PACHAS/MERDEUX « Joindre l'utile à l'équitable » Avec les producteurs de riz thaïlandais Les grands principes L'expérience d'Estelle, gagnante du concours Commerce équitable, mode d'emploi Aux origines de Max Havelaar Le commerce équitable est-il de l'assistanat ? Le commerce équitable est-il du commerce éthique ? Max Havelaar est-il une marque ? Le long chemin vers l'équité Carnet d'adresses QUELQUES ADRESSES Equitable -- bio ? Les produits équitables sont-ils systématiquement plus chers ? École Distributeurs équitables Les J'M : de l'équitable à la récré ! Annoncer la Couleur

FIORILLI,THIERRY; MINSIER,YANNICK; MUNSTER,JEAN-FRANCOIS; ZINTZEN,PASCALE

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Samedi 2 octobre 2004

PACHAS/MERDEUX

Comment ?

Comme les organisateurs de la Semaine du commerce équitable, Victor a choisi d'informer. D'expliquer. Avec l'espoir que ce samedi, les mains sur votre caddie, et puis chaque fois que vous détaillerez les rayons, vous optiez pour le label « équitable ». Pas pour un p'tit coup de bonne conscience, vite fait, bien fait. Plutôt pour accélérer ce décloisonnement Nord/Sud, dominants/dominés, pachas/merdeux. Puisqu'on voit dans quel cataclysme nous mène le système actuel, ce tout-au-profit personnel. Thierry Fiorilli

« Joindre l'utile à l'équitable »

La Semaine nationale du commerce équitable est l'occasion de repenser notre mode de consommation mais aussi de se faire plaisir en découvrant des produits originaux. Enquête, portraits et reportage.

Par Yannick Minsier, Jean-François Munster et Pascale ZintzenPour la troisième année consécutive, subsidiés par la coopération belge au développement, Oxfam-Magasins du monde, Maya Fair Trading, Fair Trade Organisatie, Max Havelaar Belgique, Oxfam-Wereldwinkels et le Fair Trade Centre organisent la Semaine nationale du commerce équitable. Semaine rallongée (elle durera en fait 10 jours, du 6 au 16 octobre) pour mieux sensibiliser consommateurs, entreprises et collectivités à ce mode de consommation et de production citoyen.

Car c'est bien de ça qu'il s'agit : arrêter un instant cette course folle dans laquelle nous sommes tous embarqués, entre codes-barres et cartes de crédit, prix cassés et produits aseptisés, afin de réfléchir sur notre moderne - et triste - condition de citoyen-consommateur. « Je dé-pense comme je suis » ou « joindre l'utile à l'équitable » : autant de slogans qui doivent nous inciter, bien au-delà de cette semaine, à redonner un sens à l'action banale d'acheter un produit en aidant à modifier les conditions de vie et de travail de millions de petits producteurs à l'autre bout de la planète. C'est aussi l'occasion de repeindre en couleur les files de caddies du vendredi soir, en pensant que derrière un kilo de bananes équitables, on peut aider une famille du Sud à retrouver sa décence, égarée dans un méandre des circuits commerciaux mondialisés.

Ceci dit, la semaine du commerce équitable ne doit pas devenir un de ces rendez-vous annuels de la compassion bon marché ou de la solidarité de façade. Au contraire, elle doit ouvrir les yeux sur la possibilité de consommer autrement et nous faire découvrir toute la créativité et le savoir-faire issus de pays lointains. Car le commerce équitable, c'est bien plus que le (déjà) classique paquet de café ou le pot de miel du petit-déjeuner : près de 3.000 produits alimentaires et non alimentaires composent ce catalogue informel, qui comprend pêle-mêle vêtements, produits de beauté, jouets, meubles et même des assurances ou des livrets d'épargne ! Il y en a donc pour tous les goûts, des plus conservateurs aux plus « trendys », durant cette Semaine du commerce équitable qui mobilisera grandes surfaces, écoles, hôpitaux, administrations publiques, trains de navetteurs... Et qui peut compter sur le parrainage de personnalités comme Axelle Red, Jef Bodart, Malvira, Philippe Geluck, Mbo Mpenza ou Laurence Bibot.

Pour tous renseignements sur la myriade d'activités prévues durant ces dix jours : www.commerce-equitable.be/

Avec les producteurs de riz thaïlandais

A quelques centaines de kilomètres au nord-est de Bangkok, le vaste plateau thaïlandais de l'Isan déroule paisiblement son tapis de rizières vert tendre. A perte de vue, les champs inondés miroitent sous le jeu des rayons du soleil. Dans cette partie du pays entièrement dédiée au riz, le sol est trop pauvre pour permettre une exploitation intensive basée sur l'irrigation telle qu'elle existe dans le centre du pays. La production est principalement le fait de petites structures familiales, qui cultivent, au rythme d'une récolte par an, le riz gluant pour leur propre consommation et le riz jasmin pour la vente.

