Nouvel indice du rôle clé des cellules souches cancéreuses

n.c.

Mardi 21 décembre 2010

Les malades atteints de leucémies présentant des cellules souches cancéreuses particulièrement actives ont un pronostic vital moins favorable. Une recherche publiée mardi conforte l’hypothèse du rôle clé de ces cellules dans l’évolution de la maladie.

Cette étude parue mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) est l’une des premières à confirmer l’hypothèse selon laquelle des cellules souches cancéreuses expliqueraient pourquoi certains cancers sont moins sensibles aux traitements et ont tendance à réapparaître.

Ainsi certains cancers découleraient de cette petite population de cellules cancéreuses particulièrement peu sensibles aux traitements et capables de se régénérer, expliquent les auteurs de cette étude, de la faculté de médecine de l’Université Stanford en Californie (ouest).

Ces cellules pourraient aussi être utilisées pour prédire l’évolution des cancers dans un groupe étendu de malades, selon eux. Ces cellules pourraient aussi un jour permettre d’adapter les traitements, estiment-ils.

« Les implications cliniques de ce concept sont énormes », juge le Dr Ash Alizadeh, professeur de cancérologie à l’Université Stanford, un des co-auteurs de cette recherche.

« Si nous ne parvenons pas à concevoir des thérapies ciblant ces cellules capables de se régénérer et résistantes à la chimiothérapie, les malades continueront à subir des rechutes », poursuit le cancérologue.

Bien que des expériences de laboratoires sur des animaux aient pour la plupart confirmé le rôle clé des cellules souches cancéreuses, les preuves cliniques pour appuyer cette hypothèse chez les humains ont été jusqu’alors sporadiques.

Les auteurs de ces travaux ont étudié plus de mille malades atteints de leucémie aiguë myéloblastique, forme la plus agressive de ce cancer du sang, qui étaient traités aux Pays-Bas, en Allemagne, au Japon et aux Etats-Unis.

Ils ont comparé les niveaux d’activité des gènes de cellules souches cancéreuses des malades et constaté que plus ces niveaux étaient élevés, moindres étaient les chances de survie.

Dans un groupe de patients en Allemagne, ceux présentant les plus hauts niveaux d’activité des gènes liés aux cellules souches cancéreuses avaient un risque de 78 % de décéder dans les trois ans.

En comparaison, ceux dont les niveaux d’activités des gènes étaient les plus faibles avaient 58 % de probabilités de mourir.

Observation intéressante, ces cellules souches cancéreuses ont une activité génétique similaire à celles des cellules souches sanguines normales qui produisent les cellules du sang et du système immunitaire.

Une telle similarité implique que les cellules souches cancéreuses peuvent s’auto-générer et se diviser comme les cellules souches sanguines normales et ce contrairement aux cellules cancéreuses caractérisées par des divisions fréquentes et un développement anarchique.

Ces similarités entre cellules souches normales et cancéreuses expliqueraient que ces dernière échappent aux traitement anti-cancéreux conventionnels qui ciblent les cellules se divisant rapidement, soulignent les chercheurs.

(afp)