On peut mieux faire pour sauver la Cocof

MOUTON,OLIVIER

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Vendredi 15 décembre 2006

Budget La Cour des comptes irritée

La lassitude s'installe. Depuis trois ans, la Cour des comptes ne cesse de rappeler la Commission communautaire française (Cocof) à ses obligations budgétaires. Or, l'antenne bruxelloise de la Communauté française, compétente pour des matières fondamentales dans le domaine de l'aide aux personnes, ressemble à un navire frêle sombrant lentement dans une mer glacée.

Le rapport de la Cour des comptes concernant l'ajustement 2006 et le budget 2007 le confirme : l'objectif assigné à la Cocof n'est « pas respecté ». En outre, les dépassements de la norme budgétaire étaient jusqu'ici contrebalancés par les réserves de trésorerie. Or : « Il n'est pas évident que cela soit encore le cas dans le futur, ces réserves étant virtuellement épuisées. » La Cour conclut : « Il apparaît indispensable que le Collège envisage des solutions structurelles au problème du déficit budgétaire de la Commission. »

« Des pistes de solutions intrafrancophones existent et sont citées dans le rapport, bondit le député d'opposition Didier Gosuin (FDF). Or, la majorité régionale ne bouge pas. » Les deux propositions de la Cour des comptes ? Une consolidation des trésoreries, d'abord. « Nous l'avons fait au niveau régional et cela rapporte », dit Gosuin. Un « important manque à gagner », selon la Cour, serait en outre le fruit d'une répartition non actualisée des dotations de l'enseignement ex-provincial entre la Cocof et son pendant flamand, la VGC. « Recompter les élèves permettrait de grignoter quelques millions », affirme le député FDF.

« La fin de l'étanchéité »

Celui-ci flingue encore un apport wallon de 7 millions d'euros au budget 2007, dette d'un accord contesté. « Mais le remboursement de la dette est subordonné à un accord entre Bruxelles et la Wallonie sur la répartition des recettes générées par la future vignette autoroutière, s'exclame Didier Gosuin. Je trouve insultant que l'on prenne en otage les handicapés et les plus démunis pour une vignette. »

Il plaide encore pour « la fin de l'étanchéité » entre les différents budgets bruxellois. « Le ministre Vanhengel n'a-t-il pas intérêt à traiter les maux à la racine en soutenant la formation professionnelle, l'enseignement technique ? Il devrait profiter des marges régionales pour refinancer la Cocof. Ce serait l'occasion de prouver qu'il est sincère lorsqu'il appelle de ses voeux un front bruxellois... »

Le refinancement de la Cocof patine ? Il risque surtout d'être l'un des points figurant au menu de la négociation institutionnelle de 2007.