Le tigre asiatique peut rugir tant et plus sur la carte de l'économie mondiale, les pieds dans l'eau, les paysans de l'Isan ne voient guère les retombées de sa fougue. Avec un revenu annuel moyen de 40.000 bath par habitant, soit 800 euros, ils figurent parmi les plus pauvres de l'ancien royaume du Siam. La plante miracle ne suffit plus à leur assurer des revenus dignes. De 1996 à 2002, le prix moyen par tonne du riz thaï sur le marché mondial s'est effondré de 42 %. Conséquence : le fermier s'endette, en mettant son terrain en garantie. D'année en année, sa situation s'aggrave et son terrain finit par être saisi. Attirés par les lumières de la ville, des revenus plus élevés et un travail moins éprouvant, les jeunes désertent en masse cette terre en laquelle ils ne veulent plus croire.

Comment la Thaïlande peut-elle être l'un des plus gros exportateurs de produits agricoles au monde (premier pour le riz avec 24 % des exportations mondiales, sucre, ananas...) et en même temps continuer à avoir tant de pauvreté dans ses campagnes ? Ce paradoxe taraude Vitoon Panyakul depuis ses études d'agronomie. Et constitue le fondement de son engagement pour l'amélioration de la vie des agriculteurs. Deux fois par mois, ce Thaïlandais d'une quarantaine d'années quitte son petit bureau de Bangkok pour sillonner le plateau de l'Isan. Avec l'équipe de Green Net, l'ONG qu'il a fondée, il tente d'extirper les paysans de leur impasse et de leur expliquer que la logique du marché qui les confine dans la pauvreté n'est pas une fatalité. Les paysans sont résignés. Ils savent que le prix du riz est trop bas, qu'il ne leur permet pas de vivre de façon décente mais en même temps, ils l'acceptent. C'est très bouddhique comme attitude.

Dans ses valises, Vitoon a un vrai marché à leur proposer. Alors que le prix du kilo de riz brut sur le marché ne cesse de fluctuer - il était à 4 bath le kilo il y a 3 ans, il est à 8 bath pour l'heure -, Green Net propose aux paysans de le leur acheter à un prix fixe et immuable de 10 bath (20 cents). Une assurance revenu garanti en échange de laquelle ils doivent tourner le dos aux préceptes de la « Révolution verte », cette politique promotionnée par l'Etat thaïlandais depuis une quarantaine d'années et qui consiste à faire de l'agriculture intensive, en utilisant des plantes à haut rendement, des pesticides, des engrais chimiques. Une politique qui a échoué à améliorer la vie des paysans de l'Isan. L'alternative ? Le bio. Il y a moyen d'obtenir un meilleur prix pour le riz mais il faut pouvoir se distinguer du reste du marché, explique Vitoon. Et aussi exporter. Il n'y a pour l'instant aucun marché pour du riz bio en Thaïlande.

Progressivement, Green Net a réussi à convaincre des associations de producteurs. Une tâche ardue : pour ces paysans, l'usage de pesticide ou d'engrais chimique signifie la modernité, les idées de Green Net, un retour en arrière. Depuis que nous sommes passés à l'agriculture biologique, nos coûts de production ont fortement diminué, explique Arria Pumpiput, du village de Bak Ruea. Les engrais chimiques, pour la plupart importés, sont très chers et ont été remplacés par des engrais organiques que nous pouvons fabriquer nous-mêmes (compost...). Le sol est bien meilleur également, il est moins dur et plus fertile.

La transition n'est pas facile pour autant. Le rendement du terrain chute la première année de transition, explique Bootan. Beaucoup de fermiers appréhendent ce passage à vide, d'autant qu'ils sont souvent déjà endettés. Dans son village, 80 % des fermiers ne sont plus propriétaires de leurs champs. Des prêteurs (des notables locaux généralement) qu'ils n'arrivaient plus à rembourser leur ont tout confisqué. Une fois ce cap douloureux passé, le rendement d'un terrain biologique est meilleur que celui d'un terrain conventionnel, assure Arria Pumpiput. Désormais, on trouve de nouveau des poissons dans nos rizières alors qu'ils avaient disparu. Lorsque nous avions une blessure au pied, elle s'infectait dans l'eau. C'est fini, maintenant. Nous sommes moins souvent malades. Et moins pauvres. Avec le prix garanti, nos fermiers gagnent de 9.000 à 15.000 bath de plus par an (180 à 300 euros), explique Shutima Samsee, du village de Kud Chum.

En plus du bio, Green Net a intégré la dimension « commerce équitable » dans son projet. Les consommateurs cibles de ces deux types de produits sont souvent les mêmes, constate Vitoon. Depuis le début des années 90, l'ONG vend une partie du riz des associations de producteurs à Claro, l'équivalent suisse d'Oxfam. C'est via cette association que le marché belge est approvisionné en riz commerce équitable thaïlandais. Claro verse à Green Net une prime de 10 % sur le prix du riz. Cette somme alimente un fonds dont l'objectif principal est de financer l'extension du réseau de producteurs bio. Il sert à payer le salaire de personnes chargées de convaincre les fermiers de passer au bio, de les aider dans le processus de conversion, de les former aux techniques... On pourrait rétrocéder l'argent à chaque fermier, explique Vitoon, mais nous trouvons plus utile de le consacrer au bien-être de la collectivité, à rendre le réseau plus fort.

