Pascal Smet ne peut pas donner son sang

DORZEE,HUGUES

Jeudi 3 septembre 2009

Santé Comme tous les homosexuels, le nouveau ministre flamand figure parmi les catégories « à risque »

Je suis homo ». Pascal Smet (SP.A) a fait son « coming out ». Dans le magazine flamand Humo, puis sur plateau de la VRT (De laatste Show). En soi, rien de fracassant. « C’était le bon moment en début de mandat, nous explique le nouveau ministre SP.A de l’enseignement, appelé à remplacer Frank Vandenbroucke au sein du gouvernement flamand. « Etant donné ma compétence en matière d’égalité des chances, c’était aussi relevant. Et je n’ai pas à en être honteux. Les mentalités évoluent et je voulais être transparent ».

Mais ce mois ci, Pascal Smet est aussi le parrain d’une campagne menée par la Croix-Rouge/ Rode Kruis afin de recruter des donneurs de sang.

Le hic ? En Belgique, le don de sang est réglementé (loi du 5 juillet 1994). Et, pour s’assurer que les personnes transfusées (hémophiles, opérés, grands brûlés...) bénéficient d’un sang de « qualité maximale », plusieurs catégories dites « à risque » sont exclues. Parmi elles, les gays, mais aussi les toxicomanes, les malades du sida, les personnes ayant plus d’un partenaire sexuel, etc. Pascal Smet, comme tous les homosexuels, ne pourra donc pas donner son sang.

Discriminant ? Non, estime la Croix-Rouge. Qui avance un argument scientifique et épidémiologique. Le risque encouru par un receveur de contracter le virus HIV serait 41% plus élevés dans le cas où la Belgique accepterait des dons provenant de la population masculine. En outre, le nombre de patients séropositifs est plus élevés parmi les homos que chez les hétéros. Enfin, rappelle-t-on à la Croix Rouge, l’homosexualité masculine n’est pas le seul critère d’exclusion. Chaque année, plusieurs centaines de donneurs sont écartés pour des raisons diverses (tatouage ou percing, porteurs d’hépatite ou de syphilis, etc.). « Il ne faut pas y voir une discrimination, souligne pour sa part le ministre Smet (SP.A). Il y a là un impératif de santé publique. Même s’il faut pouvoir en débattre et informer au maximum ».

C’est ce que souhaitent aussi les associations LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels). Qui dénoncent une « mesure linéaire et systématique » perçue parfois comme « discriminante ou indirectement homophobe ».