Patrimoine - Des fermes et des hommes pour partir à la rencontre des moines de Villers dans l'Est de la province Découvrez les « grangias » de l'abbaye La Basse Cense à Ramillies-village

MEUWISSEN,ERIC

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Mardi 9 septembre 2003

Patrimoine - Des fermes et des hommes pour partir à la rencontre des moines de Villers dans l'Est de la province

Découvrez les « grangias » de l'abbaye

* Superbes fermes de l'abbaye de Villers. L'Est de la province en compte encore une dizaine. A découvrir à travers un circuit TEC le week-end prochain.

SÉRIE (1/4)

ERIC MEUWISSEN

Quelles merveilles que ces anciennes fermes de l'abbaye de Villers ! L'Est du Brabant wallon en compte une dizaine groupées jadis autour de l'imposante ferme de Mellemont à Thorembais-les-Béguines. L'historien incourtois Joseph Tordoir vous invite à en découvrir quelques-unes durant les prochaines Journées du patrimoine (13 et 14 septembre). Et cela à travers un circuit spécialement concocté pour la circonstance. Un circuit que l'on peut faire en individuel ou en profitant des trois bus gratuits du TEC qui, pendant les deux jours, effectueront en boucle à partir de 10 heures. Ce circuit de 35 kilomètres dure une heure sans les arrêts. Nous l'avons testé en voiture. Il est absolument magnifique. Et cela dans la mesure où le bus empruntera non les grands axes mais les petits chemins de remembrement qui ont été mis à sens unique pour la circonstance. Dans chaque bus, un guide donnera toutes les explications nécessaires. Deux points de départ avec parking sont prévus. Le premier aux abords de la Grande-Risbart à Sart-Risbart (Opprebais) et le second à l'église de Ramillies village juste à côté de la Basse Cense.

Nous avons rencontré le concepteur de ce périple l'historien incourtois Joseph Tordoir.

Le ministre-président de la Région wallonne Jean-Claude Van Cauwenberghe fera une escale ce dimanche à la ferme de Mellemont. Une reconnaissance de la qualité du travail des organisateurs ?

Je le pense. Car on propose une véritable plongée dans le passé cistercien de plusieurs villages de l'Est du Brabant Wallon (Perwez, Incourt, Ramillies). Outre la visite de quelques fermes - NDLR : dont le regroupement autour des abbayes était appelé « grangia » -, chaque arrêt du bus sera porteur. Il y aura à chaque fois un « plus » à découvrir durant 2à à 25 minutes (et le bus repassera toutes les demi-heures. Des parcours pédestres sont prévus. Il y aura 4 expos accessibles tout au long du circuit et 3 conférences en soirée.

Pourquoi avoir choisi ce thème des fermes abbatiales ?

On s'est rendu compte que si les ruines de l'abbaye sont généralement bien connues du grand public, le vaste domaine agricole (6.000 ha) dont disposait l'abbaye l'est beaucoup moins. Il représentait au total une quarantaine de fermes dont onze (1.800 ha) appartenaient au quartier d'Emellemont (aujourd'hui Mellemont).

Et à Villers que pense-t-on devotre initiative ?

Ils sont ravis. D'autant que grâce à cela nous en profitons pour annoncer la mise à disposition sous peu de deux gîtes dans l'ancienne ferme abbatiale de la Grande Risbart. A Villers, l'équipe essaye déjà d'imaginer un lien plus fréquent entre l'abbaye et ses anciennes fermes.

Que sont devenues ces fermes ?

La plupart de ces fermes existent encore aujourd'hui. Parmi elles, à Thorembais-les-Beguines, les fermes de Cocquiamont, de la Petite Cense, de La Porte sans oublier la ferme du Mont. A Sart-Risbart, il y avait La Grande Risbart, Fontenelle et la belle ferme de La Porte (malheureusement inaccessible) et enfin à Ramillies la Basse et la Haute Cense, ainsi que la ferme Saint- Nicolas sous Petit-Rosière. Cette dernière est la seule à avoir disparu.

Que faire pour en savoir plus ? Nous avons rédigé une plaquette de 120 pages (1) et éditée via Wavriensia un dépliant support titré à... 6.000 exemplaires. Il a été distribué en toutes boîtes dans les villages concernés et sera remis gratuitement à tous durant le week-end.·

(1) Wavriensia T LII nº4&5 2003.120 pages. En vente lors des journées du patrimoine. Prix : 5 euros. Rens : 010-24.43.77.

La Basse Cense à Ramillies-village

Le soir, c'est magnifique. A travers le porche, le soleil donne sur le clocher de l'église de Ramillies. Mme Gonry est heureuse d'habiter la ferme la Basse Cense. Et vous comprendrez pourquoi lorsque vous aurez l'occasion de visiter cette ancienne ferme de l'abbaye de Villers dont la majeure partie des bâtiments date du XVIIIe siècle.

L'occasion vous sera ainsi exceptionnellement donnée de découvrir un lieu charmant, absolument inconnu du grand public.

C'est la première fois que nous laissons pénétrer le public dans la cour et dans les anciennes dépendances agricoles de la ferme. Un public qui ne le regrettera pas tant les époux Gonry-Thommes sont parvenus à transformer cette ancienne exploitation abbatiale en un véritable petit bijou champêtre.

Nous sommes à Ramillies-village à un jet de pierre de la place de l'Eglise. On ne vient jamais ici, dit Joseph Tordoir. C'est un cul-de-sac. Et qui plus est au fin fond profond de l'est du Brabant wallon.

La ferme a été acquise en 1976 par les époux Gonry-Thommes. Louis Gonry, qui est ingénieur agronome de formation et qui a travaillé aux sucreries de Tirlemont, n'était donc pas trop dépaysé. Il continue d'ailleurs à faire cultiver ses 25 hectares de terre tout en s'occupant de quelques moutons. Tout cela pour dire que la ferme n'a pas tout à fait perdu sa vocation agricole.

Quand il a acquis la ferme en 1976, elle était dans un état déplorable. C'était une ruine. Le public pourra ainsi se rendre compte de la qualité du travail de remise en état. J'ai tout restauré. Il m'a fallu deux années de travail. Quinze jours après avoir acquis la cense, la grange s'effondrait. Le propriétaire précédent, l'ancien bourgmestre d'Huppaye, y avait logé son ouvrier agricole qui ne l'entretenait pas trop. Quant aux propriétaires d'alors, les époux Thyrion-Marique, ils occupaient une importante exploitation à Huppaye (180 hectares). Aujourd'hui, les époux Gonry sont fiers de leur travail. La ferme n'étant pas classée, ils ont tout fait à leurs frais. Partout des matériaux authentiques ont été utilisés. Le toit de la grange a été refait avec les tuiles d'origine. La ferme qui était blanchie a été sablée. Le résultat est du meilleur effet.

Une exposition y sera présentée pour l'occasion. Elle exhibera des pièces originales dont certaines inédites et prêtées par des collectionneurs (tableaux, archives, plan...) concernant l'abbaye de Villers. Une raison de plus de faire un crochet par Ramillies-village.·

Pour suivre : La ferme de Mellemont

à Thorembais-les-Béguines