Mais le commerce équitable n'est pas seulement une question de prime que le consommateur occidental est prêt à payer pour aider les producteurs du Sud. C'est aussi, sur place, la promotion d'un modèle social où le producteur retrouve la maîtrise de son activité et au final sa dignité. Dans la région de Kunchum, 241 fermiers bio ont atteint un niveau d'organisation particulièrement sophistiqué. Ils ont construit leur propre moulin au début des années 90 pour traiter le riz. Plus besoin de passer par un moulin privé capable d'imposer ses prix et ses conditions. Ici, chaque fermier est actionnaire du moulin, les bénéfices sont redistribués. La communauté a aussi mis en place un système de sécurité sociale pour ses membres, géré par un conseil de 25 sages. Le fonds est alimenté par une partie des bénéfices du moulin. Il peut venir en aide aux familles en cas de catastrophe naturelle ou de maladie, pour payer les frais scolaires, les frais d'enterrement, des pensions. L'association possède également une banque dans laquelle sont déposées les économies des paysans. Elle sert de fonds de roulement pour le moulin et permet d'éviter d'emprunter de l'argent aux banques privées en cas de manque de liquidités. Toutes ces activités annexes créent des emplois en dehors de l'agriculture et permettent d'offrir du travail à ceux qui ont perdu leur terre ou aux enfants, tentés de partir dans

les grandes villes.

Dans le village de Ban Kae Yai (région de Surin), une autre association de fermiers a construit une petite unité d'emballage, dans laquelle tout le riz acheté par Green Net est conditionné. Ça donne de l'emploi à une trentaine de personnes et permet aux producteurs de conserver cette valeur ajoutée non négligeable dans leur région plutôt que d'en faire cadeau à une usine européenne. Grâce à cette réappropriation des moyens de production, à cette maîtrise qu'ils acquièrent de leur métier via des formations, les fermiers retrouvent leur dignité, l'amour de leur travail, explique Vitoon. Nous voulons les rendre fiers à nouveau de leur métier. Sinon, ils n'encourageront pas leurs enfants à rester dans l'agriculture.

Mais ces projets généreux se heurtent à une réalité : le débouché commercial. Rien ne sert d'acheter du riz commerce équitable à de nouveaux paysans si, en Europe, les consommateurs ne suivent pas. On mange autant de riz en Europe qu'à Hong-Kong. Cette année, Vitoon a des commandes pour 560 tonnes de riz organique pour l'Europe, contre 389 tonnes en 2003 et 329 en 2002. La situation s'améliore donc, mais pas vite assez. Johan Declerq de Max Havelaar Belgique approuve. Le problème, ce n'est pas le Sud, c'est le Nord. Dans le café, c'est le même problème. Dans toute la production rentrant dans les critères Max Havelaar, seuls 15 à 20 % sont effectivement vendus sous les conditions du commerce équitable. Le reste est vendu au prix mondial. La balle est donc dans notre camp. (J.-F. M.)

Les grands principes

Le système du commerce équitable est basé sur des principes de développement durable :

Ø un prix d'achat décent au producteur

Ø des relations durables entre partenaires économiques

Ø la limitation du nombre d'intermédiaires

Ø la garantie des droits fondamentaux des travailleurs

Ø la transparence sur l'origine du produit et les étapes de sa commercialisation

Ø le préfinancement des commandes

Ø un mode de production respectueux de l'environnement

Ø la qualité des produits proposés

L'expérience d'Estelle, gagnante du concours

Estelle Watterman, 20 ans, étudiante en communication à Saint-Louis (Bruxelles), est la gagnante du concours organisé cet été par la Semaine du commerce équitable, la Coopération belge au développement et « Le Soir ». Le premier prix : participer à un voyage de presse, en Thaïlande, à la rencontre de producteurs de riz. Voici ses impressions, le voyage effectué.

Curieuse, pleine d'enthousiasme et d'intérêt, je me suis envolée vers la Thaïlande en compagnie d'un sympathique groupe de journalistes. L'idée de vivre la semaine d'un « reporter » me ravissait. J'étais impatiente d'observer des journalistes en pleine action ; d'autant plus que ce séjour se déroulait dans une partie du monde jusqu'alors totalement inconnue de moi. Dans la région de Yasothon, j'ai découvert la beauté enchanteresse des rizières et l'accueil chaleureux des agriculteurs. Les paysans étaient fiers de montrer qu'ils arrivaient à cultiver le riz de façon tout à fait naturelle ; sans aucun pesticide ou autre engrais chimique. Ils piquaient et repiquaient leurs plants de riz à la main, plant par plant. C'était un travail harassant mais ils le faisaient dans la bonne humeur et la dignité ; ils étaient heureux de produire des aliments sains en étant payés à leur juste valeur par une organisation de commerce équitable.

Un jour, nous avons suivi un agriculteur sur un sentier entre deux rizières inondées. Des superbes étendues verdoyantes s'étendaient sous nos yeux. J'étais tellement émerveillée par ces champs de riz que j'en ai oublié de regarder le chemin sur lequel je marchais... Cela m'a permis de me rendre compte que l'eau des rizières était chaude et (heureusement pour moi) peu profonde. Ce jour-là, j'ai appris aussi à goûter des nouvelles saveurs : fruits de la passion, « manghaï », litchis et autres petites bananes offerts par l'agriculteur après son interview.

