Pas de décision pour un pôle montois

VOOGT,FABRICE

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Mardi 4 mai 2010

Universités Le ministre Jean-Claude Marcourt (PS) a rencontré le président du CA de l’ULB

Elio Di Rupo l’a encore répété : « Il n’y a pas de plan Marcourt – Di Rupo » pour créer un pôle universitaire à Mons. Les cris d’orfraie poussés récemment du côté de l’Université libre de Bruxelles ne reposeraient que sur des rumeurs, affirme le président du PS, presque de concert avec le ministre de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt (PS). D’un côté comme de l’autre – à Mons comme à Liège –, on rappelle qu’« une réflexion sur l’évolution de la structure universitaire a été lancée avec l’organisation de la Table ronde de l’enseignement supérieur » et que ce n’est qu’à l’issue de celles-ci que « le gouvernement arrêtera les balises positives qui garantiront les objectifs et conditions des rapprochements ».

Mais si la création d’un pôle montois (Le Soir du 25 mars) n’est pas revendiquée officiellement par l’Université de Mons, elle l’est bien, en coulisses, par le bourgmestre de la ville. L’idée remonte à quelques années quand, en réponse à la volonté du CDH de faire entrer l’Ihecs et l’Ichec dans le giron de l’UCL, Elio Di Rupo a demandé (et obtenu) la fusion de l’Université Mons-Hainaut avec la Faculté polytechnique de Mons. Le président du PS songeait, déjà, à un pôle universitaire distinct de l’ULB. Une option dont s’accommoderait le Liégeois Jean-Claude Marcourt, satisfait du maintien d’un pôle universitaire à Liège et allié plus docile à la Communauté française que Rudy Demotte.

A la sortie de la réunion qu’il venait d’avoir, hier, avec le ministre Marcourt, le président du CA de l’ULB, Jean-Louis Vanherweghem, se disait rassuré par le discours tenu par le ministre : il n’aurait ni confirmé ni infirmé le projet d’un quatrième pôle. Une prudence de bon aloi, en pleine campagne électorale. Après avoir botté en touche en prolongeant le moratoire sur le numerus clausus en médecine et dentisterie, Jean-Claude Marcourt n’allait pas prendre le risque de provoquer un envahissement de terrain à l’ULB. Des fois qu’il déborderait dans les rues alentour. Dans les couloirs de l’ULB, on craint cependant l’après-élection. « Les universités qui fusionnent dans un même pôle ne sont pas soumises aux normes plafond, explique un professeur. Dans le scénario où l’ULB ne s’associerait pas à Mons, l’UCL et l’ULg verraient donc leur financement augmenter et l’ULB le sien baisser puisqu’il s’agit d’une même enveloppe. Pour nous, ce serait la catastrophe ».

Repères

Table Ronde

La table ronde l’enseignement supérieur a été lancée conformément à l’accord gouvernemental. Il s’agit d’une réflexion menée par des acteurs de l’enseignement supérieur (recteurs, doyens, syndicats, étudiants…) sur l’évolution de la structure universitaire.

Mons en pôle ?

Une alternative posée sur la Table est la suivante : créer trois pôles universitaires ou quatre. La première option prévoit l’absorption par chacune des trois grandes universités (UCL, ULB, ULg) d’autres institutions plus petites. Dans ce cas de figure, l’Académie Wallonie-Bruxelles regrouperait l’ULB et l’UMons. La deuxième option envisage de créer un pôle distinct à Mons.