L’industrie papetière joue la carte du vert

STAGIAIRE

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Vendredi 17 décembre 2010

Papier Une réponse aux critiques des ONG

Lavenir de l’industrie papetière sera axé sur la durabilité ou ne sera pas. » C’est la conviction affichée par François Firmin, directeur de Cobelpa, l’association qui représente l’ensemble de l’industrie belge du papier. Il exposait ce jeudi le nouvel engagement pris par le secteur : garantir la traçabilité et la légalité de toutes les fibres utilisées pour la fabrication de papier. Concrètement, elles ne proviendront pas de forêts où l’abattage est illégal. Les fibres venant de forêts tropicales converties en plantations, ou d’arbres génétiquement modifiés, seront également bannies.

Ce système vient compléter la garantie de « durabilité » déjà en place grâce aux labels indépendants PEFC et FSC. Ceux-ci garantissent le respect de l’écosystème et du développement des forêts qu’ils certifient. Pourquoi, dès lors, ajouter de nouveaux contrôles ?

Premièrement, seulement 50 % des bois européens sont certifiés. Ce chiffre tombe à 9 % au niveau mondial.

De plus, lors de la fabrication de papier, les flux de matériaux sont tels qu’il est difficile de s’assurer que toute la matière première est certifiée « durables ». Dorénavant, des experts indépendants contrôleront la légalité des fibres, qu’elles soient certifiées ou non.

L’initiative de Cobelpa ne fait qu’anticiper un règlement de la Commission européenne qui rendra les certificats de légalité obligatoires à partir de 2013. Elle s’inscrit aussi dans une stratégie plus large de l’industrie belge du papier pour le développement durable. Le secteur est en effet souvent critiqué sur les questions environnementales.

Les deux autres volets de cette stratégie sont la collecte et le recyclage des vieux papiers ainsi que les économies d’énergie lors de la production.

D’après Cobelpa, 60 % de la production belge se fait à base de papier recyclé. Cobelpa tente également de promouvoir le tri du papier usagé et de développer les techniques de recyclage.

D’autre part, le secteur réduirait ses besoins en énergie. Les producteurs flamands se sont engagés à atteindre le top dix mondial en matière d’efficacité énergétique, et les industriels wallons à réduire leur consommation de 35 %. 60 % des besoins en énergie primaire du secteur seraient couverts par la cogénération : un procédé qui permet de transformer la chaleur générée par la production d’électricité en vapeur, qui est à son tour utilisée comme source d’énergie. Enfin, 36 % de l’énergie consommée par les papetiers serait renouvelable, et les sous-produits du bois comme les sciures sont valorisés.

Le secteur belge du papier se positionne donc comme l’un des plus respectueux de l’environnement. Il tente ainsi de répondre aux critiques des ONG mais aussi aux convictions des consommateurs, pour qui utiliser moins de papier est plus écologique. Pour Cobelpa, il reste par exemple à prouver que l’utilisation des e-mails est moins nuisible que celle de messages écrits… sur papier.