Une coopérative de femmes enthousiastes du district de Bak Ruea m'a particulièrement impressionnée. Ces femmes cultivaient un riz biologique et elles entretenaient un système de compost qui leur fournissait un engrais naturel et économique pour les champs. Dans le village, tous n'étaient pas convaincus de la rentabilité du système mais elles continuaient de ramasser des feuilles séchées tandis que d'autres utilisaient des produits chimiques.

Je n'étais pas simplement venue en touriste dans ce groupe ; on m'avait confié en tant que cadette, le rôle d'offrir un présent aux Thaïlandais qui nous invitaient. Comme les agriculteurs ne parlaient pas l'anglais, j'avais demandé à Pia, notre guide thaïlandaise de m'apprendre quelques mots en thaï tels que « Bonjour », « Merci »... Mon application à accomplir au mieux ma tâche m'apporta bien des honneurs et me mit même dans l'embarras lorsque Pia présenta fièrement à un agriculteur « la jeune Belge qui parle très bien le thaï » ! Cette langue est très différente de la nôtre, elle contient moins de lettres mais plusieurs tonalités différencient les mots.

La culture aussi est tout autre ! Les Thaïlandais sont très réservés et gardent le sourire quoi qu'il arrive. J'ai été souvent étonnée, ainsi par exemple devant ce panneau de l'aéroport qui indiquait : « Il est formellement interdit d'insulter un employé de l'aéroport pendant son service sous peine d'amende ou d'emprisonnement ». Mais ce qui m'a le plus surprise, c'était la distance entre les gens, le peu de contact physique. Pour se dire bonjour, il convient de joindre les mains sous le menton ; pour remercier, c'est pareil... Les gens ne se touchent jamais, même les couples n'osent pas se donner la main en rue. Par contre, tout le monde sourit aimablement en toutes circonstances.

Ce séjour laissera sans aucun doute des traces, il m'a ouvert de nouveaux horizons... Ceux-ci ne seront pas les derniers que j'explorerai.

Commerce équitable, mode d'emploi

Né en réaction au caractère inégalitaire du commerce international, le commerce équitable vise à offrir une meilleure condition économique et sociale aux producteurs du Sud.

Certes, cacao, café, banane ou miel sont autant de régals pour nos délicats palais occidentaux. Mais ces produits sont avant tout la principale (pour ne pas dire la seule) source de revenus, et donc le moyen de subsistance, de millions de personnes dans les pays du Sud. Or, depuis une quarantaine d'années, force est de constater que ces revenus sont réduits à la portion congrue sous l'influence conjuguée de plusieurs facteurs, notamment la dégradation constante des termes de l'échange (rien qu'entre 2001 et aujourd'hui, le prix du café a quasiment baissé de 50 %) et les mesures protectionnistes adoptées par les pays industrialisés.

Plus inquiétant et plus injuste encore : le véritable transfert de richesses des pays producteurs, en voie de développement, vers les pays consommateurs, industrialisés (nous quoi !). Le cas du café est à nouveau éclairant : au cours des dix dernières années, le marché du café à la consommation est passé de 30 à 60 milliards de dollars. Mais dans le même temps, la part reçue par les producteurs est passée de 10 à 6 milliards de dollars. Cherchez l'erreur... Pendant que les grandes multinationales du secteur (Nestlé, Kraft ou Sara Lee) se frottent les mains, c'est l'économie entière de nombreux pays en voie de développement qui s'écroule, d'autant plus que ces derniers, souvent sous l'influence de l'ancien colonisateur ou d'institutions internationales, se sont lancés sur la voie de la monoculture et dépendent presque exclusivement des exportations d'un seul produit (comme le café pour le Guatemala, le cacao pour la Côte d'Ivoire ou le coton pour le Mali).

C'est en réaction à ce caractère particulièrement inégalitaire du commerce international, qui favorise les multinationales importatrices au détriment des petits producteurs du Sud sur lesquels elles sont capables, grâce à leurs moyens financiers presque illimités, d'exercer une terrible pression à la baisse des prix, que s'est petit à petit développée la notion de commerce équitable. L'objectif premier de celui-ci est donc d'aboutir à un partage équitable (ou à tout le moins plus équitable qu'aujourd'hui) des fruits de la croissance du commerce, entre tous les pays et toutes les couches de population. Dans le Sud, ces pratiques équitables permettent d'établir les conditions propices à l'amélioration de la situation économique et sociale des petits producteurs paupérisés.

Et sur le terrain...

Le mouvement du commerce équitable est un mouvement diversifié et recouvre en général toute la filière commerciale, depuis la production jusqu'à la vente au consommateur. Il comprend, au Sud, les organisations de producteurs, et, au Nord, les organisations importatrices du commerce équitable (le plus souvent des ONG, comme Oxfam ou Maya Fair Trading) et les organisations de labellisation (comme Max Havelaar ou FLO). Grâce au commerce équitable, les producteurs des pays en développement vendent leurs produits à des prix plus rémunérateurs, et sont mieux placés pour trouver de nouveaux débouchés.

