait exister un moyen de combiner l'accord de Wye avec la progression des négociations et la mise en place du statut final.

M. Clinton, qui a annoncé un nouvel accord de sécurité entre son pays et Israël, notamment dans le cadre de la défense anti-missiles et contre les armes de destruction massive, a également affirmé que son pays souhaitait des relations «plus normales» avec la Syrie. Damas, a-t-il estimé, peut à nouveau jouer un rôle-clé dans le processus de paix au Proche-Orient. Je pense que tout ce que fait la Syrie pour se dissocier du terrorisme est une étape positive dans cette direction, a-t-il ajouté. M. Barak a indiqué dimanche qu'il était disposé à faire des «compromis douloureux» avec Damas, allusion au plateau syrien du Golan occupé en 1967 et annexé en 1981 par Israël. Le Premier ministre israélien a indiqué qu'il était prêt à négocier avec son homologue syrien et a exprimé l'espoir que Hafez al-Assad s'inspirerait de l'ex-président égyptien Anouar al-Sadate, le premier dirigeant arabe à avoir conclu la paix avec l'Etat hébreu. Les négociations avec la Syrie avaient été gelées à la suite des élections israéliennes, en mai 1996, au cours desquelles le dirigeant travailliste Shimon Peres avait été battu par Benjamin Netanyahou, du Likoud (droite nationaliste). M. Netanyahou s'était opposé à un éventuel retrait du plateau du Golan, empêchant ainsi une reprise des négociations avec la Syrie. (AFP.)