Ourthe-Amblève Un plan contre la drogue

LAMBERT,EDDY

Page 16

Mardi 6 août 2002

Ourthe-Amblève

Un plan contre la drogue

EDDY LAMBERT

La mère en pleurs, le père en colère et les enfants abandonnés à leur peur. Voilà, si on schématise bien sûr, les sentiments les plus répandus dans les familles où la drogue est entrée clandestinement. Ariste Wouters le constate depuis plus d'une décennie en tant qu'éducateur de la Teignouse, une association qui, entre autres activités, accompagne les toxicomanes dans la région de l'Ourthe-Amblève.

Les gens ne savent pas ce qu'est un toxicomane, affirme-t-il. Ils voient en lui, avant tout, un menteur. Or c'est d'abord un être humain qui connaît d'énormes souffrances. Il porte son histoire comme un écolier son sac à dos.

De là toute l'importance du plan « drogue » adopté par les communes de la zone de police Secova (Aywaille, Chaudfontaine, Esneux, Sprimont et Trooz), avec l'appui du ministère fédéral de l'Intérieur qui prendra en charge une partie des frais de personnel (30.000 euros) et de fonctionnement (5.000 euros).

La commune d'Aywaille, à l'origine de la demande, procédera au recrutement. On profitera du travail accompli par l'Arpi (NDLR : l'ASBL Action régionale de prévention intégrée coiffe plusieurs associations de la région de l'Ourthe-Amblève dont la Teignouse), précise Philippe Dodrimont, 2e échevin d'Aywaille. On se tournera vers le personnel dont le contrat n'a pas été reconduit.

Déjà engagée dans un plan « drogue » à Comblain-au-Pont et alentour (Hamoir, Anthisnes, Ouffet,...) depuis plusieurs années, la Teignouse se distingue en matière d'accompagnement des toxicomanes, à tel point que ses éducateurs sont demandés à Bastogne, à Marche-en-Famenne ou à Fleurus. Je n'ai jamais consommé d'héroïne, je ne suis donc pas un spécialiste, confie Ariste Wouters, directeur pédagogique de l'Arpi. Par contre, celui qui en prend en est un, et s'il me raconte son histoire, alors je peux avoir une compétence.

Inspiré, Ariste Wouters sait dès à présent comment et à quelles fins utiliser les moyens des communes et du ministère fédéral de l'Intérieur : Moi, je vois trois mi-temps. Le premier pour faire une cartographie de la zone. Le deuxième serait un éducateur de rue. Le troisième servirait de relais avec les autorités.

Neuf morts par overdose

En l'espace de 11 années d'accompagnement, endeuillées par neuf morts par overdose, Ariste Wouters a noté diverses évolutions, tantôt positives à l'instar des contrats « méthadone » qui aident grandement les héroïnomanes impatients de décrocher, tantôt négatives comme la véritable explosion de la consommation de cannabis chez les plus jeunes ou la combinaison de plus en plus fréquente de l'alcool et de stupéfiants tel l'ecstasy.

Mais ce qui m'étonne le plus, c'est d'être interpellé par les milieux aisés qui ont de grosses difficultés avec leurs jeunes, ajoute-t-il. Les gens réalisent qu'ils ne sont pas protégés par leur statut.·

Rens. : la Teignouse, 61, avenue François Cornesse, à 4920 Aywaille ; 04-384.44.60 ; lateignouse@swing.be