Ce système est particulièrement profitable aux petits producteurs, surtout dans les secteurs de l'agriculture et de l'artisanat, étant donné que ces petits producteurs vivent souvent dans des régions rurales mal reliées aux réseaux conventionnels d'exportation et qu'ils ne produisent pas en quantité suffisante pour exporter directement : ils deviennent ainsi tributaires d'intermédiaires tant pour commercialiser leurs produits que pour obtenir des crédits. Le commerce équitable réduit cette dépendance en favorisant la collaboration avec des coopératives de commercialisation préexistantes, qui permettent la mise en commun des ressources, des compétences techniques et des équipements. Tout le monde est gagnant. En plus, dans des pays en voie de développement où la représentation politique des plus démunis est souvent au stade des balbutiements, ces nouvelles structures locales induites par le commerce équitable contribuent incontestablement à renforcer la démocratie et à assurer une meilleure défense des droits humains les plus élémentaires. (Y. Mr)

Aux origines de Max Havelaar

Nous ne demandons pas la charité. Nous ne sommes pas des mendiants. Payez-nous notre café à un prix juste et nous n'aurons plus besoin de votre aide. La phrase, d'un petit producteur de café indien dans les montagnes du sud du Mexique, est gravée dans la tête du prêtre ouvrier hollandais Frans van der Hoff. Elle sert vite de base de discussion lorsque, pour la première fois, il rencontre son compatriote Nico Roozen dans un café-restaurant de la gare d'Utrecht, en 1985. Chacun combat de son côté la pauvreté. Frans van der Hoff au Mexique, où il lutte pour l'amélioration des conditions de vie des producteurs de café. Nico Roozen en Occident, où il tente de sensibiliser le plus grand monde aux problèmes de pauvreté via Solidaridad, organisation oecuménique d'aide au développement pour l'Amérique latine. Tous d'eux font le constat qu'il faut une autre forme de lutte que l'aide au développement (fondée sur l'inégalité et qui prive le bénéficiaire de sa dignité, en le condamnant à la passivité). La phrase du petit producteur mexicain jette les bases d'un nouveau système qui sera fondé sur une relation d'égalité : le commerce équitable.

Les plans s'échafaudent dans la tête des deux hommes. Si les consommateurs sont prêts à payer quelques centimes de plus pour un paquet de café, la vie de ces paysans sera transformée. Ils voient grand : ce sont les supermarchés classiques qu'il faut viser. Ils hésitent entre un label ou une marque mais les deux hommes tiennent déjà un nom : Max Havelaar, héros du roman autobiographique de l'auteur néerlandais Edouard Douwes Dekker (1860) dans lequel est dénoncée l'oppression des planteurs de café d'Indonésie.

Les initiateurs de Max Havelaar feront leurs premières armes sur le café. Un marché symbolique où l'injustice des rapports commerciaux est criante. Au Mexique, Fans van der Hoof fédère les producteurs et leur apprend à échapper à l'emprise de ceux qui les maintiennent dans la misère : les intermédiaires, les banques... Cette émancipation n'est pas du goût de tout le monde. La violence se déchaîne contre ces paysans qui réclament eux aussi leur part du gâteau café. Les actes de vandalisme puis les assassinats se multiplient, Frans van der Hoof lui-même fait un séjour en prison. Aux Pays-Bas, Nico Roozen prend moins de risque mais la tâche est tout aussi titanesque. Les grands noms du café accueillent froidement son initiative et refusent de collaborer. Le leader du marché, Douwe Egbert, lui met des bâtons dans les roues et fait capoter un projet de collaboration avec la plus grande chaîne de distribution du pays, Albert Heijn. Finalement, en 1988, Max Havelaar réussit son pari en introduisant, grâce à la collaboration d'un petit producteur de café, Neuteboom, le premier paquet de café « équitable » dans certains supermarchés hollandais. Le succès immédiat de l'initiative contraint tous les acteurs à suivre le mouvement, Albert Heijn compris. Max Havelaar capitalise sur ce succès au plus vite en essayant d'étendre le concept à toute l'Europe et à de nouveaux produits.

Le cacao, le thé, le miel, la banane, le textile... et bien sûr le riz : la liste ne cesse de s'agrandir. (J.-F. M.)

Le commerce équitable est-il de l'assistanat ?

Pas du tout. Le commerce équitable n'est pas une nouvelle forme d'aide du Nord vers le Sud. Au contraire, le commerce équitable est né en réaction à l'assistanat, car un système entièrement basé sur le don est trop aléatoire à long terme. Ce qui est donc proposé aux petits producteurs du Sud, c'est bien une relation commerciale fondée sur des principes de développement durable. (Y. Mr)

Le commerce équitable est-il du commerce éthique ?

Non, leur cible n'est pas la même. Le commerce équitable s'adresse prioritairement à de petits producteurs défavorisés, dans le but de leur permettre d'avoir accès aux réseaux commerciaux conventionnels, d'améliorer leur situation économique et sociale et de mieux protéger l'environnement. Le commerce éthique quant à lui cherche à mettre en conformité avec des normes conventionnelles et morales les grands centres de production (du café au coton en passant par les ballons de foot) déjà établis : on s'assure de manière générale que les conditions de production soient conformes aux normes de l'Organisation internationale du travail (pas de travail forcé, pas d'exploitation des enfants, etc.). (Y. Mr)

Max Havelaar est-il une marque ?

Non. Max Havelaar est une organisation indépendante qui gère le seul label de commerce équitable présent sur le marché européen. Max Havelaar n'achète et ne vend rien du tout : il offre un contrôle externe et garantit aux consommateurs que les produits portant son label respectent les critères internationaux du commerce équitable, tels que définis par la FLO (Fairtrade Labelling Organisations International). Max Havelaar s'ajoute donc à une marque. On peut ainsi trouver du riz Oxfam labellisé Max Havelaar ou du café Delhaize labellisé Max Havelaar. Le travail de Max Havelaar est rémunéré par le paiement de droits de licence payés par les produits labellisés (exemples : le droit de licence du café est de 0,3 euro/kg, celui des bananes 0,04 euro/kg).

Le long chemin vers l'équité

En 2003, le commerce équitable représentait au niveau belge un marché de 26,5 millions d'euros, soit une augmentation de 58 % par rapport à 2001. Max Havelaar, le label du commerce équitable, a connu lors de cette même année la plus forte augmentation de vente de produits labellisés depuis 10 ans, avec notamment +19 % pour le café et +52 % pour les bananes. Cette tendance se vérifie au niveau planétaire, puisqu'avec un chiffre de vente au détail estimé à environ 660 millions d'euros, le commerce équitable a plus que triplé de volume en 5 ans. Notre pays se classe dans le peloton de tête des pays consommateurs de produits équitables : avec 2,65 euros annuels par habitant consacrés à ce secteur, la Belgique se situe devant des pays comme la France (0,6), les Etats-Unis (0,63), les Pays-Bas (1,88) ou la Grande-Bretagne (2,26), mais très largement derrière la Suisse, championne toutes catégories de l'équitable avec 14 euros dépensés par an par habitant.

Reste que le commerce équitable conserve des proportions microscopiques dans le flux des échanges mondiaux (0,01 %). Cela se vérifie au niveau national, où les parts de marché des produits équitables sont encore très modestes : seules celles de trois produits - le café, les bananes et le miel - sont supérieures à 1 % du marché belge. Mais de nombreuses enseignes perçoivent le commerce équitable comme une niche intéressante en matière d'image. La tentation est donc grande d'opposer les acteurs spécialisés du secteur (les fondateurs, souvent des ONG militantes qui défendent l'idéal du commerce équitable depuis de longues années) et les acteurs non spécialisés, industriels et distributeurs classiques qui sont souvent taxés d'opportunisme et de récupération : que penser de géants de la distribution dont les centrales d'achats imposent à leurs fournisseurs des prix très bas pendant 51 semaines par an, puis prennent le train en marche à l'occasion de la Semaine du commerce équitable ?

En fait, la situation est plus complexe, car Delhaize, Carrefour, Cora, Colruyt, Match ou Spar proposent désormais en permanence des produits issus du commerce équitable. Il ne serait pas juste de nous taxer d'opportunisme alors que nous avons commencé à collaborer avec Max Havelaar dès 1989, lorsque le label n'existait qu'aux Pays-Bas, explique Xavier Ury, directeur des achats chez Delhaize. Pour nous, les produits équitables, au même titre que les produits bio, font partie du grand puzzle du développement durable. Mais leur intérêt n'est pas que symbolique, car c'est un marché en pleine croissance : 3,8 millions d'euros en 2003 contre 2,5 millions d'euros l'année précédente. Sur un chiffre d'affaires total de 3,2 milliards d'euros, ça ne représente qu'un rapport d'un pour mille, mais réaliser un tel chiffre avec une trentaine de produits seulement, c'est vraiment très bien.

Le débat est toutefois loin d'être clos, car on peut aussi s'interroger sur les raisons qui poussent les ONG militantes, comme Oxfam-Magasins du monde ou Maya Fair Trading, à collaborer avec la grande distribution en lui fournissant leurs produits, alors même que ce sont les pratiques commerciales de ces grands réseaux qui ont présidé à la naissance du combat pour le commerce équitable. D'une part, il est important de rendre ces produits équitables accessibles à tous, explique Denis Lambert, secrétaire général d'Oxfam-Magasins du monde. Lorsque des études montrent que 20 % des Belges veulent introduire une dimension sociale dans leur consommation, et que l'on examine les parts du marché du commerce équitable, on se rend compte qu'il y a un fameux fossé à combler : la grande distribution peut nous y aider. Mais d'autre part, il faut insister sur ce point, nous n'effectuons aucune concession en collaborant avec la grande distribution : ça signifie qu'on ne touche pas à aux principes qui nous sont chers concernant le commerce équitable, comme la notion de juste prix ou le préfinancement des producteurs. Et ça signifie aussi que nous continuons à jouer notre rôle de groupe de pression.

Dans ce rôle de groupe de pression, par la voix de son secrétaire général, Oxfam-Magasins du monde attire l'attention du public sur les détournements, récupérations et manquements auxquels le commerce équitable est parfois sujet. Beaucoup de choses m'inquiètent, affirme Denis Lambert. Au niveau de la grande distribution, seuls quelques produits, presque exclusivement alimentaires, ont droit d'entrée. Pour le textile, les acheteurs des grandes surfaces continuent à demander aux producteurs d'écraser leurs prix. Pour l'artisanat, c'est encore pire : il est totalement absent de la grande distribution, alors qu'il constitue souvent un revenu complémentaire pour les femmes des pays en voie de développement, et un véritable enjeu de continuité pour nous.

Pouvoirs publics et multinationales sont également pointés du doigt pour leur comportement ambivalent. Le jour où les pouvoirs publics appliqueront effectivement les principes qu'ils veulent faire appliquer, alors peut-être, on ne se contentera plus de boire du café équitable dans les cabinets du bourgmestre et dans les ministères (environ 200 communes, des ministères, la Chambre, le Sénat ou le roi Albert II boivent désormais du café équitable) : on en trouvera dans les écoles ou les hôpitaux, et surtout on intégrera le commerce équitable dans la loi sur les marchés publics. J'ai un peu l'impression que les pouvoirs publics donnent leur appui à ce qu'ils considèrent comme un petit secteur-niche, sans avoir la moindre politique structurelle en la matière : il suffit d'examiner les prises de position de la Belgique dans des forums internationaux comme l'Organisation mondiale du commerce pour se rendre compte que le commerce équitable n'est pas bien haut dans l'agenda de ses priorités !

Pas question donc de considérer comme une victoire le fait que les pouvoirs publics prennent à leur compte certaines initiatives en faveur du commerce équitable (le Fair Trade Centre, organisateur de la Semaine du commerce équitable est en effet subsidié à 100 % par la Coopération au développement belge), ou le fait qu'un nombre croissant de multinationales (Shell, Nike, Adidas, Ikea, Max Mara, H&M, etc.) adoptent des « chartes » de responsabilité morale, éthique ou sociale. Concernant cette notion de « corporate social responsability », je considère qu'il s'agit très souvent d'autolabellisation. Promulguer une charte de ce type, c'est avant tout une action de communication de la part des multinationales. D'ailleurs, très souvent, aucun moyen transparent et effectif de vérification n'est disponible. Mais le plus inquiétant à mon sens, c'est que ces labels constituent un contournement de la norme publique, qui devient en fait une norme privée. A-t-on besoin d'un label pour vous dire que le jouet de votre enfant est peint avec de la peinture sans plomb ? Non, car ça tombe sous le sens. Alors, jugez-vous normal qu'on ait besoin d'un label pour vous dire que votre paire de chaussures ou votre chemise est confectionnée sans recours à l'exploitation d'un enfant ? C'est la preuve que les pouvoirs publics ont échoué dans leur mission. A mon sens,

un label, c'est donc aussi un constat d'échec. Le chemin qui mène à l'équité est encore long. (Y. Mr)

Carnet d'adresses

La Semaine du commerce équitable : le site officiel de la semaine du commerce équitable, c'est l'indispensable source de renseignements sur les myriades d'activités qui seront organisées à cette occasion, et sur tous les partenaires de l'opération.

www.commerce-equitable.be/

Banque Triodos : faire de la banque différemment, c'est possible. Avec votre épargne, Triodos finance uniquement des projets durables et des entreprises à valeur ajoutée sociale, culturelle ou environnementale. www.triodos.be/

DGCD (Direction générale de la coopération au développement) : c'est l'organisme fédéral qui gère la coopération au développement. Il subsidie à 100 % la Semaine du commerce équitable.

www.dgcd.be/

FLO (Fairtrade Labelling Organizations International) : c'est LE site de référence en matière de commerce équitable. Règles de certifications, produits, réseaux, tout y est. En anglais ou en espagnol seulement.

www.fairtrade.net/

Citizen Dream : son pari est qu'on peut concilier production économique et combat pour le respect des individus. Dans les magasins, ça donne : du choix (foulards, bijoux, linge de maison...), du beau, du mode... L'impression d'entrer dans un « vrai » magasin. www.citizendream.com/

Ethic Wear. Une styliste entourée de ses matières premières bio et éthiques fait des merveilles. Modèles originaux, grand confort et jolies couleurs... On baigne dans la mode éthique. 25 rue des Chartreux, 1000 Bruxelles. 02-514.78.08.

Crédal. Coopérative à finalité sociale dont l'objet est de mettre la finance au service de la lutte contre l'exclusion sociale. Dans le cadre de son activité crédit, elle finance Max Havelaar, Citizen Dream et MDM-Oxfam. 010-48.34.78. ou www.credal.be/

Max Havelaar : le label de référence international. 02-213.36.20. ou info@maxhavelaar.be/ ou www.maxhavelaar.net/

Maya Fair Trading et Miel Maya Honing : deux ASBL liées. La première importe du miel équitable de producteurs du Mexique et du Guatemala et le distribue dans certaines grandes surfaces, dans les Magasins du monde, les Wereldwinkels et via des bénévoles. La seconde est une ONG reconnue par la DGCD : elle appuie des projets d'apiculture au Mexique et au Guatemala et réalise un travail d'éducation au développement en Belgique, centré sur la sensibilisation de la population au commerce équitable. 04-380.06.18. ou www.maya.be/

Oxfam Fairtrade : importe des produits équitables alimentaires (130 références) et les distribue dans les Oxfam-Wereldwinkels, les Magasins du monde-Oxfam, certains magasins bio et d'alimentation naturelle, certains supermarchés, dans la « grande consommation ». Exporte aussi ses produits, notamment en France, en Espagne et en Angleterre. 09-218.88.99. ou www.oft.be/

Oxfam-Magasins du monde : mouvement de 3.000 bénévoles en Belgique francophone, 88 magasins et 65 J'M, qui s'est donné plusieurs objectifs : travailler à construire une mondialisation solidaire, défendre et promouvoir un commerce équitable et solidaire avec des partenaires du Sud et promouvoir une consommation éthique. Les Magasins du monde-Oxfam vendent des produits alimentaires Oxfam Fair Trade et des produits textiles et d'artisanat Made in Dignity. Ils développent leurs ventes dans leur propre réseau et vis-à-vis de clients extérieurs, en particulier institutionnels. 010-43.79.50. ou www.madeindignity.be/

QUELQUES ADRESSES

Tourès ASBL. Cette association centrée sur le tourisme responsable a pour objectif l'information et la sensibilisation aux impacts du tourisme, ainsi que la valorisation des contacts et rencontres avec les communautés locales.

www.toures2002.be/

Croq'Nature. Agence de tourisme durable au service du développement des populations nomades du Sahara (Maroc, Mali, Niger, Algérie, Mauritanie). Son site internet regorge de renseignements sur le tourisme équitable (chartes, liste d'agences françaises engagées, liens web, etc.).

www.croqnature.com/

Sens Inverse. Tour opérateur spécialisé dans les randonnées qui, via des partenariats avec le WWF notamment, invite à prendre part à des initiatives touchant au développement local.

www.sensinverse.com/

Mandala Tour. Vise notamment à faire connaître le rôle des bio-agriculteurs et encourager le dialogue et la réflexion sur les problèmes environnementaux entre les voyageurs et les agriculteurs.

www.mandala-tour.com/

Vitamine Travel. Voyages-randonnées ou voyages « agrotouristiques » qui visent à mieux faire comprendre la nature et l'homme.

www.vitamintravel.be/

Tourism Concern. Référence en la matière, ce site anglais publie notamment « The Community Tourist Guide », sorte d'annuaire des tours opérateurs engagés dans le tourisme durable.

www.tourismconcern.org.uk/

Equitable -- bio ?

Là aussi, la réponse est non. Tandis que le bio met essentiellement l'accent sur l'environnement et les conditions « naturelles » de production, le commerce équitable insiste avant tout sur l'octroi d'une existence économiquement et socialement digne pour les producteurs. Le système du commerce équitable encourage cependant le respect de l'environnement, même s'il ne peut en aucun cas certifier la culture biologique. Grosso modo, 25 % des produits alimentaires équitables sont labellisés bio. Environ 15 % supplémentaires sont cultivés selon les normes bio, mais ne bénéficient pas du label en raison de son coût trop élevé pour les producteurs. (Y. Mr)

Les produits équitables sont-ils systématiquement plus chers ?

Non, c'est une idée reçue. Ceci dit, il est difficile de vendre un produit moins cher lorsque le prix minimum d'achat d'une livre de café arabica aux conditions Max Havelaar est de 1,26 USD, contre 0,67 USD au cours actuel de la Bourse de Londres. Mais, en guise de compensation, la filière commerce équitable comprend très peu d'intermédiaires, ce qui permet de compenser les prix. De plus, dans certains secteurs comme la banane, des situations de cartel faussent la concurrence et permettent aux producteurs conventionnels de maintenir des prix artificiellement hauts. (Y. Mr)

École

Distributeurs équitables

En collaboration avec Oxfam-Magasins du monde, OBN Vending, société spécialisée dans le placement et l'entretien de distributeurs de boissons et snacks, propose des services équitables. Elle fournit à ceux qui le souhaitent des machines à café avec du café Oxfam Bio en grains et installe dans les écoles intéressées des distributeurs de confiseries comprenant une ou plusieurs rangées de produits équitables. Heureuse initiative pour sensibiliser dès le plus jeune âge aux vertus du commerce équitable ! (Y.Mr)

OBN Vending SPRL : 0478/20.21.88. ou ventes@mdmoxfam.be/

Les J'M : de l'équitable à la récré !

Vous avez entre 14 et 18 ans et vous êtes prêts à vous investir pour sensibiliser vos copains d'athénée aux vertus du commerce équitable ? Vous pouvez rejoindre le réseau des Jeunes Magasins du monde d'Oxfam-Magasins du monde (les J'M ), qui compte déjà 65 « équipes » en Communauté française. Chacune est composée d'au moins 2 professeurs et 8 élèves, qui utilisent la vente de snacks équitables comme véritable outil pédagogique pour aborder cette problématique d'importance. (Y.Mr)

Les J'M d'Oxfam-Magasins du monde : 010/43.79.63 ou denis.clerin@mdmoxfam.be/

Annoncer la Couleur

« La démocratie, c'est pas que des mots (au Nord comme au Sud) », c'est la nouvelle campagne d'Annoncer la Couleur, le programme fédéral de sensibilisation aux relations Nord-Sud. Sa cible : les plus de 12 ans. Dans ce cadre, de septembre 2004 à juin 2005, des formations pédagogiques sont proposées aux enseignants et des activités multiformes (musique, littérature, graphisme...) aux jeunes étudiants afin d'amener les uns et les autres à questionner les relations Nord-Sud d'après les principes de la démocratie. Inscrivez-vous vite ! (Y.Mr)

www.democouleur.be/